CHAPITRE V, — CONFESSION SACRAMENTELLE
sur elles l'empreinte d'une souillure quelconque. Serez-vous moins attentif à ce que le Dieu trois fois saint n'aperçoive dans votre âme, pur esprit créé à son image et destiné à sa contemplation, rien qui soit de nature à offenser son regard ? Et vous éloignerezvous avec une moindre prudence des objets et des actions qui terniraient votre innocence et offusqueraient en vous l'éclat divin de la grâce dont vous êtes le sanctuaire?
article m.
Formule de l'acte de contrition pour toute sorte de péchés.
0 Dieu tout-puissant, infini en miséricorde, mais aussi infini en justice, voilà bien des péchés et des injures contre votre divine Majesté, sans parler de plusieurs autres offenses que vous apercevez dans les replis de ma pauvre conscience. 0 mon unique et souverain Créateur et Sauveur, je me prosterne au pied du trône de votre grâce et, avec un extrême déplaisir de mon indigne conduite, je vous demande humblement pardon de tous les péchés que j'ai eu la lâcheté de commettre. Je m'en repens du plus intime de mon cœur, je les déteste tous et spécialement les mortels. Hélas! que ne suis-je encore à temps pour m'en préserver! Insolent et insensé que je suis, d'avoir préféré ma volonté dépravée à votre volonté infailliblement droite et pure, mon plaisir au vôtre et par conséquent moi-même à vous ! Ah ! que j'en suis affligé, et plus que de toute autre chose qui me pourrait
arriver! et cela pour l'amour de votre honte aimable par dessus toutes les choses aimables, pour le respect de votre Majesté adorable et digne de tous les hommages et adorations possibles. Je proteste de toutes les forces de mon âme de m'en garder à l'avenir et d'éviter toutes les occasions de péché, de vous servir avec une fidélité inviolable et de vous satisfaire dans la pénitence qui me sera imposée par mon confesseur ou envoyée par votre justice.
Mais surtout je vous offre en satisfaction votre sainte vie, votre sang et votre mort, les mérites de votre sainte Mère et de tous vos saints, avec tout ce que je pourrai faire de bien, moyennant votre grâce, ou souffrir de mal, pendant le reste de mes jours. C'est ma résolution, ô mon bon Jésus, de tout souffrir - plutôt que de vous offenser. Faites, mon Dieu, que je ne veuille jamais plus autre chose que ce que je veux en ce moment, c'est-à-dire vous aimer et n'aimer rien que vous ou en vous, ô bonté infinie, source de toute bonté ; c'est-à-dire encore ne rien craindre, de toutes les choses redoutables, que votre disgrâce qui suit le moindre péché mortel.
Quant à tous mes péchés véniels, connus ou cachés, je les déteste pareillement et je tâcherai avec votre assistance et par motif d'amour divin, de les éviter ou au moins d'en diminuer le nombre, en y tombant plus rarement, et jamais de propos délibéré. Je prends humblement confiance en votre divine miséricorde qui ne cherche qu'à sauver et non à perdre le pécheur, et j'espère que, par les mérites de votre précieux sang,