Morinus, J?xerc»(ah*ones6iWc«F, p
Schalscheleth hakaballah, fol. 20, vers.
3. La première édition du Sepher ietzirah est. celle de Maaloua, publiée en 1S65, tandis que la fibroDique dont nous voulons parler.
90 Lk SABBAtS.
plusieurs aané^ après la chronique qui tient d'être çy-
tée, se rapporte évidemment au livre qui est aujourd'hui entre nos mains ; la plupart dea expressions du texte y sont fidèlement conservées, et il est évident qu'il n'a pas été lu par Thistorien dont nous venons de rapporter les paroles. Au reste, le premier qui ait substitué le nom d'Akiba.à celui d'Ahraham, c'est un kabbar* liste du xvf siècle, Isaac Delatès, qui, dans sa préface du làhaTj se demuide : « Qui a permis à . R. Âkiba f< d'écrire le Livre de la création^ sous le nom du parff- triàrche Abraham? » Ces tonnes, que nous avons sayé de conserver Mèlemçnt, sont évidemment contraires i la distinction que nous vpulons détruire ; et cependant celle--ai ne repose, en dernier résultat, que sur isette seule autorité. L'aiiteur ân Livre de U tr^iian n'est donc pas .encore découvert* Ce n'est pas nous qui déchirerons le voile qui iious caché son nom ; nous doutons même que cela soit possjible, avec les faibles éléments dont nous pouvons disposer. Mais Tincertitude à laquelïè nous sommes condamné sur cé point ne peut jamais s'étendre aux propositions suivantes, que nous croyons avoir démontrées^ et qui, au besom, péuvent suffire à l'intérêt purement philosophique qu il faut chercher dans ces. matières : 1® L'ouvrage hébreu, intitulé le Livre de la création, dont il existe aujourd'hui
m CMns de là tradition (Sehalscheîeth hàkàbaiahi, a d^à été imprimée à Imbla, en tM9.
PUSMliOlB PARTIE. 94
plufiieiirs éditions, est bien celui dont il est parlé sous
le même titre et dans le Thalmud de Jérusalem et dans celui de Babylone; 2^U n'a pu être écnt que dans le temps où vivaient les premiers docteurs de laiVIiscfaïai c'est-àrdire pendant cette période qui embrasse le sid^ cle qui précède et le demi-siècle qui suit immédiatement la naissance du Christ.
CHAPWHEffl.
AUTHENTICITÉ DU lEOHAR.
Un intérêt bien plus vif, mais aussi de bien plus
ff8N» dif&cultés sont attmshés au monument dont il
nousresteeacore àparler. Le Zohar ou le livre de la lumière est le code universel de laki^bale. Sous la modeste forme d'un commentaire sur le Pentateuque, il touche» avec une entière indépendance, à . toutes les questions de l'ordre spirituel, et quelquefois il s élève à des doctrines dont la plus fprte intèlligence pourrait encore .se gloriâer de nos jours. Mais il est loin de se maintmir toujours à cette hauteur ; trop souvent il descend à un langage, à des sentiments et à des idées qui décèlent le dernier degré d'ignorance et de superstition. On y trouve, à côté de là mâle simplicité et de l'enthou-
92 LA KABBALS.
siasme naïf des temps bibliques, des noms, des faits, des connaissances et des habitudes qui nous transpor-tent au ^milieu d une époque assez avancée du moyen ftge. Cette inégalité dans la forme comme dans la pensée, ce bizarre mélange des cai^actères qui distinguent des temps très éloignés les uns des autres, enfin le silence, presque absolu des deux Tbalmud, Tabsence de documents positifs jusqu'à la fin du xiii* siècle ont fait naître sur r<Hrigine et sur Tauteur de ce livre les opinions les plus divergentes. Nous allons d'abord les rapporter d'après les témoignages les plus anciens et les . plus fidèles; nous essaierons ensuite de les juger, avant de nous prononcer nous-même sur cette question difficile. • :
Tout ce qui a été dit, tout ce que généralement Fon pense encore aujourd'bui de la formation et de l'anti-* quité àn Zohar, est résumé d'une manière assez impartiale par deux auteurs que nous avons déjà plusieurs fois cités. <c Le Zo&ar , dit Abraham ben Zaeouth, dans « son Livre des généalogies \ le Zohar dont les rayons « èdairent le monde ^, qui renferme les plus profonds c< mystères de la loi et.de la kabbale, n est pas l'œuvre « de Simon bcto Xoèhaï, quoiqu'on Tait publié sous son f( nom. Mais c'est d'après ses paroles qu'il a été rédigé c€ par ses disciples, qui confièrent eux-mêmes à d'^au-
\. l^Dnv ISp p. 42 et. KZ. L'autour de ce livre florissait en 14d2. .% n &ut 86 rappeler que le mot Zohar Signifie lumière.
^ESMlàRE PARTlfi* • 93
(c très disciples le soin de continuer leur tâche. Les pa-ic rôles du ZoKar n'en sont que plus eonfomes à la ce vérité, écrites comme elles le sont par des hommes ir qui ont vécu asses tard pour connaître la Misdina, et (( toutes les décisions, tous les préceptes de la loi cr orale* Ce livre n'a été divnlgué ({u'apràs la mort de « K. Moïse ben Nachman et de R* Ascher qui ne Tout If pas connu Voici en quels termes s'eïprime sur le même sujet le rabbin Guédalia, auteur de la célèbre dirdnique intitulée La chaên$ â» la Êraâiliùn.*^ t< \ets {< l'an cinq mille cinquante de la création (1290 de J.fr CJ) il se trouva diverses personnes qui prétendaient c( que toutes les parties du Zohar^ écrites en dialecte (c de lériisalera (lé dialecte thalinudique) , étaient de la <c composition de R. Simon ben Joehaï, mais que tout cr ce qui est en langue sacrée (l'hébrc^u pur) ne doit pas K lui être attribué. D'autres affirmaient que R. MoïSe « ben Nachman ayant fait là découverte de ce livre N dans la Terre; Sainte, Tenvaya en Catalogne, d'où il « passa en Aragon et tomba entre les mains de R. Moïse fc de Léon. Enfin jAusieurs ont pen^ que ce R> Moïse « de Léon était un homme instruit, qu'il trouva tous (f ces -commentaires dans sa propre ima^^tion, et
c< qu afin d'en retirer un .grand profit de la part des sar-
1. Le premier de ces deux rabbins célèbres, après avoir passé la plus grande partie de sa vie en Espagne, est mort à Jérusalem eii 1300; le second florissait en 1320.