‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 18 sur 167 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

pas se rendre à ces réflexions , que la science profonde, qu« l'autorité généralement reconnue du thalmu-* diste ' ne recommande pas moins que le bon sens du libre penseur. Nous y ajouterons une seule obsel-vation, d'une importance sans doute fort contestable aux yeux de la saine raison, mais igui n'est pourtant pas sans valeur dans l'ordre d'idées sur lequel portent ces recherches ^ et qùé nous sommes obligés d'accepter comme un fait historique : en comptant toutes les lettres dont se coinposent les ndms hébreux, les noms sacramentels des dix séphiroth de la kabbale, et en; ajoutant au nom de la dernière la particule finale, comme cela se pratique dans toutes les énumérations et dans toutes les langues, on obtient exactement le nombre quarante-deux. * N'est-il donc pas permis de penser que c'est là le nom. trois fois saint que l'on ne confiait qu'en tremblant à l'élite même des sages ? Nous y trouverions la pleine justification de toutes les rémarques faites par Maïmonides. D'abord, ces quarante-^ deux lettres forment, en effot, non pas un nom, comme on l'entend vulgairement, mais plusieurs mots. De plus, chacun de ces mots exprime, au moins dans l'opinion

1. Maîmoûides n'est pas seulement Tauteur de Touviage philosopbiqus appelé Manh NMxMohim; il aaussi composé, soosle.titre 4e ihin prU (npm *tO- ^ fif'^ ouvrage tbalmudique qui est en* oore aiôourd*hiiî' le iQanûél obligé des rabbins.

2. Voici les noms et les cliifflrestiui Indiquent le nombre de leu^s

lettres lion msSo nn mua nSna nao noan w

des kabbalistes, un attribut Essentiel dé la nature di-* \iae^ ou, ce c[ui est pour eux la même chose, une des formes nécessaires de l'Être proprement dit. Enfin, tous réunis, ils représentent, selon la science liabbalistique, selon le Zohar et tous ses commentateurs, là définition la plus exacte que notre intelligence puisse concevoir dti principe suprême de toutes choses. Cette manière de concevoir Dieu étant séparée par un abîme des croyances vulgaires, jon -comprendrait très bien toutes les précautions prises pour ne pas la laisser sortir du cercle des initiés. Cependant, nous n'insisterons pas sur ce point, dont nous sommes loin^ encore une fois, de nous exagérer Timpoi^ce : il nous Bulfit, pour le moment, d'avoir montré jusqu'à l'évidence le fait général qui ressort de toutes ces citations. .

Il existait donc , à l'époque où la Misçhna fut rédi- • gée, une doctrine secrète sur la création et sur la nature divine. On s'accordait sur la manière dont cette

. doctrine devait être divisée, et soa nom, excitait chez ^ ceux-là mômes qui ne pouvaient la connaître une sorte de terreur .religieuse. Mais depuis quand «xistait-elle? Et si nous ne pouvons pas déterminer avec précision le temps de sa naissance, quel est du moins celui où commencent seulement les ténèbres qui enveloppent

. son origine ? C'est à cette question que nous àUons maintenant essayer d^ répondre. De l'avis des historiens les. plus dignes de notre confiance, la rédaction de laMischna fut terminée au plus tard en l'an 3949 de

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la création, et 1 89 de la naissance du Christ* . Or, il faut nous rappeler que Judas le saint n'a fait que recueillir les préceptes et les traditions qui lui furent transmis par les thanaïms ses prédécesseurs; par conséquent, les paroles que nous avons citée^s les premières, celles qui défendent de livrer imprudemment les èe^tet» de la eréation et de la Mercaba, sont plus anciennes que le livre qui les renferme. Nous ne savons pas, il est vrai, qui est Fauteur de ces paroles; mais cela même est une preuve de plus en faveur de leur antiquité ; car si elles n'exprimaieht que l'opinion d'un seul, elles ne seraient pas revêtues d'une autorité sufiisante pour fiûre loi, et, eômme on le^fait toujours en pareille circonstance, on.nommerait ceiui qui doit en être reqpiOn->* sable. Nous sommesvd'aufant plus fondé à penser ainsi, que Maïmonides, en les rapportant dans la préface de son ouvrage le plus remarquable , se sert de cette' expression ; « Ils ont dit, cent dont la mémoire soit bénie, » ^ Q^IDM*. En outre, la doctrine eUé-méme est nécessairement antérieure kM loi ^ui interdit de la divulguer. U fallait qu'elle fût connue, qu'elle eût aê-> quis déjà une certaine autorité, avant qu'on aperçût le danger de la répandre, je ne dirai pas dans le peuple, mais parmi les docteurs et les maîtres en Israël. Nous pouvons donc, sans crainte d'être trop téméraire, là

1 . Woy . Schalscheleth hakabalah, ou la Chaîne de la tradition, par R. Guedalia, fol. 23 vers., et David GaDZ, Tzmaoh David, fol. 23rect.

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