‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 127 sur 167 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

eertakm lettres ; elle exprimé Bénie Ift pc^nsée ée notre philosophe, et établit un rapport de plus entre lui et les kabbalîstes. En même temps elle justifie ce <|ùe pensaient les thalmudistes de leurs coreligionnaires initiés aux sciences grecques.

, De tout ce que nous venons de dire résultent deux coméqfaences extrêmement importantes pour l'origine de la kabbale. La première, c'est que cette doctrine traditionnelle n'a pas été puisée dans les écrits de Philon. En effet, puisque tous les systèmes ^ecs, et Ton peut dire la civilisation grecque tout entière, ont laissé chez ee demiw des traces aussi nombreuses, aussi intimement mêlées à des éléments d'une autre nature, pourvoi n'en serait-il pas de même dans les plus anciens monuments de la science kabbalistique? Or jamais, nous le répétons, ÔA ne trouvera ni dan» le ZtiAar, ni dans le livre de la création, le moindre vestige de cette civilisation brillante, transplantée par les Ptolémées sur* le soi de i'Égypte. Sans parler des difficultés extérieures, précédonment signalées, et que nous maintenons ici . dans toute leur {orce, est-ce que Simon ben Jochaï et ses amis, ou-les auteurs quels qu'ils soient du Zokar, auraient pu, sans autre guide que les écrits de Philon, y démêler ce qui est emprunté aux divers philosophes de la Grèce, dont les noms sont rarement prononcés par leur disciple d'Alexandrie , et ce qui appartient à une autre

<)[o^i«c Âm^i^pdoMiv. De Migrât» Abroh.

doctrine, fondée sur l'idée d'un principe unique et immanent, substance et foniie de tous les êtres? Une telle supposition ne mérite pas d'être discutée. D'ailleurs, ce que nous avons appelé la partie orientale du syncrétisme de Philon est loin de s'accorder sur tous les points importants avec le mysticisme enseigné par les docteurs de la Palestine. Ainsi, Philon ne reconnaît en tout que cinq puissances divines, ou cinq attributs; les kabLalistes admettent dix Séphiroth. Philon, même quand il expose avec enthousiasme la doctrine de l'émanation et de l'unité absolue, conserve toujours un certain dui^ lisme, celui de l'Être et des puissances, ou de la substance et des attributs t^entns lesquds.il nous montre un abîme infranchissable. Les kabbalistes considèrent les Séphiroth comme des limites diverses, dans lesquelles le principe absolu des choses se circonscrit luimême, ou comme des vases , pour me servir de leur propre langage. substance divine, ajoutent-ils, n'aurait qu'à se retirer, et ces vases seraient rompus et desséchés. Rappelons-i^ouâ aussi qu'ils enseignent expressément l'identité de l'Être et de la pensée. Philon, toujours dominé à son insu par cette idée de Platcm et d'Anaxagore que la matière est un principe distinct de Dieu et éternel comme lui, se trouve, naturellement conduit à considérer la vie comme un état de déchéance et le corps comme une prison : de là aussi son mépris pour le mariage qu'il regardait seulement comme une satisfaction donnée à la chair. Tout en admettant avec

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