‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 85 sur 233 · DE LA CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

DE LA CONFESSION SACRAMENTELLE

11 est d'autant plus nécessaire de suivre ici une bonne méthode que cette action étant si fréquente parmi les âmes chrétiennes , pourrait dégénérer en routine et même en sacrilège, pour celles qui ne s'étudieraient pas à recevoir dans de saintes dispositions le sacrement de sanctification. Or il y a dans la confession trois choses à faire qui regardent les trois formes du temps, le passé, le présent et l'avenir. Relativement au passé, il y a l'examen qui se fait par la mémoire et l'entendement, et la contrition que la volonté doit produire. Pour le présent, il faut confesser de bouche ses péchés. Et pour l'avenir, il faut satisfaire et s'amender par de dignes fruits de pénitence. Ainsi nous employons la pensée, la parole et l'action qui ont servi à notre culpabilité, afin de satisfaire le Père éternel par nos œuvres, le Verbe incréé par nos paroles et le Saint-Esprit par le repentir intérieur que lui-même excite en nos cœurs. Voyons tout cela successivement.

SECTION I

ARTICLE I

Comment il faut d'abord se préparer à la confession par l'examen de ses péchés.

Des trois puissances dont l'exercice doit nous amener à une vraie pénitence, la mémoire marche la première. C'est elle qui remet devant les yeux de l'entendement les fautes commises; l'esprit les considère, pèse leur énormité et excite la volonté, qui est la puissance principale, à détester le passé et à protester pour l'avenir de ne plus vouloir pécher, en se détournant des créatures et en se tournant ou convertissant vers Dieu par la contrition. Voilà tout ; mais ce tout n'est rien si le Saint-Esprit ne l'opère en nous et s'il n'aide les trois puissances de notre âme à rompre les liens du péché. « Les liens à trois cordons sont difficiles à rompre, » dit l'Ecriture; (Eccl. 4.) or le démon semble nous tenir attachés par trois cordons, à savoir par le défaut de notre mémoire, par l'aveuglement de notre intellect et par la dureté de notre volonté. N'est-il pas vrai qu'il y a des péchés que vous oubliez aussi facilement que vous les commettez; d'autres péchés que vous ignorez et des péchés connus pour (cl s, que vous ne pleurez pas comme vous devriez? Recourez donc à l'Esprit sanctificateur qui brise tous ces liens, qui éclaire les pécheurs aveuglés, relève les

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