CHAPITRE XIV. — DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE
tenl est plus contrit. « La force et la vertu de l'amertume intérieure nous excitant, dit saint Grégoire, à nous sonder plus vivement, fait que nous trouvons encore d'autres péchés à pleurer davantage, r Un esprit affligé reconnaît plus sûrement combien il était loin de la vérité.
Voilà comment vous devez vous exciter vous-même, non à la hâte, ni superficiellement ; mais posément, avec humilité, avec crainte et confusion. Prenez assez de temps pour supplier Dieu que, par son infinie clémence et son inépuisable bonté, il vous remette tant d'ingratitudes si souvent réitérées. Réfléchissez que tous vos péchés lui déplaisent et s'attaquent tous à cette adorable et aimable Majesté; combien vous avez négligé et perdu de biens qui auraient enrichi votre âme de vertus, de grâces et de mérites ; combien par cette habitude de pécher vous perdez des forces de votre âme et vous vous affaiblissez spirituellement de jour en jour ; combien vous vous aliénez l'esprit de Dieu en abusant, comme de choses sans prix, de ses grâces qui sont pourtant des valeurs célestes que vous devriez embrasser avec ardeur, rechercher avec empressement et appliquer à votre salut ; combien enfin ce Roi souverain voit avec déplaisir que vous vous rendiez si ingrat envers lui, en vous engourdissant lâchement dans les devoirs de votre sainte vocation et en vous arrêtant honteusement, au lieu d'avancer dans le chemin de la perfection.
Le cœur vraiment contrit et humilié, tournez-vous vers Dieu et dites-lui : « 0 miséricorde incompréhen-
sible, pardonnez-moi tout ce que j'ai fait aujourd'hui contre votre bon plaisir ; je dépose toutes les offenses de ce jour et de toute ma vie dans l'abîme de votre bonté et je les jette dans la mer rouge du sang de mon Sauveur. 0 mon Dieu, je vous conjuie par ce sang et par la mort de votre Fils bien-aimé d'oublier tout ce qui vous a déplu en moi. »
Mais dites cela sincèrement et douloureusement ; car Dieu veut être cherché et il se laisse trouver, pourvu qu'on le cherche avec peine et anxiété, comme firent la sainte Vierge elle-même et saint Joseph, quand ils eurent perdu le divin Enfant, sans être cependant coupables de sa disparition. (Luc. 3.) Dolentes quœrebamus te.
ARTICLE V
De la cinquième et dernière partie de l'exercice du soir qui regarde l'amendement des fautes.
Lorsqu'une maison est incommodée par les eaux qui descendent en quelque endroit soit des gouttières, soit du toit ou d'une autre partie mal fermée, on y remédie par deux moyens. Le premier est de mettre audessous des vases pour recevoir l'eau et, l'ayant recueillie, de la faire jeter hors de la maison. Mais ce remède est bien peu de chose, l'eau n'en coulera pas moins et à la longue votre maison s'affaissera, les bois pourriront, les parois se disjoindront, les liens s'affaibliront et enfin l'édifice tombera. Le second et meilleur