‹ La juive, opera en cinq actesChapitre 22 sur 35 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

RACHEL; LEOPOLD, paraissant a la croise> du fond.

RACHEL , l'apercevant.

(Tombant sur un fauteuil.) crest lui ! la force m'abandonne !

LEOPOLD , s'approchant d elle djucement. $achel, ma bien-aimee , a mon aspect frissonne! RACHEL, e^endant la ctain vers lui.

N'approehez point ! sais-je en cette maison Si vous n'apportez pas parjure et trahison?

Vous que le mystere environne, ^■ous qui, pale et confus, tremblez... je levois bien...

LEOPOLD

shii , mon regard tremblant est celui d'un coupafole 3 Je t'ai troacpee... et le remords m'accable 3

RACHEL

LEOPOLD

Tu sauras tout, ton Dieu n'est pas le mien !

RACHE4

<$«sVi-je entendu ?

LEOPOLD

Je suis chre'tie**

DUO

RACHEL, m levant.

Lorsqu'a toi je me suis doni*»e, J'outrageai mon pere et l'honnear ?

Mais j'ignorais... infortunee , Que j'outrageais un Dieu vengeur !

LEOPOLD

Qand mon ame a toi s'est donne*e , Fortune, dignites, grandeur, J'oubliais tout... ma destinee Est en toi, comme mon bonheur !

RACHEL

Mais ta loi nous condamne el defend que je vive t

Lajuive amante d'un chretien,

Le chretien amant d'une juive , Sonttous les deux frappes de mort!... le sais-ta

LEOPOLD

Je le sais... mais qu'importe? vien !

ENSEMBLE

LEOPOLD

Que ton cceur m'appartienne , Que l'amour nous enchaine , Et, juive ou bien chretienne, Ton sort sera le mien !

Que le courroux celeste Me garde un sort funeste ; Si ton amour me reste Le reste ne m'est rien.

Je ne regrette rien.

RACHEL

Moi ! que je t'appartienne ?

Que l'amour nous enchaine ?

Ta foi n'est pas la mienne , Ton Dieu n'est pas le mien.

Mon pere vous deteste :

Et , dans mon sort funeste , C'est la bonte celeste Qui seule est mon soutien.

Voila mon geul soutien.

RACHEL

Crois-tu qu'Eleazar, dont le cceur vous abhorre, Consentira jamais a former de tels nceuds ?

LEOPOLD

Ah ! sa haine n'est pas le seul obstacle encore Qui comme un mur d'aiVain s'e'leveentre nous deuai Eh b/en ! fuyons !... cherchons une retraite obscure Ou, de tous oublie's, nous les oublierons tous. Ou,gloire, amis, parents, tout sera mort pournoos*

Page 1