‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 92 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

nous feront rouler de mal en pis, avec danger de nous rendre insensibles à tout. (S. Doroth. Doct. S.) Gardezvous, dit saint Augustin, de ces fautes petites, il est vrai, mais bien dangereuses. Si elles ne sont pas comme un lion qui d'un coup de dent brise et tue, elles sont comme des insectes qui, réunis en assez grand nombre, peuvent également donner la mort. (S. Aug. 1. de decem. Chord. c. 1 1 .) Combien les grains de sable sont menus! et cependant il en peut entrer dans un navire une quantité suffisante pour le couler à fond. Combien sont petites les gouttes de pluie! et c'est d'elles pourtant que se font les rivières et les fleuves. Ne méprisez pas ces comparaisons ; elles appartiennent à saint Augustin.

Bien plus,unpécbé véniel pourrait devenir accidentellement mortel, si vous établissiez en cela votre dernière fin; si vous vous y proposiez un but mortellement coupable; si vous donniez parla un scandale notable ; si vous vous mettiez en péril évident et prochain de péché mortel ; si à votre péché véniel était joint un mépris formel de la volonté divine et de son bon plaisir.

7° Songez un peu que faire des péchés véniels, c'est amasser du bois pour se brûler et se brûler d'un feu auprès duquel ne serait qu'une vaine fumée celui où nous fondons les métaux, calcinons les rochers et pulvérisons les marbres. Il n'y a point de douleur humaine qui approche des peines du purgatoire où Dieu voit souffrir horriblement une âme qui lui est chère et d'où il ne la retire point qu'elle n'ait payé

jusqu'à la dernière obole une parole oiseuse, une action inutile. Tous les criminels, ni même tous les martyrs, dit le vénérable Bède, après saint Grégoire et saint Bernard, n'ont jamais eu à subir cle la rage des tyrans et de la haine des démons de supplice comparable à celui qu'éprouvent les âmes détenues au purgatoire. (Beda in ps. 37). Plongez la main dans une chaudière d'eau bouillante et dites-nous ensuite s'il est fort indifférent de commettre des péchés véniels, pour les expier de cette façon.

D'après ces réflexions, concevez l'horreur et la crainte , non pas tant de ces peines et de ces tristes effets que des péchés véniels qui les méritent et les causent. Que tout votre déplaisir ait pour unique objet le péché, sous quelque forme qu'il se présente, et que tout votre soin consiste à le fuir, comme vous fuiriez la couleuvre et le basilic.

Que la présence du péché véniel, s'il vous faut encore des comparaisons, vous fassé"songer à une taie qui s'étendrait sur votre œil et qui, sans le priver de la vue, l'obscurcirait peu à peu et deviendrait à la fin assez épaisse pour exiger l'emploi des remèdes héroïques. Autre image de la même vérité. Apportez à vous purifier l'âme de toute impureté le soin que mettent à laver leur visage et à nettoyer leurs vêtements les personnes qui ont le culte de la propreté extérieure. Admirez comme ces personnes évitent la rencontre des objets qui pourraient les tacher et comme elles entrent jusque dans les plus petits détails de leur toilette et comme elles seraient honteuses qu'on vît

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