‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 125 sur 167 · De MigraUoM Abraham. — QUii irmm dilHnarum hœrês · texte numérisé non relu

De MigraUoM Abraham. — QUii irmm dilHnarum hœrês

dire que Dieu, voulant se manifester dans TaniTers par l'idée 4u bien, n'a pas trouvé de temple plus digne de lui que Tàme humaine * . Hais il est facile de voir que cette théorie fl^i vraie et si sage est en contradiction avec certains principes généraux exposés précédemment, comme Tunité de substance, la formation des êtres par voie d'émanation et même le dualisme platonique. Aussi notre philosophe n'artril aucune peine à Ffibandonner pour le point de vue contraire^ et il est facile de remarquer qu!il s'y trouve plus à Taise, qu'il y déploie beaucoup mieux les richesses de sou style à demi oriental et tes ressources de son génie naturel. Alors il ne laisse plus rien à Thomme, ni de son libre arbitre, ni de sa responsabilité morale. Le mai que nous mras attribuons comme celui qui règne en général dans ce monde est le fruit inévitable de la matière*, ou Tceuvre des puissances inférieures qui ont pris* part avec le Logos divin à la formation de l'homme. Le bien au contraire n'appartient qu'à Dieu. £n Biïei, c'est parçe qu'il ne convient pas au souverain Être de participer au mal, qu'il a appelé des ouvriers subalternas à concourir avec lui à la création d'Adam ; mais à lui seul doit être rapporté tout ce qu'il y a de bon dans nos

1. De Nobilitate, t. II, p. 437, ed. cit. Niàv dc|io7P?t«îaT»gov ini -piç

% De Opific. mund. — Quis rmim cttpjn«riiiii.Jliir«». — D$ Nomf-

mm mutatione, — De Vitâ Mos, m.

TROlâlÈMfi PARTIE. 317

actions et dans nos pensées'. En conséquence de ce principe, il y a de l'orgueil et de Timpiété à ae regarder comme l'auteur d'une œuvre quelconque; c'est s'assimiler à Dieu, qui eeal a déposé dans nos âmes la se^ mence du bien, et seul aussi a la vertu de la féconder^; cette Terta sans laquelle nous serions abtmés dans le mal, confondus avec le néant ou la matière, Philon l'appelle de son véritable nom, c'est la Grâce (ii x<^P<0* c< La Grâce, dit-il, est cette vierge céleste qui sert de « médiatrieè entre Dieu et l'âme, entre Dieu qui offire et tf l'âme qui reçoit. Toute la loi écrite n'est pas autre cr chose qn'an syndbole de la Grâoe*. » A c6té dé cette influence toute mystique, Hiilon en reconnaît une autre qui ne porte pas une atteinte moins grave à la responsabilité morale et par conséquent au libre arbi^ : c'est la réversibilité du'bien. Le juste est la victime expiatoire du méchant; c'est à cause des justes que Dieu verse sur les méchants ses inépuisables trésors^» Ce dogme, également adopté par les kabbalistes et ap-

1. DeMund, opifiù.^ p. IS, edit. de Parisde 1640. — D0 Pro/ugi$^ mâme Mt.« p. 4460. . ;

2. Leg. alleg. L] — De Pfofkifit. — De Chenik. — Gfiroërer, ovh

vragecité,!. I, p. 401.

iW M Mit ^/o^ ^ti ffà Tèr iMfWiMv xi^tTc. De Nomimm nmkh Uone, p. 1082, edv dt.

4. ô (nroui^oûo; T60 faûA«u xûrpov. De Saçrifidis Abelis et Caini, p. ed. Paris.

pliqué par eàx h roniyeis tout «ntier^ n'est an fond

qu'une conséquence de la Grâce : c!est elle ^t.eUp seule qui fait le mérite, du }u4te ; pourquoi douc^ par <^ oarjud^ u'9rriv6i:ait*«Ue jui^çu.'w méohaut?

Quant au péché originel^ cette autre ^trave 1^ Ja liberlé humsimf U ufi serait pas impo^ible d'en tr<^U¥er Ja définition dam quelques paroles isoléés de notre au- .teur ^ ; dao3 un ^ujet aussi grave il faut étendre des preuves plus explicites et plus sûres. Tout ce que pavons ai&noer, c'est que la vie luàm^ était aux yeux de Philon un état de déchéance et de eputrainte;

y^.mi^c^^ty plus w e^tr^ 4fm M.m:i9U -plus on

r|)jéu^tre, 9oit par 1^ voloutjê, soit par rintelligence,

d^ h^nêtm^f «pUis il tpoîro que

rhon^i^e s'élpigne de Dieu^ se pervertit et se d^ade. jQê yriucfipe est k peu près la seulo b^se de tomorute de

cPJb^ilon, sur laquelle il nous reste euQ9i!e,à4eter un coup

. quoiqu'on tromfjS'e^HiiH^e de Ipin.eplwi qu^que contradiction, Tinfluence grecque n'est plus guère que .d^s langue; le foi^d est tout Qi^i^ntal ^t mystique. Par exemple^ quand I^hilon nous dit aiNHS Antislhène et Zénon qu'il faut vivre conformément à la nature (Cov ifMkayoMnhffù^ xri Q^mti)^ il entend par la nature humaine, .Aqn seuleiQfint la^doiiiiniklioaântiàre de l'esporit sur le

1. Nous dtiâroDS priodpalement ce passage ; na<t\. y wwB> mA èt

«ifct^ottov VI, trop*» feov 4)yHv tlç ^iWaiv^ (Vif^xgnài sh .â^7«yiiv ioti. De Vitâ

Mos. m, t. n, p. 157, ed. Mangey.

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corps, de la raison sur les sens, mais Votbservance de

[Il

mil

et Téeole BMeienne ^se qu'on a appelé plus tiyrd les .quatre vertus «ardmales^Jil iM>us.les représente eu méoia 4enip8 em&Bie des rerfm inforieureB et purement hn" maines.; il ^aontre M-;dfissju» d'^Uee, ^onwie leur source oonmuuie^ la bonté M l'amour^ vertu toute r^ ligieuse, ipû ne e'oceupe jqpie .de Udeu dont elle est -l'image et Témanation la plus pure. Il la fait sortir disecteœent de4'£den, c'est-à^ire de la diinoe fageeae/ où. Ton trouve la joie, la volupté, les délices doat Dieu aeiil eatrobîel'vCfeat pmhabtaMftt fUuia.ee eepsicpii'À J'imitation de Socrate, il ijouiond l$i vertu avec la aar- . gesse Enfin, illoat se garder aiwHsi.de iiii atlrttiiuer .fat pensée d'Aristote, quand il nous enseigne , dapràs les termes de œ fdiiioeoiiike, cpie la vertu pe«t délier de trois sources : la science, Ja nature et l'eïi^reicef. Aîix yen de Phikm, lajMsienee cfuJatatge^ vénUaUe

1. Dans ces paroles de rÉcriture : «Abraham suivait toutes les voies du Seigneur, » oû trouve cette maxime enseignée par les plus célèbres phtteeopbesi qu'il fiiut vWreaatoo la aaHarei JêtcjDêMiiffat.

2. Ap^ avoir dit que lea quatre vertus ont leur qtooircedaBSla

beauté, notre auteur ajoute î Aa(A€«vei (aIv •&» ràç ipx^ç i ^waift d^m

«aTpl aùrn;ditt. Leg. oUeg. I.

<Uac Air^. DeNoMikOe, ed. itaufllf,' ^

u est pas celle qui résulte du développement naturel de noire intelligence, mais celle que Dieu nous donne par un effet de sa grâce. La nature^ dans l'opinion du philosophe grec, nous porte d'elle-même vers le bien ; selon Philon, il y a dans l'homme deux natures entièrement opposées qui se combattent, et dont l'une doit nécessairement succo^nber; dès lors toutes deux sont dans un état de ^olence et de contrainte qui ne leur permet pas de rester elles-mêmes. De là, son troisième moyen d'atteindre à la perfection morale , l'ascétisme dans toute son exaltation , substitué à l'empire légitime de la volonté et de la raison sur nos désirs. En . effist> il ne s'agit pas seulement d'aûénuer le mal, de le circonscrire dans des limites plus ou moins restreintes, il faut le poursuitre tant qu'il en reste la plus lég^ trace, il faut le détruire, s'il est possible, dans sa racine et dans sa isource.- Or, le md dont nous souffifons dans ce monde, est tout entier dans nos passions que Philon regarde comme absolummtit étrangères à la nature de l'âme'. Les passions, pour me servir de son langage, ont leur origine dans la chair. U faut donc huniilier et macérer U chair; il faut la combattre sous toutes les formes et à tous les instants' ; il faut se relever de cet état de déchéance qu'on nopme la vie; il faut, par une indifférence absolue pour tous les biens périssables,

i . Qtùs rerum divinarum sit.

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