‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 188 sur 233 · CHAPITRE XII. — DE LA CONVERSATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — DE LA CONVERSATION

de son discours l'autel élevé par eux au Dieu inconnu.

J'ajouterai un dernier exemple de date plus récente, celui du vénérable Camille de Lellis, fondateur de l'Ordre des religieux qui servent les malades. Ce saint homme servant dans l'hôpital, à son ordinaire, rencontra parmi les malades un soldat qui se vantait des exploits de sa jeunesse, disant que, dans les batailles navales, il avait été des premiers à sauter sur les galères ennemies et que, clans les combats de terre, il était souvent monté le premier à la brèche des places assiégées. Le père, prenant occasion de ses vanteries, le voulut faire songer à l'éternité où sa maladie le conduisait et, lui montrant du doigt la terre et le ciel, il lui dit : « Mon ami, il vous reste encore un exploit à accomplir maintenant que vous êtes vieux, c'est de monter d'ici là tout d'un saut. »

Les vies des saints nous fourniraient une infinité de traits analogues ; la charité, nous le répétons, est industrieuse autant que simple et ses inspirations sont d'une efficacité merveilleuse pour rendre la conversation utile et salutaire.

Saint Bernard indique un quatrième moyen de trouver matière à de bons entretiens, c'est de nous munir tous les jours de provisions pour cela, en préparant quelque chose sur ce que nous aurons lu ou entendu ou que nous savons déjà, afin de ne pas nous trouver au dépourvu, si l'occasion se présente. A défaut de mieux, « nous devons, ajoute saint Bernard, tirer du carquois de notre mémoire ce que nous y aurons mis de flèches spirituelles, pour blesser

saintement les cœurs de l'amour de Dieu et des vertus. »

SECTION III

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