Zend Av., l. m, pag. 323 et
372 LA KABBALS.
toat à fait semblable i ce que le Zohar appelle une
personne ou un visage (rj*i2;*^S). H est, en effet, la plus haute personnification de la parole créatrice^ de cette parole excellente dont on a fait son âme. Aussi fautr-il chercher en lui» plutôt que dans le principe suprême, dans le temps éternel, la réunion de tous les attributs que Ton donne ordinairement à .Dieu et qui en sont la manifestation, c'est-à-dire, dans le langage oriental, la lumière la plus brillante et la plus pure. « Au com-
. u mencement, disent les livres sacrés des Parses, Grec muad. élevé au-dessus dé tout, était avec la science fc souveraine , avec la pureté , dans la lumière du « monde. Ce trône de lumière (HOD^ID)» ce lieu habité « par Ormuzd , est ce qu'on appelle la lumière pre- (c mière » U renferme en lui, ainsi que Thomme c^
, leste des kabbalistes, la vraie science, l'intelligence à son plus haut degré, la grai^deur, la bonté, la beauté, l'énergie ou la force, la pureté ou la splendeur; enfin, c'est lui qui a créé , ou du moins qui a formé et qui nourrit tons les êtres Sans doute on ne peut rien conclure de ces qualités elles-mêmes et de leur ressemblance avec les Séphiroth» Mais on ne peut s'empêcher de remarquer qu'elles sont toutes réunies dans Ormuzd dont le rêle, par rapport à l'infini, au temps et à l'espace sans bornes, est le .même que celui d'A-
i. Zend Âv,y t m, pag. SIS.
8. Voy. M.. Eugène Baniouf, Commàilali^ Mr U Jaçna, I«' chap. jusqu'à la pag 146. *
TRVISIËMË PARTIE. 373
dam Kadmoo par rapport à TEnsoph. Et mème^ si nous eu croyons Tbistorien que nous avons déjà cité, il y avait ches les Perses une secte fort nombreuse aux yeux de laquelle Ormuzd, c'était layolonté divine, manifestée sous une forme iiumaine et tout éblouissante de hi^ mière 11 est vrai aussi que les livres zends ne s'expliquent pas sur l'acte par lequel Ormuzd a produit le monde, s^ur la manière dont il est sorti lui-même ainsi que son ennemi du sein de l'Etemel, et enfin sur ce qui constitue la substance première des choses '.Mais Dieu une fois comparé àrla lumière, la cause efficiente du monde subordonnée à un principe supérieur, l'univers considéré comme le corps de la parole invisible, il n'est guère possible qu'on n'arrive pas à regarder tous , les êtres comme des mots isolés de cette éternelle pa-r rôle ou comme des rayons épars de cette lumière infime. Aussi avons-nous remairqué que le panthéisme gnostique se rattache plus^ ou moins au principe fondamental de la théologie des Parses
i. Cette secte est celle des Zerdusthiens. Voici leur opinion, rapportée par Slmristaai dans la traduction latine de Thom. Hyde ( de vet. Fers, relig,, pag. 28S) : et postquam effluxissent 3000 anoi, traosmiasse voluntatem soam in formà lacis fiilgentis composiln in iigurara hunuuiain.
S. Us disent qu^OninuEd et Abiimaoe ont étiidmméé de Zenran* le temps étemel ; qu*Onniud a donné te ciel, la terre et toates ses productions. Mais nulle part le sens de ce mot important n*est clairement déterminé.
3. Cependant il n'est pas sans importance d'observer que dans le Zend Âvesta { t. U, p. 180), Ormuzd est appelé le corps des corps. Ne >
4* D'après les croyances kAbbalîMqués, oittitine d'après le système de Platon, tous les êtres de ce monde ont d'abord existft dans le mondé invisible, bons une forme beaucoup plus parfaite; chacun d'eux a dans la pensée di^ne son modèle invariable qiii ne pent se montrer ici-bas qu a travers les imperfections de la mar tière. Cette cloncq[>tiôù, où le dogme dë la préexistence est confondu avec le principe de la théorie des idées , nous la trouvons également dans le 2end ÂveSta, soiis , le nom de fefouër. Voici comment ce nom est expliqué par le plus grand orientaliste de nos Jours : a On sait d que par ferouêr les Parses entendent le type divin de ir eUacun des êtres doués d'intelligence, son Mè dans ce la pensée d'Ormuzd, le génie supérieur qui l'inspire a et veille sur lui. Ce sens est établi tout à la fois par « la tradition et par les textes^ » L'interprétation d'Aoqaetil-^Dupenron est parfaitement d'accord aveé celleci % et nous ne rapporterons pas tous les passages du Zend Âvesta qui la confirment. Nous aimbns ûïiéat signaler sur un point particulier de cette doctrine, entre
serait-ce pas la substance des substances, le fondemeût (7*)d^) des kabbalistes ? M. Bumouf cite aussi im commentaire pehlvi très ancien, où noQS voyons, comme dans le Sépher 4$tii^ah et le Zoto, les deux mondes représentés dans le symbole dHin charlxw emittttsé ; le monde supérieur, c'est la ffiuDme, et la natm visible, la matière enflammée. Commêni. sùr ie Jagm, pag. 111.