CHAPITRE V. - CONFESSION SACRAMENTELLE
pécheurs couchés à terre et les rend justes et clignes de son amour. (Ps. 145.)
Vous mettant devant Dieu pour la recherche de vos fautes, demandez-lui lumière et grâce, afin de réussir en une si sainte-action. Représentez-lui les trois causes susdites de votre extrême misère : les défaillances de votre mémoire, les ténèbres de votre esprit, la froideur de votre volonté. Demandez -lui secours contre vous-même parles mérites du sang de son Fils. Implorez l'assistance de la Vierge, la médiatrice immaculée entre Dieu et le pécheur, et priez aussi votre ange gardien qui a été le témoin de toutes vos fautes et qui les connaît mieux que vous.
Après cette demande, élevez encore votre cœur à Dieu, le regardant comme un juge qui vous doit rigoureusement examiner, qui sondera tous les plis et replis de votre âme et jugera vos justices mêmes, comme il le dit par la .bouche du psalmiste. (Ps. 73). Prévenez cette rigoureuse discussion, en vous sondant et vous condamnant vous-même avec la dernière rigueur.
Saisi de crainte et de terreur, commencez, en la présence de la Majesté souveraine, à éplucher vos péchés de pensée, de parole et d'action, joignez-y vos péchés d'omission ou de négligence ; cherchez, en un mot, tout ce que vous avez fait de mal ou négligé de faire de bien, depuis votre dernière confession. Efforcezvous de pénétrer le plus intime de votre conscience, en la retournant, pour ainsi dire, comme un sac dont on veut connaître le fond, et voyez si vous n'êtes point
entaché des fautes que David appelle occultes , lesquelles se commettent par ignorance ou inadvertance coupable, ou par illusion soit de votre nature, soit du démon. Examinez bien si, comme un malavisé qui prend du plomb pour de l'argent, vous ne prenez point le courroux pour un bon zèle et l'offense du prochain pour une justice légitime, la complaisance pour la charité, l'opiniâtreté pour la constance, l'inquiétude pour la vigilance, et ainsi du reste; car, dit saint Grégoire, cela est d'une terrible conséquence. Voyez ce que nous dirons au dernier chapitre de ce livre sur l'examen particulier du soir ; car il vous doit servir à celui-ci, quand -vous vous préparerez à la confession. Mais prenez garde, dans l'un et l'autre examen, d'embarrasser votre esprit de scrupules, en mettant des heures entières pour une confession qui n'embrasse que peu de jours. Il ne faut pas si longtemps à une âme droite qui doit savoir, du reste, qu'avec la plus grande attention possible elle ne connaîtra jamais toutes ses fautes. Recherchez principalement celles qui vous pèsent le plus, celles qui vous donnent plus de confusion et qu'il faut déclarer en termes bienséants ; celles qui vous empêchent davantage de faire des progrès dans les vertus et en particulier dans la vertu que vous avez pris à tâche d'acquérir, et enfin celles que vous avez commises avec plus de délibération et de malice. Quant aux autres que vous aurez oubliées, laissez-1 s à la miséricorde de Dieu.
Pour toute méthode d'examen, il ne vous faut, avec le secours de la grâce et sous la direction d'un bon