PREMIÈRE PARTIE
la TisioB d'Éséchiel une explicalion qtieleoiique, de ohei^
cher à Jies comprendre soi-mâme et de les faire compren-* dre aux aulres; il s'agit d'une interpfétatioii on plutôt d'une doctrine connue, mais enseignée avec mjstère; d^une'seieiice non mmns arrêtée dans saforme que dans ses principes, puisqu'on sait comment elle se divise, puisqu'on nous la montre partagée en plusieurs diipi«* très, dont chacun est précédé d'un sommaire. Or, il faut remarquer que la vision d'Ézéehiel ne nous offire rien de semblable ; elle remplit, non pas plusieurs chapitres, mais un seul, préeisément celui qui vient le premier dans les œuvres attribuées à ce prophète. Nous voyons de plus que celte doetoine secrète comprenait deu;x parties auxquelles on n'aiccorde pas la inême importance : ear Tune peut être enseignée à deux penotines ; Tantre ne peut jamais être divulguée tout entière, même à une seule, quand elle devrait satisfaire aux sévères eonditions qu'on lui impose. Si nous en croyons Maïmonides, qui, étranger à la kabbale, n'en pouvait cependant pas nier Texistence, la première moitié, celle qui a pour titre : Biê Um0 d$ la G$niu amdêla eri^lùm (nnt^^Tp JWVti) 9 enseignait la science de la nature ; la seconde, qu'on appelle VBùlovndu Ckar (rODID TWjfQ), renfermait un traité de théologie \ Cette opinion a été adoptée par tons les kabbaiistes.
Voici un autre passage, où le même fait nous apparaît
d'une manière non moins évidente : i< Rabi Jochanan f< dit un jour à rabi Ëliezer : Viens^ que je t'enseigne « l'histoire de la Mercaba. Alors ce dernier répondit : H Je ne suis pas encore assez vieux pour cela. Quand i( il fut devenu vieux^ rabi Jochanan mourut, et quelle que temps après rabi Âssi étant venu lui dire à son « tour : Viens que je t'enseigne l'histoire de la Mercaba; <( il répliqua: Si je m'en étais cru digne, je Taurais déjà u apprise de rabi Jochanan, ton maître'. » On voit par ces motSy que^ pour être initié à cette sdènce mystérieuse et sainte de la Mercaba, il ne suffisait pas de se distinguer par Fintelligenee et par une éminente position, il fallait encore avoir atteint un âge assez avancé; et'mème^ lorsqu'on remplissait cette condition également observée par les kabbalistes modernes*, on ne se croyait pas toujours assez sûr, ou de son intelligence^ ou de sa force morale, pour accepter le poids de ces secrets redoutés, qui n'étaient pas absolumentsans péril pour la foi positive, pour l'observance matérielle de la loi religieuse. Ën voici un curieux exemple rapporté par le Thalmud lui-même, dans un langage allégorique dont il nous donne ensuite lexplication* '
« D'après ce que nos maîtres nous ont enseigné; il
1. Mim ZHtfftf de 'Haguiga, Guémaia de la demième proposition. -
2. Ils ne permettent pas avant Tàge de quarante an^ la lecture du Zohar et des autres livres kabbalistiques. - -