REM1ÈRE PARTIE
à un impostoar, appelé Moïse de Léon, et ne peuvent le faire remonter plus haut qu'à la fin du xiii^ ou au eommeneement du in* siède* Enfin, d'aùtms ont paru cherclier un terme moyen entre ces deux opinions extrêmes, en supposant que Simon ben Joehaï s'est con^tenté de propager sa doctrine par renseignement oiral,, et que les souvenirs qu'il laissa ou dans la mémoire on dane les eabiere de sea dise^lea ne. furent réunis que plusieurs siècles après sa mort, dans le livre que noua poaaédoas aujourd'hui sous le nom de Zokor.
La première, de ces opinions, considérée dans un sens abs<^^ quand on prend à la l^ifere les termes dans ' lesquels nous Tavons exposée, mérite à peine une rtfu^ tatioQ sérieuse. Voici d'abord le fait sur^ lequel on. a voulu la fonder et que nous emprunterons au Thalmud * : ce Jdioudah , R. Jessé et R; l^on ben Joebal « étaient un jour réunis et près d'eux se trouvait un ce certain Jdboudah ben Guèrim Alors R^ Jehondah-dit a en parlant des Romains : Que cette nation est grande fr dans tout ce qu'elle bit I Voyez^ eomme elle: a éonf> a struit partant des ponts» des marehés et des bains « pul^lies ! À ees mots, R. Jossé gardsrle silenoe; mais a Simon ben Joehaï répondit ^; EUe n'a rien fait qui
.1. JMm. Sàb^i IVmi; tMat^, €b. tt» ftrt. U.
% ona ]2 Ce nom sigâifis lit^ftialenmt 4ê9oendm4 dê pmé* lytef. On veut probablement donner à entendre, d'après un sentiment très commun chez les anciens, que son sang étranger élit la vraie cause de 8a trahison. ^
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ti n'ait pour but son propre avantage ; elle a fait con-* « struire des marcbés pour y attirer des femmes per- « dues, des thermes pour s'y rafraîchir, et des ponts ic pour y percevoir des impôts* R. Jehouddh bea Guè- « rim allant raconter ce qu'il avait entendu, le fit pai^ « . venir aux oreilles de César, et celui-ci rendit un arrêt « ainsi conçu : Jehoudah qui m'a exalté sera élevé en u dignité; Jossé qui a gardé le silence sera exilé à Tzi- « pora (c'est-à-dire à Chypre) ; Simon qui a médit de <c moi sera mis à mort. Aussitôt celuî^si, accompagné « de son fils, alla se cacher dans la maison d'étude, dont t< 4a^ardimne léor apportait chaque joiir uin pain et (( une jatte d'eau. Mais la proscription qui. pesait sur ff lui étant trèsisévère, Simon dit à son fils : Les. femmes « sont d'un caractère faible; il est donc à craindre que, «r pressée de quesidons, notre gardienne ne finisse par (( nous dénoncer. Sur ces réflexions ils quittèrent cet (x asile et allèrent se cacher au tmà d'une cavmie. Là, « par. un miracle opéré en leur faveur, J)içu créa auscc sitôt un caroubier et une source d'eau. Siinon et son (c fils se dépouillèrent de leurs vêtements, et. ensevelis « dans le sable' jusqu'au cou, ils passèrent tous leurs « jours dans la méditation de la loi. Us vécurent ainsi rc4ahs cette caverne pendant douze ans^ jusqu'à ce (( que le prophète Élie^ paraissant à l'entrée de leur rerr traite, leur fît entendre ces mots : Qui annoncera au « fils de Jocbaï que César est mort et son arrêt tombé (( dans l'oubli? Sortez et voyez pomment les hommes
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PRBmàâB PA&TIB* 97
fc cultivent et ensemencent la terre. » C'est , dit-QU (mais ee n'est plus le Thalmud qui Tassure), pendant ces douze années de solitude et de proscription que Simon ben Joehal, aidé par son fil^l Éléazar, composa le fameux ouvrage auquel son nom est resté attaché. Quand même on aurait écarté de ce récit les eircon** stances fabuleuses qui s'y mêlent» il serait encore difficile d'admettre comme légitime la conséquence qu'on en tire; on ne dit pa$ quels furent l'objet et le résultat de ces méditations dans lesquelles les deux proscrits cherchaient à oublier leurs peines. Ensuite, on trouve dan$ le Zohar une multitude de faits et de noms que Simon ben Jochaï, mort quelques années après la rUine de Jérusalem , au commenceoient du second siède de rère chrétienne, ne pouvait oertainemeilt pas connaître* Comment, par exemple, aurait-il pu parler des six par^ ties dans lesquelles se divise la Mischna, écrite à peu près soixante ans après lui ' ? Comment pourrait-il mentionner et les auteurs, et les procédés de la Gtêé^ mara, qui commence à la mort de Judas le saint et ne finit que cinq siècles après la iiaissance du Christ^?
1. Zçhar, édit. de Ifanioue, 3* part., fol. 26. — fol. 29 vers. Ncms citons de préférence ce dernier passage, où Ton, compare les six traités de la HMmi à six degrés da trône suprême : ^rto T\W
2. Tous les termes de la discussion thalmudique sont énumérés dans le passage suivant : lans i<^x:^p n nnî^n nK
TOjr im Kn^m hi nTt;a niuv hdSh ]^Jh hi n^anSai ^p 3« part., foi. .i55 rect , édit. de Manioue. \pm
9S LA ÉABBA^Ë«
Gopuneni auraiWil appris les noms des points Yoyelles et des autres înTontions àe l'école der Tibériade, qu'on peut faire remonter tout au plus au commencement du Yi* siècle'? Plnsiears critiques ont cm observer que, sous le nom d'ismaëlites^ il est aussi question dans le Xokar des Arabes mahomé tans, que tous les écrits publiés par les Juifs modernes désignent de la même man nière. 11 est, en effet, difficile de ne pas admettre cette interprétation dans lopatlsa^ suivant :
a La lune est à la fois le signe du bien et le signe du mal. La pleine lune, c'est le bien; la nouv^é lune, « c'est le mal. Et parce qu'elle comprend en même k temps le bien et le mal, les enfants d'Imfi»! et cent « d'Ismaël Tout prise également pour règle de leurs f/ ealculs« S'il arrivé une éelipse pendant la pleine lune, (( ce n'est pas un bon présage pour Israël; si, au con- ^ traire, l'éclipsé a lieii pendant la nonVélle lune (une éclipse de soleil), c'est un mauvais présage pour Isinàëh Ainsi se vérifient éès paroles du piropbète (c (Is. XXIX, 14) : La sagesse des sages périra et la pru-*
<f dence dès hommeé intelligents sera obseuirc^ie ^»
Cependant nous ferons remarquer que ces mots n'appartiennent pas au teïte : ils sont empruntés & iin^ commentaire beaucoup moins ancien, qui a pour titre :
1. Genèse, col. i52 et 153. — Lévit., 57 vers. — Édit. Mantoue, V* p^t, foK 24 vers., fol. 15 vers, et pass.
JU pédê fa$um^ HjJS^HD ^C^JT^ et que» de leur propre autorité, les premiers' é^teurs ont substitué au lékmr, partottl où daas. oelui-oi ils ont eru trouver un^ la^
cane. . ,
On aurait pu trou w dans le /ekar même VB passage
plus décisif, car voici ce qu'un disciple de Simon ben
JoçhaîpréteiidaToir entendu de la bouehe de son maître:
(( Malheur sur l'instant où Ismaël a été enfanté au monde
ff et m6tu du signe de la eireoncision I Car, que fit le
K Seigneur^ dont le nom soit béni? 11 exclut les enfants
« d'Isaoaël de lunion oéleste. Maîa comme ik avaient le
(c mérite d'avoir adopté le signe de l'alliance, il leur ré-
(c serva iei4)as une part dans la possession de la Terre
« Sainte. Les enfants dlsmaël sont donc destinés à ré-
a gnersurlalMrreSainte^etikempèi^êrDntlesiBnfimts
(( d'Israël d'y revenir. Mais cela .ne durera que jusqu'au
H temps où le mérite des enfànts d'famael sera épnkét
a Alors ils exciteront dan^ le monde des guerres terri-
K bleê; les enftmtsd'Édom se réuniront contre euic et
f( les combattront, Içs uns ^ur terre, les autres sur mer,
ic et d'autres prètf de Jérusalem. Lavietoire sera tantôt
« à ceux-ci. tantôt à ceux«là ; mais la Terre Sainte ne .
(f sera pas livrée aux mains des enftmts d'Édom. » Pour
. bien compçendr.e le sens ik ces UgaeSi il suffit de savoir
que sous le nom d'Édom les écrivains juifs (je parle
de ceux qui ont fait usage de rbébreu) ont d'd)ord dé^
signé Rome païenne^, puis ils l'ont étendu à Rome
chrétienne et aux peuples chrétiens en général. Or, il ne
péut pas 6tr« quiestion ici de Rome païenne } donc on
a voulu parler de la lutte des Sarrasins contre les chrétiens,, et mftme des croisades, avant la prise de Jénisalem. Quant à la prédiction de Simon ben Jochaï, je n'ai pas besoin de dire de quel poids elle doit être dans notre jugement* Mais je ne veux pas insister plus longtemps sur la démonstration de ces faits, aujourd'hui généralement connus et répétés à l'envi par tous les critiques modernes ^ Nous y ajouterons seulemenit une dernière observation, qui, je Tespère, ne sera pas perdue pour la conclusion 4 laquelle nous voulons finalement arriver. Pour avoir la conviption que Simon ben Jocbal ne peut pas 6tre l'auteur du Zokar et que ce livre n'est pas, comme on le prétend, le fruit de treize ans de méditations et de solitude, il suffit de donner quelque attention a.ux récits qui s'y mêlent presque toujours à l'exposition des idées. Ainsi, dans le fragment intitulé ÏIdra iouta, VMSït KTIK, que nous espérons traduire au moins en grande partie^ et qui forme dans cette immense compilation un épisode admirid>le à tous égards, Simon, sur le point de mourir^ réunit autour de lui, pour leur donner ses dernières instructions, le petit nombre de ses disciples et de ses amis, pairmi lesquels se- trouve son fils ÉléaBar. c< Toi, dit^l
. i. D^'^SDH nriDiata 3« part., fôl. 281 vers*, édit. de Mantoue. Voy. Peter fieer, Bist. des sectes du jttdiOme^ S* part., p. 30 et suiv. — Iforiaus, £amvj«at. (Mêo., nh. 2, «ntercit^ d.— Wolf,B«<î(»<*» hébr. >