‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 128 sur 167 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

rËcritare que l'homme^ dans les premiers jours de la création, quand il n'avait pas cédé encore aux voluptés des sens, était plus heureux qu'aujourd'hui, leskabbar listes regardent cependant la vie en général comme une épreuve nécessaire , comme le moyen par lequel des êtres finis, tels que nous, peuvent s'élever jusqu'à Dieu et se confondre avec lui dans un amour ^ans bornes. Quant au mariage^ il n'est pas seulement pour eux le symbole, mMs le commencement^ la condition première de cette union mystérieuse; ils le transportent dans l'âme et dans le ciel; il est la fusion de deux ftmes humaines qui se* complètent l'une par l'autre. ^nûn, le, système d'interprétation appliqué par Philon aux livres saints, quoique le même, pour le fond, que celui des kabbalistes, ne peut.cependant pas avoir servi d'exemple à ces demfers. Sans doute Philon n'ignorait pa& absolument la langue de ses pères, mais il est facile de prouver qu'il n'avait sous les yeux que la version des Sej^aate dont se servaient d'ailleurs tous les Juifs d'Alexandrie. C'est généralement sur les termes de cette traduction et des étymologies purement grecques que se fondent ses interprétations mystiques*. Dès lors que devimnent ces higénieux procédés employés dans le

i. void qnélcpies exeniples : dans ces mots qui s'adressent au serpent dont la fenune doit écraser latètedMcveStvpnSmxifflO^, il

trouve avec raison une faute grammaticale ; mais cette fiiute n'existe pas dans le texte hébreu. {Leg, alleg. 111.) Il fait dériver du grecçtC- ^m6xi le moi Phison, le nom4'un des quatre fleuves qui sortent du

Zohat et dont la puiasance ert toutàfait anéantie, quand

ila cessent de s'appliquer à la langue sacrée ^ ? Du reste, nous l'avouons, cette différenee dans la forme n'aurait ^ pas à nos yeux une très grande importance^ si Philon et les kabbalistes^ s'accordaient toujours dans le ahoix des textes , des passages de TÉcriture qu'ils donnent pour base à leur système philosophique, ou bien si, abstraction foite du langage^ les mêmes symboles éveillaient en eux les mêmes idées. Mais cela n'arrive ja^ mais. Ainsi la pmonnification des sens dans la fèmme, dans Ëve, notre première mère, de la volupté dans le serpcyat qui a conseillé le mal, de l'égoïamo dans Caïn» que l'homme a engendré en s'unissani à Ève, c'est-à7 dire aux sens, après avoir écouté le serpent; Abel, type de l'esprit qui méprise entièrement le corps et succombe par son ignorance des choses de ce monde; Abraham, type de la science divine; Agar, de la sciencQ mondaine ; Sarah, de la vertu ; la nature primitiTe de l'homme renaissant dans Isaac, la vertu ascétique présentée dans lacob, et la foi dans ThamaF, toutm ces riches et ingénieuses aU^ories qui, selon nous, sont

Paradis terrestre. Le mot Evilat vient de »û et de tx<.»c. Il lui importe que le nom de Dieu, Oioç, soit précédé ou non del'acticie etc. Voy . Gfrôorer, ouo. eU^ t. i", p. SO.

i. Gommeat, par exemple, la sabstanoe sMfsita amit-slle pu ètie appelée le nœohétrB (f^M) sans 09 texte hébreu, ]rwù msR MVOn ? Que deviendraient les noms des trois premières SéphffothT Comment runité de Dieu et du monde résuitoraitrelle de ces trois mots, s'ils ét&ieat traduits, hSh ma Ta t

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la seule propriété du philosèphe d'Alexandrie, n'ont

pas laissé le plus faible vestige, soit dans le Zohar, soit dans le livre de la Création. Pour toutes ces raisons nous croyons avoir le droit de dire que les écrits de Union n'ont exercé aucune influence sur la kabbale.

Nous arrivons maintenant à la seconde conséquence

que Ton peut tirer de ces écrits et du caractère de leur auteur. Nous avons vu avec quelle absence de discer^ nement, avec quel oubli de la saine logique» Philon a pour ainsi dire mis au pillage la philosophie grecque tout entière; pourquoi lui supposerions-nous plus d'invention, plus de sagacité et de profondeur dans cette partie de ses opinions qui nous rappelle au moins les principes dominants du système kabbalistique? Ne serait4L pas juste de penser qu'il Ta trouvée toute faite dans certaines traditions conservées parmi ses coreligionnaires, et qu'il n'a £ait que la parer des brillantes couleurs de son imagination? Dans ce cas, ces traditions seï^ent bien anciennes, car elles auraient été apportées de la Terre-Sainte en Egypte avant que tout commerce religieux eût cessé entre les deux pays ; avant que les souvenirs de Jérusalem et la langue de leurs pères fussent complètement éteints parmi les Juifs d' A;lexandrie. Mais nous ne sommes heureusement pas obligés de nous en tenir aux conjectures; il y a des faits qui ^ous prouvent jusqu'à l'évidence que plusieurs des idées dont nous parlons étaient connues plus d'un

Digiiizeo

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siècle avant l'ère chréUeune.D'abord, Philon lui-rmème, comme nous Tavoiis dit précédemment, nous assure avoir puisé à une tradition orale, conservée par les anciens de son peuple^; il attribue à la secte des thérapeutes des livres mystiques d'une antiquité très reçu** lée' 9 et Tusage des interprétations allégoriques, appliqué sans exception et sans limite à toiites les parties de TÉcriture sainte, rr La loi tout entière^ dit-il, est à leurs ce yeux comme un être vivant dont le corps est repréw senté par la lettre, et l'âme par un sens plus profond, (c C'est dans ce dernier que Tàme raisonnable aper- « çoit, à travers les mots, comme à travers un miroir, ce les merveilles les plus cachées et les plus extraordii( naires'* » Rappelons-nous que la même comparaison est employée dans le Zohar^ avec cette différence, qu'audessous du corps est le vêtement de la loi par lequel on désigne les faits matériels de la Bible : au-^ef9susde râme e$t une âjne plus sainte, c'est-à-dire le Verbe divin, source de toute inspiration et de toute vérité. Mais nous avons d'autres témoignages bien plus anciens et plus sûrs que celui de Philon* Nous commencerims par le plus important de tous, la fameuse version des Septante*

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