‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 143 sur 167 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

à son époQM qui est le Saint-Esprit (to Trvevpa), produit successiYement les quatre éléments , l'air et Teau , le fen et la terre; en sorte que ces éléments et le monde extérieur en général sont ici , comme dans le Sepher iêtxirah^ une simple énuination ou la Toix de TËsprit ^ Mais pourquoi persisterions-nous à glaner péniblement quelques souvenirs épars dans les Aetu iti Àpà-' très ou dans les Hymnes de saint Ëphrem, quand nous pouvons puiser à pleines mains dans un monument du plus grand prix, assez récemment publié dans le texte syriaque et , traduit en latin par un savant orientaliste : nous voulons parler du Code nazaréen cette bible du gnostieisme purement oriental. On sait que saint Jérôme et saint Épipbane font remonter la secte des nazarréens jusqu'à la naissance du christianisme Ëh bien ! telle est la ressemblance d'un grand nombre de ses dogmes avec les éléments les plus essentiels du système kabbalistique, qu'en les lisant dans l'ouvrage qui vient d'être cité , on croit avoir trouvé quelques variantes ou quelques fragments égarés du Zohar. Ainsi, Dieu y est toujours appelé le roi et le maître de la lu-

i. Saint'Ephrem, hymne 53, pag. 557.

%, Codex Nazareus^ 3 7ol. iûrÀ% 1815» publié et traduit par Mattûeu Nwbearg.

5. Getle opiniout adq^ par la plupart des tbéologieiis, doit remporter sur celle de Hosbdm qui, pour mieux répondre auzobjectioDS de Toland contra runité delà Uâ chrétienne, MX naître la aeele des nataréens an n* siècle. Voy. Ifosbeîni, htdieim miUqnœ

christianorum disciplinœ, sect. I, cbap. 5.

miirei il est hi-itêne lft splendeur plus pure, la

luouèra éternelle et iofinie. Il est aussi la beauté^ la vie, la joatiee et la miséric^urde ^. De lui émanent toutes ie» fonnes que noua apercevons dans ce monde; il en est le Gréatéor el rturfisaii; maia.sa propre sageftse et sa propre efiaence, personne ne les connaît ^. Toutes ke eréatores se demandent entre elles qv^ est son nom et se voient forcées de répondre qu'il n'en a pas. Le rei de la huMèrcy la Inmière infiiiie nisyant pas de nom qu'on puisse ii^voquer, pas de nature qu'on puisse connaltmy on ne peut anÎTer juscpi-à elle i|u'aTec un cœur pur, une âme droite et une foi pl^ne d'amour La gradation par laquelle la dectrine naiiurfenne des? oend du souverain être aux dernières limites de la cnéation est eiaotaimeiit la màme cpe dans un pàiaage du Zohar déjà fréqueipment cité dans ce travail : a Les ff génies y les rois et lef eréatures eét^ent à TenTi» c( par des prières et par des hymnes , le roi suprême

1. Bflx sunuBiiis lads, splendor parus, Inx magna. Non est mensura, numerus et leruimus ejus splendori, luci et majestati. Totus est splendor, totus lux, totus pulchritudo, totus vita, totus justitia, totus misericordia, etc. Cod. Naz., 1. 1, pag. 5.

2. Creator omnium formarum^ pulchrarumque artifex, retinens verôsuse 8apieati»,8ukiU60litegeus, nec sul manifeslus. 76., pag. 7.

3. Greatune ômnes tui nominis neoolœ. nkmnt regsalucis» se itt- ^noom interregantes : nomenne stt magiittlad ? âdsmqae respoii» dsntos : noBtioe caiei. Quia anlsm nomlne caiet» nte fuent qui iliiosnomen îomet, nosoenâeqiieiUius nsfun» insistât, beati padfid qui te agnbvemnt corde puro, mentionem tuî fecerunt mente justà, ûdem tibi integro alTeclu habuerunt. Cod, iVaz., 1. 1, ]3ag. il.

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fc de la hunièff» doai parteot eînq rajMs d'un éclat

(f merveilleux : le premier, c'est la lumière qui éclaire iouai les étreaf. le Mooiid, e'est le sMffle soaTé qui « les anime ; le troisième, c'est la voix pleine de douce ceur avee laquelle ils exhalent leur allégresse; le « quatrième, c'est la parole qui les instruit et les élève à rendre témoîf^aage de leur foi; le cinquième, c'est- « le type de toutes les formes sous lesquelles ils se ce développent, semblables à des fruits qui mûrissent c< sous Taction du soleil ^ » II est impossible de ne pas xeconni^Ure.dans ees lignes, que-iious nous sommes borné à traduire les différents degrés de Texistenee représentés obez les kabbalistes par la pensée, le. souffle ou Tesprit , la yoix et la parole. Yoiel , pour exprimer la même idée, d'autres images qui ne nous sont pas moins familièm : avant tonte créaturé était la .vie cachée en ell^même, la vie étemeUe et incomjnéhensible, sans lumière et sans forme (ferho). De son sein naquit Tatmosphère lumineuse (ajar zivo, XVT ^^IK) qu'on appelle aussi la parole, le vêtement C|WT3^K»f?SlQ) ou le fleuve symbolique qui représente la Sagesse. De ce fleuve sortent les eaux vives ou

i. Omnes genii, reges etcreatuiae, precationi et liymno insistentas, célébrant regem summum lucis, a quo exeunt quinque radii magnifici et insignes i.piimus, lux quiB illis orta : secundus» fiatns suavis qui eis adspîiat :iertius dulcedo vocis quà axiDeUant: qiaai' tQ8vei|bQmonBqiiG^

qaUltasspeclesfogrmKcnîusque, quftaddIcKvairSioltf soie fiwtm. J5. «upr., pag. 9. • .

les grandes eaux par lesquelles les nasaréens comme

les kabbalistes représentent la troisième manifestation de Dieu, l'intellig^ce «ou Tes^^rit, qui à son tour produit une seconde vie, image très éloignée de la première* . Cette seconde vie appelée JuscbaiiLin ( ou le lieu des formes, des idées), au sein de laquelle a été conçue d'abord l'idée de la création dont elle est le type le plus élevé et le plus pur; la seconde vie en a engendré une troisième qu'on appelle le pérs excellent (abatur, "^iV le vieillard inconnu et V ancien du

mande (eenem $ui ohtegentem et grandmvum mimdt) ^, Le Père excellent ayant regardé l'abîme, les ténèbres ou les eaux noires , y laissa son image qui , sous le nom de Fétahil, est devenue le Démiourgos on rarehitecte de l'univers Alors commence aussi une interminable série d'Éon3 , une hiérarchie infernale céleste qui n'a plus aucun intérêt pour nous* Il nous suffit de savoir que ces trois vies , ces trois degrés qu'on distingue dans le Plérème, tiennent ici la même place que les trois visages kabbalistiques, dont le nom même (farsufo, KS^*lfi) se retrouve dans la bouche

i . Antequam creaturae omnes existôre, Ferho dominus existit per quem Jordanus existit. Jordanus dominus vicissime exstitit aqua viva, quae aqua maxima etla0ta..Bi aquÀ vero vivâ, nos vita exstitimus, A., 1 1, pag. 148.

a. tb.,x n, pog. aii.

5. Sumxit Aiiatur et, port& aperlft, \û aquàm idgrafli prospeiit. Fictus autem extemplo fllius, sul imago; in aquft istâ nigrâ, ei Fétahil conformatus fuit. i6., 1. 1, pag. 508.

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