CHAPITRE XIV. — DE L EXAMEN DE CONSCIENCE
remède c'est d'aller à la cause du mal, de l'aire une bonne réparation du toit, des gouttières. Dès lors, plus de crainte, ni d'incommodité. Il en est de même de la maison de notre âme. Si par malheur elle n'est pas bien clos 3 et couverte de tous côtés par les vertus, l'eau des petits péchés y entre et la ruine insensiblement. Quel remède à cela? Certaines personnes n'en apportent point d'autre que de recueillir les péchés par l'examen et de les jeter dehors parla confession. Cela est bon, mais insuffisant; en vous proposant d'éviter le péché, vous n'en ôtez pas les causes, d'oà il résulte que vous n'avancez point ; vous faites des rechutes pires que les premiers dommages et vous marchez peut-êlre à une ruine totale.
Il faut mettre la cognée à la racine, fortifier nos côtés faibles et réparer les dégâts. C'est la dernière partie de l'examen qui contient trois choses : 1° un bon et ferme propos de s'amender; 2° le choix des remèdes convenables; 3° la punition des fautes, sur quoi vous pourrez voir ce que nous avons dit ci-dessus de la troisième partie de la pénitence sacramentelle.
J'ajouterai seulement un mot sur chacun de ces trois points dont le premier, c'est-à-dire le propos de s'amender, est une partie de la contrition.
Prenez donc la résolution d'éviter les péchés le lendemain, avec plus de prévoyance que la veille, et de vous exciter avec plus d'ardeur à tout ce qui concernera votre devoir et que vous croirez être l'objet des désirs de Dieu sur vous. Examinez les occasions que vous avez eues de tomber et résolvez prudemment de vous
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en éloigner, si vous les pouvez quitter, ou bien d'y procéder à l'avenir avec plus de précaution et de circonspection. Résolvez aussi de vous confesser de tout ce qui est péché et dites en vous-même à Dieu : « Seigneur, je vous offre une chétive volonté qui sera trèsforte avec votre grâce, la volonté que j'ai non-seulement de confesser mes péchés, mais de conduire demain mon cœur et avec mon coeur mes yeux, mes mains, ma langue et tous mes sens plus directement à vous.
Le second point est de prendre des remèdes convenables à la plaie de votre péché. A quoi bon en effet, se panser le doigt, quand on a mal au pied? Certaines personnes s'escriment sur des vétilles ; elles se tourmentent d'avoir une fois succombé au sommeil hors du temps de la nuit, d'avoir laissé échapper une parole en lieu défendu, d'avoir eu quelque distraction en la présence de Dieu. Mais si l'orgueil les ronge, si elles méprisent un de leurs frères et ont pour lui une aversion invétérée, c'est là qu'il leur faudrait appliquer le remède et sur quoi elles devraient travailler par l'exercice des actes contraires à leurs principales passions. Je dis des actes, et non-seulement de faibles résolutions cent fois renouvelées et cent fois oubliées. Enfin, faites ici ce que nous avons dit de l'examen particulier pour déraciner un vice ou profiter en quelque vertu.
Le troisième point est de vous imposer quelque pénitence, si vous trouvez en vous quelque faute un peu notable, comme, par exemple :
Châtier sa langue en baisant la terre autant de fois qu'elle a failli ;