‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 217 sur 233 · CHAPITRE XIV. — DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE

lonté si froide!.. Donnez-moi donc, Seigneur^ ces trois grâces dont j'ai tant besoin. Père éternel, aidez ma faible mémoire à se souvenir des fautes commises; Verbe incréé, chassez les ténèbres où je suis plongé pour que je sache peser et découvrir ce que j'ai fait de mal; Esprit divin, embrasez-moi d'une étincelle de votre feu, pour me faire pleurer et détester mes péchés, comme il convient, par amour plus que par crainte.

Sainte Vierge, assistez-moi maintenant, comme je désire que vous m'assistiez à ma dernière heure.

Mon bon ange, vous êtes témoin de mes offenses, soutenez ma faiblesse et ne laissez pas de m'ouvrir les yeux et de me reprocher mes égarements. »

Voilà les deux points qui précèdent l'examen.

ARTICLE III

De la troisième partie de l'exercice du soir qui est l'examen.

C'est ici, par analogie à ce qui se pratique dans les chapitres religieux de la correction des coulpes, un chapitre spirituel et intérieur qui se tient au fond de l'âme. Le supérieur qui y préside, c'est Jésus-Christ aux pieds duquel nous devons nous prosterner tout contrits et dont les réprimandes nous doivent être plus chères que les caresses de la flatterie; ou, si vous aimez mieux, c'est la raison et la conscience que nous ne pouvons ni tromper ni récuser.

Le docte et pieux Hugues de Saint-Victor a lait un traité exprès dans lequel, passant en revue tout ce que

renferme un cloître matériel, il le trouve spirituellement dans notre âme; à savoir, une église, un oratoire, un dortoir, un réfectoire, un hospice ou logement des pèlerins ; et, entre autres choses, il y marque un chapitre spirituel qui est l'examen. (L. 3, de Claustro animx, c. 6.) « De même, dit-il, que toute la compagnie des frères s'assemble au chapitre pour la correction des coulpes, ainsi votre esprit convoque et réunit au secret du cœur plusieurs sortes de pensées, afin île chasser celles qui sont incorrigibles, de réprimander les inquiètes, de stimuler les négligentes, d'instruire les plus simples, d'adoucir les colères, de réprimer les voluptueuses, de consoler les pusillanimes et de régler les indiscrètes. En ce chapitre intime la raison tient la place du supérieur, la conscience accuse, la perversité excuse, l'orgueil défend les fautes, l'humilité les confesse, l'innocence se juge elle-même, comme l'arrogance juge les autres.

Tenez donc ce chapitre intérieur le plus souvent et le plus rigoureusement que vous pourrez. Epluchez avec une pieuse attention et avec une crainte salutaire tout ce que vous avez fait, dit ou pensé dans la journée. Commencez par les plus mauvaises actions, par celles qui feront surtout l'objet de votre confession. Repassez ensuite, même pour sonder vos actes de vertu et vos exercices de sainteté, toutes les heures du jour, l'une après l'autre; pénétrez là-dedans à la lumière du sanctuaire, pénétrez-y hardiment, franchement et considérez vos intentions, vos satisfactions, vos indiscrétions, vos complaisances, etc. Surtout réfléchissez sur

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