Cologne, 1533, et
PRÉPACB. 45
des sciences Ce n'est certaiiiement pas le premier, ' comme on pourrait le croire , qui a rendu le plus de services à Tétude de la kabbale. Tout au coutraire^ en perdant de vue le e6té métaphysique, c'esMirdire l'essence même et le fond réel de ce système^ en s'attachant seulement à la forme mysticpie et la développant jusqu'à ses dernières conséquences, jusqu'à l'astrologie et à la magie, il n'a pas peu contribué à en détourner, même à leur insu, les esprits graves et sérieux. Mais Agrippa sceptique, Agrippa revenu de tous ses enivrements, et rendu en quelque sorte à l'usage de la raison, a compris la Mute antiquité des idées kabbaliati^ ques, elles rapports qu'elles présentent avec les diverses sectes du gnosticisme^; c'est lui aussi qui a signalé la ressemblance qui existe entre les attributs divers reconnus par les kabbaliates, autrement appelés les dix sé/hiroih et les dix noms mystiques donl parle saint Jérôme dans sa lettre à Marcella'.
Postal est le premier, que je sache, qui ait traduit en latin le plus ancien, et il faut ajouter le plu9 obscur monument de la kabbale; je veux parler du livre de la
1 . De Incertitudine et vanitate scientiarum ; Col. , 1527 ; Paris, 4529; Anvers, 1530.
2. Ex hoc cabalisticae superstiiionis judaïco fermente prodierunt, puto, OphitSB, GnosUci et Vaientiuiani baeretici, qui ipsi quoque cum discipulis suis graecam quamdam cabalam commeoti sunt, etc. J)» Vamtat^ sdenS,^ c 47.
S. Dê OceuUà Phaosoph.y lib. ID, C. u. ^
Digiiized
16 PRÉPACK*
Création (Sepher ielzirah^)^ attribué par une tradition fabuleuse, tantôt au patriarche Abraham, tantôt^ Adam lui-même. Autant qu'il est permis déjuger de cette trarducticoy dont roUscorité égale au moins cfille du texte, elle nous paraît généraletpent fidèle. Mais il faut renoncer à récueillir le moindre fruit des commentaires dont elle est suivie, et où l'auteur, se faisant l'apùtre d'une nouTelle révélation, fait servir son érudition si . féconde et si riche, à justifier les écarts d'une imagination déréglée. On attribué aussi à Postel une traduction inédite du Zohar, que nous avons vainement cherchée parmi les manuscrits de la Bibliothèque royale*
Pistorius s'était proposé un but plus modeste et plus ntilè, celui de réunir en un seul recueil tous les écrits publiés sur la kabbale, ou pénétrés de son esprit ; mais il s'est arrêté, on ne sait pourquoi, à la moitié de son œuvre. Des deux énormes volumes dont elle devait se composer dans Torigine, l'un était consacré à tous les ouvrages kabbalistiques écrits en hébreu, et par conséquent sous l'influence du judaïsme; l'autre aux kabbalistes chrétiens, ou, pour me servir des paroles mêmes de l'auteur, t< à ceux qui, faisant profession de christiar nisme, se sont toujours distingués par une vie pieuse et honnête, et dont les écrits, pour cela même, ne sauraient être repoussés comme des extravagances judaï-*
i. Abraham patriarchœ liber Jezirah^ ex hehrœo versus H eom^ mentarn$ iUustriau8 à GuiMmo PoitOh ; Paris, itS^ in-16.
P&ÉFAGB. 47
ques\ » C'était une sage précaution contre.les préjugés du temps. Cependant, ce dernier volume est le seul qui ait paru^. 11 contient, outre la traduction latine du Sephe^ ietziràh et les deux onvrages de Reuehlin dont nous avons déjà parlé, un commentaire mystique et tout à &it arbitraire sur les thèses de Pio de la Bliraibdole% une traduction latine de l'ouvrage de Joseph de Gastille, qui a servi de basé au â&V0rbo minfico^ et enfin divers traités de deux auteurs juifs que 1 étude de la kabbale a conduits tous ims. à se convertir au christianisme : l'un est Paul Ricci (Paulus Riccius), médecin de Tempereur Maximilien I*', Tautre, le fils du célèbre Abravanel, ou Jehoudah Abiavanel, plus connu sous le nom de Léon l'Hébreu. Ce dernier, par ses IHaleguei d'amour*, dont il existe dans notre langue plusieurs traductions^, mériterait sans doute une place distin-
1. Scriptores coîlegi qui christianam religionem professi, reîigiosè honestèque vixerunt et quorum proptereà libros, tanquam jiuidicam delirationemy detestari nemo potest, Praef., p. 2. •
2. Artis cêMUtiinB, h,.ê, recondita theoiogiœ et pkHoeoplwé icrip^ Comm, tom. I; Ba8il.« 1887, in-f^.
S. ÀrdumgtK Burgcntnmtialinterfink^^ in mkatiora o6miiriùraque CahaÊiàatmn âogmata, Ib. supr.
Ils ont été écrite^n italien sous titre : Dialoghi de amcre, composti per Leone medico, di natione hehreo et di poi fatto chris* tiano, Rome 1555, in-4°, et Venise 15 41 . Cependant il est à remarquer qu'il est cité par Irira, sous le nom de Rabi Jehoudah Abarbanel, parmi les philosophes juiis.: phUosophonm nostratium, (/n'r. Porta cœl, dissert. H, ch. â.)
a. L'une est deSanasiOfVatttredePontusdd Tbiaid etunetioîsièmejdu seigneur du Paie.
48 piiépa£b.
guée dans une histoire générale du mysticime; mais son oeuTre ne se Tattaohant qu'indirectement à la kaln baie, il sufût de rappeler ici quelle en est la source, et de montrer, en passant, sons une de teurs faces les plus importantes, les idées dont on a tiré de seii^lables conséquences* Ricci, beaucoup plus occupé -de k forme allégorique que du fond mystique des mêmes tradi^ tions, se contente de suiTFc de loin les trsfces-d^ lleiiclilin, et cherche à démontrer oonmie ki, par des procédés kabbalistiques, toutes les croyances essentlellee du christianise. Tel est le caractère de son-principal ouvrage, qui a pour titre t'âe VÂgriemhwrêt4ih»(9^.H est aussi l'auteur d'une introduction à la kabbale^, où il se borne à résumer, sous wie ferme assez- rdplde,- ke opinions déjà exposées par ses devanciers. Mais il ne hit pas comme eux remonter jusqu^anx patriarches, jusqu au pèr^ du genre humain, les traditions dont il est rinterprète ; il lui suffit de croire qu'elles existaient
De caiesti Agriculturd. Il se compose de quatre livres : le premier est une réfutation des philosopbes qui repoussent l(BclifiskiifàBBie comnsa contnike à la.rfSsob ; le demôème e^t dâigé contre le judabme moderne, contre le systdttie tiialmiidiinie, et teodà démontrer, par une interprétation symboliqne de l'ÉeritQre, qne tous les dogmes chrétiens sont dans l'Ancien Testament; le troisième a pour but de concilier les opinions qui divisent le christianisme, en leur faisant à chacune leur part, et de les appeler toutes à Tunité catholique ; dans le quatrième seulement il est question de la kabbale du parti qu*on en peut tirer pour la oonvession des Juife.
S. bagogein èabbalHêktnm midi^kmm^ HifMMMifi IMor#fiuifa eahaHUtiea,
.faéfàce. 19 déjà quand Jésus-Christ est venu prêcher sa doctrine,
.et qu'elles avaient. préparé les voies à la nouveUe élrliâaoe; car, ees milliers de juifs qui ont accueilli la foi de rÉvangile, ss^ /abandonner la loi de leurs
.n'étaient pas autre. chose, sdon lui, que les kabl^listes du temps \ ie veux seiilemMt nommerfiei Joseph Voysin, dont
Je pJius gisaAd ttérite envers la )uJ»bale est d'avôii» traduitt «ssea fidèlement du ZaAar plusieurs textes rela-
; t^â à ia, nsAure de l'âme \ et je mo hâte d'arriver à dés travaux pUisimpoEtaitoj au ntoins par l'influence ipi'ils
.ont exercée.
LenomdeKiréher ne peut pas être prononcé sans une profonde vénération. C'était une enqyelopédie vivmite de toutes tes «eiebées; du moins aucune n'est-elle restée complètement en dehors de son érudition prodigieuse, et il y en -a plusieurs «u nombre desquelles on compte principalement 1 archéologie, la philologie et les scien- . mnaturellès, qui lui > doi'Vent d'inipoifantes découvertes.. Mais il est connu que ce savant hommebriUe- pas prtr les qualités qui fimt te eritique et le philosophe, et qu'il est même parfois d'une cirédulité peu
1. .V Cabala ciqus {medpui (band diibi^) ta^ cultores i^jW liebneorcàn Christi auditomm et sacram cgus do^îriniun atque fidei piiiateiD amplectantiimi^ mmU tamen paterne legis. De Cœlesu i4^ictt/<., 1. IV, ad init.
2. Disputatio cabaliatica fi. Israël filii Mosis de animà, etc. adjectis commentants ex Zohar; Paris, i^>-^SikTheQlogia Jfwkmtnmu'^ prend rien sur la kabbale.
20 PRtiFACB.
commutie. Tel est le earaetère qu'il montre surtout dans spn exposition de la doctrine des kabbalistesV Ainsi il ne doute pas un instant qu'elle n'ait été d'abord apportée en Égypte par le patriarche Abraham, et que de là elle ne se soit répandue peu à peu dans le reste de TOrient, se mêlant à toutes les religions et à tous les systèmes de philosophie. Mais en même temps qu'il lui reconnaît cette autorité imaginaire et cette fabuleuse antiquité, il la dépouille de son mérite réel : les idées originales et profondes , les croyances hardies
. qu'elle rrniferme, tes plus eurieux aperçus sur le fond de toute religion et de toute morale,, sont entièrement perdus pour sa fiiuble vue, frappée seulement de ces
' formes symboliques dont Tusage et Tabus semblent être dans la natui^ même du mysticisme. La kabbale est pour lui tout entière dans cette grossière enveloppe, dans ses nûUe combinaisons des lettres et des nombres, dans ses chiffres arbitraires, enfin dans tou^ les procédés plus ou moins bizarres au inoyeu desquels, for*çant les textes sacrés à lui prêter leur appui, elle trou- Tait un accès dans des esprits rebelles à toute antre autorité qu a celle de la Bible. Les faits et les textes que j'ai rassemblés dans cç travail se diargeront de détruire ce point de vue étrange et me dispensent de m'y orttar plu. longtemps. Je dim ieulement que Kireher,
i. Œdipus jEgyptiacus^ tom. U, pàrU 1. — Cet ouvrage a été publié à Rome, de 165M6^.
PEÉFAGB. 21
ainsi que Reuchlin et Pic de la Mirandole; n'a connu que les ouvrages des kal>baU8tes modernes, dont le grand nombre, en effet, s'est arrêté à une lettre morte et à des symboles vides de toute idée*
n n'existe pas aujourd'hui, sur le sujet qui nous oe^ cupoy une ouvre plus complète, plus exacte» plus di-^ gné de notre respeet par les travaux et les sacrifices dont elle est le fruit, que celle du baron de Rosenroth, ou la KàHMê iémliê On y trouve, accompagnés d'une traduction généralement fidèle, deatextes pré^ deux, entre autres, les trois plus anciens fragments du Zohar^ c'estràrdire du monument le plus important de la kabbale; et à défont de textes, elle nous offlre des analyses étendues ou des tables très détaillées. Elle renferme-aussi, ou de nombreux extraite, ou des traités tout entiers des kabbalistes modernes, une sorte de dictionnaire qui nous prépare . à la connaissance des choses, encore plus qu'il ne donne celle des mots; et enfin, sous prétexte, et peut-être dans l'espoir sincère de convertir au christianisme les adeptes de la kabbale, l'auteur a réuni tous les passages du Nouveau Testai ment qui offrent quelque ressemblance avec leur doctrine* U ne fàntpas cependant se £ûre illuéioDPsoir -fo* caractère de ce graud ouvrage : il ne répand pas plus de lumière qiie.ceux qui l'ont précédé, sur l'orif^»
i. Kabbala denudata , seu Doctrina Hebrœorum transcendentaf tis, etc., tom. II; Solisb., 1677, lom.fl, liber Zoliar resUtutus;
FiancL, f 6a4, M""* ' '
22 PBÉFACB,
sur b frftBBmbiim de la kabbale et Taiitlieiilioité de ses plus aaçiena moouments. Vainemeiit aussi Ton y dben^evait une eiposition régulière et eomplète du système kabbalisUque; il contient seulement les matériaux qui doivent entrer et se fondre diuisr une mme pareille; et même, à le considérer uniqu^imt sous oette fooe» il n'est pas au-dessus des atteintes die k-<n4tique» Quoique beaucoup trop sévère dans ses exprèsflîottSyCe n'est pas sans justiee que Suddé l'ajppelle ff uiie œuvre obscure et confuse^ où le nécessaire, et ce qui ne Test pas^ l'utile et le Suporfia, sont confondus pèlemèle dans un même cbaos'.» 11 aurait pu bellement, griee i- un meilleur diois, être plus riohe sans -amir plus d'étendue. En effets pourquoi n'avoir pas laissé à leur platoe, e'est-àrdive, dans le recueil même de ses osuvref, les rêveries de Henri Morus, qui n'ont rien de commun avee la théoliogie mystique des Hébreux^? J en dirai autant de l'ouvrage prétendu kabbalistique d'Irira. Ce raUoin espag^l, d'ailleurs, remarquable par son érudition pbilosopbique, ne s'est pas contenté de substituer aux mis principes de la kabbale les modernes, traditions de l'école d'Isaac Loria mais il trouve eneore la seeret. de les défigurer en y mêlant les idées de
1. GonflisiiiB et obMsonini ofviis, in qno neGMarîB oum non neoe88aril6,utttiaeaminutflibu8,coDflD8asaDt,etiniium velatcbaos enqecta {Introd. ad Mil, Mr.).
2. Il se dit lui-même de cette école, ayant eu pour maître Israël Senig, le disciple immédiat de Loria {Porta cœlor,, dissert, IV, c. 8).
PEÉFAG«. 23.
Platon, d'Aristote, de Plotia, de Proclus, d'Avicenne, de-^ic d« l|i IIiraD4ok, 6a un mot^ toiutc» qu'il mi 4^ la philosophie grecque et arabe. C'est lui principalern^h douta i amiie de Tordra didactique de ses . dissertations et de la précision de son langage , que le^ hipilorjws mo^jmoA de b philosophie ont pris pp^. guide dans leur exposition de la kabbale; et qu'on s'^tomict afijti» Cfi\tL si l'on a si souveat attribué à, cette science une origine toute récente, ou si l'on y a cru Yoir UA^, paJ^ iiuitatioo^ ua. plagiai msl déguisé^ d'ag.<tres systèmes parfaitement connus! Enfin, puisque l'i^VltpBr ^ la iTaMoia dpm^^^ u'a paa. voulu s'en nÎF aux sources les plus anciennes, et nous faire èonnsuitce^ p^r des citations plus Qombjreusesi tout ce qu'il y aepcore d'originalit4 et de faits intéressants enfouis dans . le Zohar> pourquoi .cette prédilectpn pour le& commentaires d'IsaaeLoria, dont un homme en jouisr sanc^ 10^ sa, raisou ne soutient pas la leotuire 2 Les sacri-* flces et les laborieuses veilles qu'il en- a coûté , de l'aveu i^ème de l'auteur, pour produire au jour ces stériles diimères, n'auraiept-ils pas été employés plus utilement à cette longue chaîne de kabbalistes encore trop ignorés, qui commence à Saadiab, aux environs du X' siècle, et ûnit avec le xiii% à Nachman^de? On aurait en ainsi sous les yeux, en y comprenant celles qui composent le Zohar, toute la suite des traditions kabbar listiques, depuis le moment où Ton commença de les écrire, jusqu'à celui où le secret en fut complètement
24 PHÉPACE. '
violé par Moïse de Léon ^ Si cette tache était trop difiieile, on pouvait au moins consacrer une place aux œuvres si estimées de Nachmanide le défenseur du célèbre Moïse ben Maïmon, et dont les connaissances kabbalistiques inspiraient une si vive admiration , qpi'on les disait apportées du ciel par le prophète £lie. Malgré ces lacunes et ces nombreuses imperfections, le consciencieux travail de Rosenroth restera toujours comme un monument de patience et d'érudition; il sera consulté par tous ceux qui voudront connaître les produits de la pensée chez les Juifs, pu qui aimeront jà observer le mysticisme sous toutes ses formes et dans tous ses résultats. C'est grâce à la connaissance plus approfondie qu'il a donnée de la kabbale, qu^ <^tte doctrine a cessé d'être étudiée exclusivement, ou comme un instrument de conversion, ou comme une science occulte. Elle a pj-is place dans les recherches philosophiques et philologiques, dans Thistoire générale de la philosophie^ et dans la théologie rationnelle, qui a essayé d'expliquer à sa lumière quelques passages difficiles du Nouveau Testament.
I. On troarera sur tous ces nomsi propres des renseignements saffisammeot éteodiis dans la première partie de ce travail*
t. Nacbmanide ou Moïse ben Nachman, appelé par abréviation Ramban ( ) est né à Grenade, et florissait vers la fin du xni* siècle. Il était médecin, philosophe , et avant tout kabbaliste. Ses principaux ouvrages sont un Commentaire sur le Pentateuque
n-nnn Sy), le Livre de la foi et de l'espérance (jnnoani nano« tsd)
et la loi d« l'homme (o*TH t\y\î\)*
FEtTACB. 25
Le premier que dous voyons marcher dans cette direction, c'est George Wachter, âiéologien et philosophe distingué^ faussement accusé de spinosisme, à cause deFindépendance de son esprit, etauteur d'une tentative de conciliation entre les deux sciences auxquelles il consacrait un égal dévouement ^ Yoici d'abord à quelle occasion il vint à s'occuper de la kabbale : séduit par ce système, auquel, du reste, il était assez étranger, un protestant de ia confession d'Augsbourg se convertit publiquonent au judaïsme, et substitna à son véritable nom, Jean-Pierre Speeth, celui de Moses Germanus. 11 eut la folie de provoquer Wachtw à l'imiter^ et engagea avec lui une correspondance d'où sortit le petit livre intitulé : le Spinaiimê dam b> judaUm*. On ne trouvera pas dans cet ouvrage beaucoup de lumière sur la nature et sur Torigine des idées kabbalistiques ; mais il soulève une question du plus haut intérêt : celle de savoir si Spinosa était initié à la kabbale, et quelle influence elle a exercée sur son système* Jusqu'alors c'était parmi les savants une opinion {rnsque générale qu'il existe une très grande affinité entre les points les plus importants de la science des kabbalistes et les dogmes fondamentaut de la religion chrétienne. Wachter entreprend de démontrer que ces Aea% ordres d'idées sont
i . L'ouvrage où il poursuit ce but a pour litre : Concordia rationis «t fidei^ êioe Harmonia phiUmpkiœ morato et rdigioni9 ckrisUanœ.; imst., îm, In-a^. '
S. Amsterdam, 1699, allemand. .
36 (ftÉr4€ii.
sépiM^s ï\m de 1 autirq p^. ua abîme; car la l^bale, à se» yeux» n!e»t povaalre.clioMqneralbéisiDdy 1»b^^ tioa de Dieu et la déiiicatioa du moade^ doctrine qu'il ciKiU éire^odle 4tt phUosoph» Indlftodrâ^ et: i bwpidle Spinosa aurait seulement donné une forme plus modm^ NoHs n'wùOA pua à redmcher m fsi les deux systèmes sont en eux-mêmes bien ou mal appréciés, mais St'il y a quelqae réalité dans; la auoeewiom. historir que ou dans le rapport de filiation, qu on veut établir «atre-eu. ht» aeiifes prenvea qar<m en étmm (car je ne compte pas les analogies et les ressemblaaoes plu^ QU vmnsr âoigftées); eon^almt en iem imaigea en
effet très importants : l'un tiré de l Éihiqu^^ et l'autre daa lettre» de Sj^inosa. Yoieid'abQrd le derniet Qnaiid
j'affirme que toutes cJboses existent en Dieu., et qu'en lui
. tout se meut» je parte eeinam .eai^
les philosophes de l'antiquité, bien que je m'exprime d'une asEtre fa^oB» et j oeerai àième ajouter, epmme
tous les anciens Hébreux, autant qu'on peut en juger
paveerteuieatamditiQiia eitéi^ade.bieA deamnASyree^ »
Évidemment il ne peut être question, dans ces lignes, que dea teadUienft kebliaUstiquea^ car oellea qfue les
juifs ont réunies dans le Thahnud ae sont que des ré*
1. Omnia, inquam, inBeo^SBe, etinDeo ]&ôT6ri,4mnl Fiuiloafflnno, et forte etiam cum omnibus antiquis philosopbis, licet alîo modo, et auderem etiara dicere , cum aatiquis omnibus Hebraeis, quantum ex quibusdam traditionibus, taioetsi imUtis mod^ adult^iatis coAjicere lioet (£jp»«t« }UU).
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PRjtTJUSB. 27.
cit^ (hagada)^ ou des jpis çérémomelles (Jialacha), Le passage de VEAiqùé est enoi^re plus déeisiL Aprèsavoir parlé de ruaité de substance, Spinosa ajoute : u C'est le princips que qiwlqpei^iuis d'e^tjpe les Hébreux semy blent avoir aperçu comme au travers d'un nuage, quand ito ont pensé qus Dieu» que rintelli^nee de.Dieu et les obj^ets sur lesquels elle s'exercç sont une seule et même cl|ase^» Qn ne saurait se mépvendrç le sens histon rique de ces psy^oles si on veut Lefr rapprocher des lignes suivantes, que noua tcaduisona {msque Uttéralement d'un ouvrage kabbalistique , le commentaire le plu|» Q^èle qpû existe aur le Zohar : « Laseienee du evéc^em n'est pas comme celle des créatures ; car, chez celles-ci, la science est distiuote du sujet.de la seienoe, elr poE^sur des objets qui, à leur tour^ se distinguent du sujet. C'est cela q^'on désigne par ces trois termes : 1» pe&r sée, ce qui pense et ce qui est pensé. Au contraire, le créateur estluinnàme» tout à la foist 1^ connaissance, et: eeuqui connaît, et ce qui est connu. En effet, sa manière de connaître, ne consiste pas à appliquer sa pensée, à des choses qui sont hors de lui; c'est en se connaissant et. en se sacbant lui*-niâme qu'il connaît et aper^ çoit tout ce qui est. Rien n'existe qui ne soit uni à lui et qu'il ne trouve dan» sa propre substance. Il est le type de tout être, et toutes choses existent en lui sous
1. Hoc quidam Ilebraeorum quasi per nebulam vidisse vîdentuf , qui scilicet statuunt Deum, Dei intellectum, resque ab ipso iateUecr tas, unum et idem esse {Eth* part. U, prop. 7, Scbol.}.
28 PBÉrACB.
leur forme la plus pure et la plus accomplie ; de telle sorte que la perfection des créatures est dans cette exi»^ tence même par laquelle elles se trouvent unies à la source de leur être ; et à mesure qu'elles s'en éloignent, elles déchoient de cet état si parfait et si sublime ^ » Que faut-il conolure de là? Que les idées et la méthode cartésiennes, que les développements tout à fait libres de la raison, et par-dessus tout, que les. aperçus individuels, comme aussi les écarts du génie, ne sont pour rien dans4aplus aûdadeuse conception dont Thistoire de la philosophie moderne puisse nous offrir rexêmple?.Ce serait un étrange paradoxe que nous n'entreprendrons même pas de réfuter. D'ailleurs, il est facile de voir, par lès citations mêmes sur lesquelles on s'appuie, que Spinosa n'avait de la kabbale qu'une idée s<mimaire et fort incertaine, dont il a pu reconnaître l'importance après la création de son propre système^. Hais, chose étrange I nptèâ avoir dépouillé Spinosa de toute originalité au proût de la kabbale , Wachter fiûtde cette doctrine elle-mteie un plagiat misérable, une compilation sans caractère à laquelle auraient contribué fousles siècles pendant lesquels ellçeat ré»-