DE LA CONFESSION
ARTICLE I
Qu'il faut sincèrement et généreusement s'accuser des péchés même véniels.
C'estchose étrange que la honte qui est une passion innocente etla pudeur quiest la citadelle de l'honnêteté et de la vertu, servent souvent d'empêchement à la vertu même et de refuge à son ennemi , le péché. Voihà pourtant ce qui arrive lorsque le respect
17 i LA JOURNÉE PIEISE.
humain nous détourne de pratiquer le bien à faire et de confesser le mal fait. N'est-ce pas donner retraite au péché et le fortifier au dedans de nous que de fermer les avenues par où il pouvait sortir? Nous élargissons et envenimons ainsi les plaies de notre Ame, en n'osant pas recourir à l'humble confession. « Malheureux que nous sommes, remarque saint Bernard,d'avoir tant de hardiesse au malettantde honte au remède! »(S. Bern, Serm.i, de circumcis. Domini .) Or, afin de vous garantir de ce malheur qui n'est que trop fréquent, dans les confessions surtout despersonnes du sexe, chassez une moindre honte par une plus grande. Lorsque vous allez à ce miséricordieux tribunal de la pénitence, représentez-vous le rigoureux tribunal de votre jugement particulier qui se fera à l'heure de votre mort et du jugement universel qui aura lieu dans la vallée de Josaphat. Dites-vous bien que, maintenant, vous comparaissez devant le même Jésus-Christ qui sondera un jour avec une tout autre rigueur et une exactitude autrement minutieuse les mêmes fautes que vous allez déclarer. Songez que ce petit jugement de la confession à l'oreille d'un homme faible aussi et dont l'indulgence représente Jésus- Christ dans sa miséricorde, est un excellent moyen de prévenir le jugement de Dieu dans sa justice, attendu qu'il ne juge pas deux fois un même péché, (Nahum. 1.) Prévoyez ensuite, vous quiètes si honteux, quelle confusion sera la vôtre devant les saints et devant votre ange gardien qui accompagneront Jésus-Christ, à l'heure de votre jugement particulier.