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jtlais (e Dieu qui t'appelle est un Dieu redoutable !
ELEAZAR.
^jon, le Dieu de Jacob est le seul veritable !
BROGNI.
Et pourtant dans l'opprobi*, il laisse ses enfaniz?
ELEAZAR.
Si de leurs fronts vainqueurs les palmes sont tombees, Dieu qui dans les combats guidait les Machabees Rendra bientot ses His libres et triomphants !
ENSEMBLE
ELEAZAR.
Qu'en vos mains le fer brille! Que la flamme penile !
'Test combler tous mes vceux !
Que mon destin s'acheve!
Le bucher qui s'eieve Nous rapproche des cieux !
BROGSI.
Que son ceil se dessille!
Que la verite brille!
A ses regards heureux !
Dieu ! dissipez son reve !
Qu'il triomphe et s'eieve Pres de vous jusqu'au cieux !
BROGM.
Ainsi tii veux mourii ?
ELEAZAR.
Oui, c'est mon esperance; Mais je veux avant tout et sur quelque chretien Me venger... ce sera sur toi...
lrogm.
Je n« 'rains rieft !
Et je pais braver ta vengeance i
6lEAXAR:
Pent-toe!
BROGNI.
Que dis-tu?...
ELEAZAR.
Je ne suis pas, je pens*, le seal a qui la flamme, helas! aura rxvi
Ce que javais de plus cher !... Vous auwu , }uand du roi Ladislas, secondant la furie, cs fiers Napolitains dans Rome sont entres % >'ous avez vu vos toils au pillage Uvres,
Et ton palais en proie a l'incendie Et ta fenime expirante!... et ta fille cherie En recevant le jour, mourante a ses c6tes...
'Le roi de Naples, Ladislas, s'empara de Hom«, la nuit, par surprise. II j exerca uiille cruaulcs et incendia plusiear* quaniers de la ville; Brogni, malgre- le pillage et la mine de «oo palais preta jusqua vmgt-sept mille ecus d'or au pape Jean XXIII, qui, avec ce secours levp. quelques troupes, reprit jn capiJalc, ei vtablit sou do
BROGCU.
Tais-toi , tais-toi , cruel ! que ces jours net«st«ie« Par qui j'ai tout perdu , s'effacent et s 'oubiient ' ELEAZAR , a demi-voix et avec force.
Non, tu n'avais pas tout perdu !
Les Juifs par toi baimis de Rome...
BROGNI , avec Amotion.
Que dis-tu \
ELEAZAR.
Oui, ces Juifs, que vos lois sbatient , Etaient la,., deguises... errants... mais les prenus Courant braver la flamme et sauver vos foyers 1
L'un deux avait saisi ta hlle , L'un d'eux I'avait vivante emportee en ses bras'
BROGM , bors de iui.
Et quel est-il ? reponds.
£l£azar.
Tu ne le sauias pas!
BROGM , hors de lui.
Ma fille! mon enfant!... quoi ! ce n'est point ui Ah! parpitie, cruel , acheve ! [reve
(S'agcnouillant devant lui.)
Tu me vois a tes pieds : daigne combler ines vt^us Dis un mot, un seul mot , ou j'expire a tes yeux !
£lE.V7,AR , d'un air triompbaiit.
Eh ! de quel droit viens-tu , toi que la haine anime Implorer ton pardon aux pieds de ta victime? Non , non , je reste sourd a tes vaines douieurt j J'ai brave le bucher, je braverai tes pieurs:
Oui , ta fille respire , Oui , je connai-s son sort , et seul je peux le dir« Mais j'emporte au tombeau mon secret avec mov Calnifc, j'attends la mort, et tu trembles d'effroi Qu'en vos mains le fer brille!
Que la flamme petille !
C'est combler tous mes vceux!
Que mon destin s'acheve!
Le bucher qui s'eieve Nous rapproche de* cieur \
BROGNI.
Tu le ve ox , tu le veux I N'accuse que toi seul d'un arret odieux.
SCfcNE V.
ELEAZAR, seul.
Vol pronoucer ma mort : ma vengeance est certain Cest moi qui pour jamais te condamne a geaair I J'ai /ait peser sur toi mon eternelle haiue,
Et maintenant je puis mourir !
Ma ma fille !... 6 Rachel !!.. quelle horrible pens-
Vient soudain dechirer mon cceur !
Delire affreux ! rage insensee !
Pour me venger, c'est toi qu'immok mi £&rcnr!