‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 156 sur 233 · CHAPITRE XI. — DU TRAVAIL DES MAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — DU TRAVAIL DES MAINS

des Apôtres, et comme saint Paul et saint Barnabe, de leurs tapis de cuir ou de leurs pavillons.

Ajoutez-y la sainte Vierge qui a donné à toutes les vierges et aux âmes dévotes l'exemple de travailler et d'employer une grande partie de leur temps à filer, à coudre, à broder et à faire toute sorte d'ouvrages semblables.

Elles doivent y mettre plus de cœur encore, lorsque leur travail est spécialement pour l'autel et pour tout ce qui approche du corps adorable de Jésus-Christ ; car elles imitent encore par là cette divine mère qui fit pour son divin Fils la tunique sans couture selon Euthymias et selon la tradition de toute l'ancienne Eglise.

Mais le plus pressant des motifs est l'exemple de Jésus-Christ lui-même qui, ayant daigné s'unir à notre misérable nature, n'a pas dédaigné de s'assujettir au travail manuel, pendant presque tout le le ten^ps de sa vie. On l'appelait publiquement artisan et il est probable qu'en effet Notre-Seigneur exerçait publiquement cette profession avec saint Joseph. Saint Justin dit qu'il faisait des charrues et des jougs, d'où le savant Baronius infère que c'est peut-être pour cela que nous lisons plusieurs fois dans l'Evangile les comparaisons de charrue et de joug, comparaisons que notre Sauveur aurait tirées de son métier visible pour représenter la sainte loi évangélique qu'il nous apportait du ciel. Exemple merveilleux d'activé humilité qui nous rend le travail d'autant plus honorable que c'est chcse glorieuse d'imiter un Dieu travail-

lant simplement dans les plus vulgaires occupations.

Vn tel honneur ne saurait être sans profit et c'est une seconde raison pour nous y animer, que l'utilité du travail des mains. Peut-il y avoir rien déplus utile que de bannir une infinité de péchés ? Et n'estce pas eu tarir la source que de chasser l'oisiveté par le travail continuel ? Plus on dit de mal de l'oisiveté, plus on fait l'éloge du travail. Or qu'est-ce que l'oisiveté sinon, au dire de saint Bernard, « la mère de toutes les futilités de langage, la marâtre des vertus, la sentine de toute espèce de tentations et de toutes les pensées mauvaises et inutiles? » (L. 2 de Consid. c. 13.) L'oisiveté engendre le habil et toutes les intempérances de la langue qui est seule, comme s'exprime l'apôtre saint Jacques, « l'universalité de l'iniquité.» (Jacob 3.) D'après l'Ecclésiastique, « l'oisiveté enseigne toute malice.» (Eccli. 33.)

La personne oiseuse ne cherche qu'à causer et à babiller avec tout le monde, importunant et troublant qui veut ou ne veut pas l'entendre. Vous ne sauriez la tenir à l'écart ni éloigner vos secrets de son oreille indiscrètement ouverte à tous les bruits du monde. Elle va furetant les coins les plus retirés, regardant de toutes parts, s' arrêtant à toute rencontre. Vous diriez qu'elle a résolu d'assiéger chaque passage. Vient-il dans une communauté des personnes du dehors, elle en est ravie ; elle voudrait avoir cent oreilles pour entendre leurs propos et cent bouches pour les répéter : le tableau est de saint Bonaventure. (P. 2 Spec. dise. c. 5.) Il montre bien que s.iini

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