‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 63 sur 233 · CHAPITRE III. — DE LA MÉDITATION. 1 I · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DE LA MÉDITATION. 1 I

entende et exauce de bien loin ; car la sagesse de Dieu ne saurait être éloignée, puisqu'elle atteint tout fortement d'an bout à l'autre et dispose doucement toutes choses. Le voilà en vous-même et chez vous-même; répandez donc votre prière en sa présence. » (S. Aug. in Ps. 141.) Vous pourrez vous représenter aussi Dieu hors de vous ou en tant que Dieu et sans image, ou sous les diverses figures qu'il a choisies pour apparaître soit dans les saintes Ecritures, soit dans les vies des saints.

Adorez cette majesté en vous anéantissant à ses pieds et en vous repliant jusqu'au centre de votre néant intérieur; humiliez-vous aussi, autant que vous le pouvez, extérieurement, en vous inclinant jusqu'à terre devant la majesté souveraine et en vous prosternant le front dans la poussière, comme firent David, Judith, la Madeleine, les Mages et plusieurs autres personnages dont l'Ecriture Sainte fait mention, ou comme les vingt-quatre glorieux vieillards de l'Apocalypse, ou comme Jésus-Christ lui-même en son oraison du jardin des Olives. Cette adoration faite avec délectation et d'un grand cœur, comme dit le Sage, élèvera votre oraison jusqu'aux nues et Dieu l'aura pour agréable. (Eccl. 35.)

Adressez une courte prière à Dieu, soit en le remerciant, selon le conseil de saint Basile, soit en vous accusant, suivant l'avis du Sage qui dit que le juste est son premier accusateur, (Prov. 48.) soit surtout en lui demandant la grâce de bien accomplir cette action ; car non-seulement l'oraison est un don de Dieu, mais

l'usage même, pour en être bon, dépend de son secours. Voilà pourquoi l'Eglise commence ses oraisons en demandant le secours de les bien taire par ce verset Deus, madjutorium meum inlencle,

ARTICLE II

Du corps de la méditation.

Premièrement, vous devez dans la méditation bien établir le mystère que la vérité de la foi nous enseigne, en vous efforçant de le concevoir et de le croire tel qu'il s'est passé et qu'il a été révélé.

Ensuite , considérez votre sujet avec attention et non à la hâte; ne prenez plutôt qu'un point ou deux pour les pénétrer plus à loisir et surtout pour émouvoir votre cœur; il ne faut pas, en effet, que votre esprit s'occupe tout seul, mais qu'il donne le temps à la volonté de s'exercer sur le même objet. C'est une maxime fondamentale que nous cherchons ce qu'est la vertu, non pour le savoir, mais pour nous rendre bons.

Cette sorte de raisonnement persuasif se peut faire par simple pensée et sans mot dire, ou en nous parlant à nous-mêmes, comme quand nous nous disons : Considère, mon âme, telle ou telle chose, etc. ; ou en nous adressant à Dieu, en l'adorant, en lui faisant des demandes, en lui exprimant notre admiration, en lui offrant des actions de grâces; ou en écoutant Dieu nous parler intérieurement comme vous pouvez voir dans le chapitre 10 du 2e livre de l'Imitation.

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