‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 160 sur 167 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

c< lière, il en est de même des terres qui sont en bas* (c Placées les unes au-dessus des autres, elles sont toutes ce habitées y mais par des êtres de diverses natures, cr comme il a été dit pour les cieux. Parmi ces êtres, « les uns ont deux visages, les autres en ont quatre, c< d'autres nW ont qu'un. Ils ne se ressemblent pas i( davantage par leur couleur : il. en est de rouges, de ce noirs et de blancs. Ceux-ci ont des vêtements; <c ceux-là sont nus comme des vers. Si l'on objecte que cr tous les habitants de ce monde sont également sortis Ci d'Adam, nous demanderons s'il est possible qu'Adam « se soit transporté dans tôutes ces régions pour les (c peupler de ses enfants? Nous demanderons combien cr de femmes il aurait *eues alors? Mais non/ Adam n'a ce existé que dans cette partie de la terre qui est la « plus élevée et qu'enveloppe le ciel supérieur^. » La seule différence qui sépare cette opinion de celle des Parses, c'est èpi'au lieu de regarder les sept parties de la terre comme des divisions naturelles d'une même

surface, elle nous les représente enveloppées les unes dans les autres et semblables, dit le texte, aux pelures d'un oignon (oSm n'?;»5 f Sk)-

Teb sont, dans toute leur simplicité, sans aucun ar-

1. Zohar,Z* part.^ pag. 9 verso et iO recto de rédition &Amsterdam, sect. Hipn. Nous nous faisons un devoir d^okserver que les idées né se suivent pas aussi lûen dans le texte. Noos avons été .obligé d^éearler beaucoup de répétitions et de digressions, non seulement inutiles, maié eztrénkement fiistidieuees et beaucQup trop longues à rapporter.

382 I.A KABBALB.

rangemeat systématique , les éléments qui constituât le fond commun la Içahbale et des idé^ religieuseg nées sous rin^ueOjCe du Zend Avesta* Quels qu'ea soient le nombre et Vimportance^ nous reculerioiis encore devaat la conséquence qui çésulte de ce parallèle^ si nous n'avioas paiement trouT^ dans les vres sacrés des £arses , toute la mythologie céleste et infomala, une partie da la liturgie et vAafud quel(|ue»^ uns des dogmes les plus essentiels du judaïsme. Ce-: pendant, ^ Dieu ne plaise que nous accusions l^s kab-c b^listes de n'avoir été que dç serviles. iinjltateui:§ ; d'ayoir adopté sans exavoyen, ou du moinf sans modi* ' (ication , en se bornant à les couvrir de ^'autorité des liyres saints, des kiéçs et des croyances tout i £ait étrangères. £n thèse générale , il est sans exemple qu'un peuple, si forte que soit sur lui Taction d un autrç peuple, en soit venu à abdiquer sa véritable fïxistence, qui est lexm'cioe 4d ses &cultés intérieures, pour se contenter d'upe vie, et, si je puis m'exprimer ^si, d'une âme d'emprunt. Or, il est impossible de . considérer la kabbale comme un fait i^olé, comnie un accident dws le judaïsme; elle en* est au coiitraire la vie et le cqbut; car si le ThaUnud $'est emparé de tout ce qui concerne la pratique extérieure, lexécution mar térielle dp la loi ; elle a gardé pour elle exclusivement le dpinaine de la spéculation, les plus redoutaUes problêmes de la théologie naturelle et révélée, sachant d'ailleurs exciter la vénération du peuple ^ijl montrant

TROISl&MS PARTIE. 383

elle-même, pour ses grossières croyances, un respect inviolable » et en lui laissant eniendce qu'il n'y avait rien daas sa foi ou dans son culte qui ne s'appuyât sur un mystère «ublime. Elle le pouvait san^ uster d'fu^ tifice, en portant à ses dernières conséquences le principe de la méthode allégorique. Àussi avons-nous vu à quel rang elle a été élevée par le Th^lmud et quel ascendant elle a su exercer sur l'imagination populaire. Les sentiments qu'elle inspirait autrefois se sont «conservés jusque, dans les temps les plus rapprochéa de nous ; car, c'est en s'appuyant sur des idées kabbalistiques que Sabbataï-Zévy, ce moderne Barchochebas^ avait ébranlé pour un instant tous les Juifs de Tunivers \ Ce spnt encore les mêmes Âdée^ qui» vers la fin du XVIII* siècle, ont excité la plus vive agitation parmi les Juifs de la Hongrie et de la Pologne^, donnant ui^ian sance à la secte des zoharites, des nouveaux 'hassidim, et conduisant des milliers d'Israélites dans le sein du christianisme. A considérer maintenant la kabbale en elle^même^ il est impossible d^ n'y pas yoir un immense progrès sur la théologie du Zend Avesta. Ici, en effet, qi^oiquampins absolu qu'on ne le ppnse commHuémefit, . quoique né en principe dans une religion qui reconnaît un seul être suprême, le dualisme est la pierre angulaire

1. Voy. Lacroix, Mémoires de l'empire Ottoman, p. 259 et suiv. — Peter Beer, ouvr. cit„ U II, p. 260 et suiv. — Bâsnago, Histoire des Juifs, liv. IX, etc. '

Page 1