INTRODUCTION
le mieux se concilier avec le monothéisme et la légisia*
tien religieuse de Moïse Les autres n'ont obéi qu'à l'impulsion de leur propre intelligence ; les idées qu'ils ont
introduites dans les livres saints, pour se donner en-
suite Tapparence de les y avoir trouvées et les faire
passer, môme dans l'ombre du mystère, sous la sauvegarde de la révélation, ces idées leur appartiennent en* tièrement et forment un système vraiment original, vraiment grande qui ne ressemble à d'autres systèmes, ou philosophiques ou religieux, que parce qu'il dérive de la même source, qu'il a été provoqué par les nièmes causes, qu'il répond aux mêmes besoins ; en un mot, par les lois générales de l'esprit humain. Tels sont les kabbalistes ^ dont les opinions, pour être connues et justement appréciées, ont besoin d'être puisées aux sources originales; car, plus tard, les esprits cultivés ont cru leur faire honneur en les mêlant aux idées greo- 'ipies et arabes. Ceux qui, par sup'erMition, demeurèrent étrangers à la civilisation de leur, temps, abandon-
1. Cest à eux ^ l'on fidt allusion dans ce passage d*Eiisèbe :
rm Iv êÇnra^fia, ra.ùrr,ç (J.èv -ncpîei, OiioTtpx H TtM ntâ rclc iroXXcT; ttravofit* Cyixtta <ptXcao<pîa upcaixtiv %^iou Oeopîa Te tô>v iv tcT; vouloiç xxrk ^lavoiav
aT5p.aivo(A«vwv. (Euseb., ]iv. 8, chap. 10.) Ces paroles sont dans la bouche d'Aristobule, qui ne pouvait pas connaître les kabbalistes.
2. Quoique nous trouvions Toccasion, plus tard, de parler assez longuement de Pbilon, U Huit qu*on sache dès à présent le distin-
' guer des kabbalistes» avec lesipiels plusieuis bistoriens Font confondu. D*al)ord, fl est à peu près oertain que Plûlon ignorait Yhé^
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nèrenl peu à peu les hautes spéculatioas dont elles furent le résultat, pour ne consenrer que les moyens assez grossiers qui servirent dans l'origine à en déguiser la hardiesse et la prof ondeur^
Nous chercherons à savoir d'abord vers quel temps nous trouvons la kabbale toute formée, dans quels livres elle nous a été conservée, comment ces livres ont été formés et transmis jusqu'à nous.; enfin, quel fond nous pouvons faire sur leur authenticité.
Nous essayerons ensuite d'en donner une exposition complète et fidèle, à laquelle nous ferons contribuei^ autant que possible les auteurs mêmes de cette doctrine; nous nous 'retrancherons le plus souvent der^ rière leurs propres paroles, que nous ferons passer de leur langue dans la n6tre, avec autant d'exactitude que nos faibles mojens le permettront.
Nous nous occuperons en dernier lieu de l'origine
et de rinllueuce de la kabbale. Nous nous demande-
breu, dont la connaissance, comme nous le verrons bientôt, est évidemment indispensable à la méthode kabbalistique. Ensuite, Philon et les kabballstes ne diflerent pas moins par le fond de leurs •idées. Ceux-ci n'admettaient qu'un seul principe, cause immanente de toutes choses; le philosophe alexandrin en reconnaissait deux. Tan actif et Tautre passif. Les attributs du Dieu de Philon sont les Idées de Phkton, qui ne ressembleoit en rien aux Sephiroih de la
kabbale. fi<mv Iv t«ïc etoiv, rh ptlv tlvot ^petariiptov alrtev, t& H iN(dnTtfv*'xal
Sri tô piàv ^paornpcv h tmv SXuy «cûc ioTtv •iXtKptviaTATeç xptîrrovri iï içtrh
xal x^iîrrow ri imarri^yi xaX xptÎTTuv ri aSirh rh à.'^aAtt xai aùrb tô xa),cv to
Tui etc.» PhU,f de Mund opific,
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rons si elle est née dans la Palestine^ sous la seule in« fiuence du judaïsme^ ou si les Juifs Tout empruntée, soit à une religioD, soit à une plriloso]diie étrangère. Nous, la comparerons successivement à tous les systèmes antérieurs et contemporains qui nous présenteront quelque ressemblance avec elle^ et nous la suivrons, enfin, jusque dans ses plus récentes destinées.