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La justice à Vittel avant 1789

Il a oublié Vittel depuis longtemps, puisqu'il n'y est pas revenu. Aujourd'hui, en efFet^ il passerait bien inaperçu au milieu de la brillante société qui s'y presse pendant la saison. En 1876, i^ excita quelque sensation, et Ton se faisait volontiers montrer le fougueux leader de la gauche radicale. Nous n'eûmes pas ce souci. Un jour que j'accompagnais M. l'abbé Chapiat dans sa promenade au parc de TÉtabUssement, nous sommes abordés par son sympathique directeur.

— Messieurs, je suis enchanté de vous rencontrer, vous pourrez renseigner M. Tolain, que je vous présente, sur une question qui l'intéresse énormément. Arrivé depuis deux jours, M. le député a parcouru hier la ville; et nos deux égHses ont attiré son attention.

— Naturellement.

— Il les a visitées en détail, les a trouvées curieuses et bien restaurées. Il se réservait de vous en faire ses compliments. Monsieur le Curé.

— Très sincères.

— Seulement je ne saurais lui dire quelle maison religieuse a poussé jadis à Vittel.

— Mais aucune, Monsieur, aucune !

— Pardon, Monsieur le Curé, reprend vivement le député de Paris : il y a eu ici des moines.

— Et sur quoi basez-vous cette conjecture ?

— Sur l'existence de ces deux églises dans un simple bourg. Parcourez la France, je vous défie de trouver deux églises dans une bourgade de 1.600 âmes, sans y rencontrer aussi les ruines d'une maison religieuse. Evidemment la grande église était paroissiale, la petite une chapelle de couvent ?

— Quel couvent?

— Je n'en sais rien, puisque je le demande ; mais il y en a eu un.

— Je ne m'en doutais pas. Monsieur le Député ; et cependant pour faire l'histoire de Vittel, j'ai dû compulser toutes les archives

La discussion se prolongea sans amener de révélations qui pussent éclairer le sujet.

Depuis^ j'ai quitté le pays. Mais le point d'interrogation posé par M. Tolain s'était gravé dans ma mémoire, et j'ai repris les recherches commencées par mon vénérable maître. Peut-être formerontelles plus tard une étude. En attendant que mes notes se complètent et me permettent de refaire le Vittel de M. l'abbé Chapiat, je veux d'abord répondre à M. Tolain.

Ce n'est pas lui qui était dans le vrai ; et si « une simple bourgade comme Vittel eut deux églises, » n'en accusons pas ces bons moines. Oyez plutôt, et vous saurez pourquoi.

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