SCENE II
•azar va ouvrir la porte de la roe; pendant ce temps Leopold s'est retire dans I enron cement a droite , que forme l'appartement; il prend sa palette et ses pinceaux , et se dispose a peindre en tournant le dos a Eudoxie qui entre.)
ELEAZAR , ouvrant la porte.
Entrez !...
(Paratt Eudoxie, suivie de deux domestiquea vetus de la livree de l'empereur et portant des flambeaux.) Une femme !
LEOPOLD , se retournant et l'apercevant a la lueur des flambeaux.
Ah ! grands dieux !
J'ai senti sur mon front se dresser mes cheveux ! Ou fuir T
ELEAZAR , a Eudoxie.
Que voulez-vous ?
EUDOXIE , faisant signe aux deux domestiques de sortir. Je vais vous en instruire.
{Kile est an fond du theatre et aper9oit Leopold , lui tournant le
dos et cherchant a se cacher. ) ^uel est cet homme?
ELEAZAR.
Un peintre, un artiste fameuz , Et dont Habile main , utile a mon commerce , Sur Tor et le velin avec talent s'exerce ; Mam si vous exigez qu'il sorte...
■UDOXIE , tooriant.
Non , vraiment:
Ma visite n'est pas un secret.
ELEAZAR , sonriant.
Et pourtant L'ordre de l'empereur qui vers moi vous a men* f Et ses riches valets, sa livree...
EUDOXIE
Est la mienne.
Je suis sa niece.
ELEAZAR , se prosternant.
O ciel ! et quel honneur pour moi?
La princesse Eudoxie !
EUDOXIE, souriant.
Eh ! oui... releve-toi.
DUO
EUDOXIE
Tu possedes , dit-on , un joyau magnifique ?
ELEAZAR.
Oui ; je le destinais a quelque souverain : Une chaine incrustee , une sainte relique, Que portait autrefois l'empereur Gonstantin.
EUDOXIE
Je veux la voir ! ... celui que j'aime , Leopold, mon epoux, des Hussites vainqueur... LEOPOLD , a droite et ecoutant.
O ciel !
EUDOXIE
Aupres de moi revient aujourd'hui meme I
ELEAZAR , souriant.
J'entends.
EUDOXIE, avec expression.
Non , tu ne peux concevoir mon boraheor \
ENSEMBLE
EUDOXIE
Au fond de mon ame Que l'amour enflamme, Du nom de sa femme Je m'enorgueillis.
Attraits et jeunesse, Grandeur et richesse, Pres de sa tendresse Ne sont d'aucun pnx T
LEOPOLD, a droite, O coupable trame !
O forfait inf&me!
Au fond de mon ame Je tremble et fremis !
Et de sa tendresse L'innocente ivresse M'accable et m'oppresse D'un nouveau mepris !
kxeazar, a part.
Au fond de mon ame Que la haine enflamme, Je vois cette femme Et je la maudis !
Oui, sombre tratesse Malgre moi m 'oppress*.
Qaand je vois Pivresae De nos ennemis.