‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 8 sur 167 · I^KÉFACE · texte numérisé non relu

I^KÉFACE

€t d(mt l'origme se perd dand une «ntiqnité mystérieuse. Les premiers chrétiens, les plus anciens pères de l'Église, n'avaient pae d^mtre philosophie S et c'est elle qui a mis Spinosa sur la voie de la vérité. L'auteur insiste viveunn t mt m peint» dent il fait le eentfe de -ses recherches.

Qaeiffoé t^s snperAciel dans tente son étendoe^ et quelquefois fort inexact, ce parallèle entre la doctrine de Spinosa et cdie des kàbbàlisles n*'a pas peu con- . tribué à éclairer les esprits sur la vraie signification îieeeltetteniitoe; je irent pailler de sote etoactère et de 4Res prineipes métaphysiques. On fut mis en voie de ^asmirer qtte^èe qui avait- produit d'abcMil tant de surprise et de scandale, que Tidée d'un Dieu, substance WHcpiei cause immanente et natnre réelle de toat ce qui •est, n'était pas un fait nouveau ; qu'il avait déjà paru autrefois pi^du beMseau.du christianTsme^ même de la religion. Mais cette idée se mràtre aussi taillenta, di^s ime antiquiié non mdins reculée. Où

donc en faut-il chercher l'origine? Est-^e la Grèce ou l'Êgypte des Ptol^néé qui l'ont donnée à la Palestine?

£sirce la Palestine qui l'a trouvée d'abord ? ou bien faut-il remonter plus loin encore dans l'Orient? Telles aont les questions dont on se préoccupa alors; tel est aussi, excepté un petit nombre de critiques umquemoit

I. ... Hœc philosophia, ab Hébnois accepta, et sacris Eccl^ae patribus tantopere commendata, post tempqra nicaena mox expiravit. (16. iupr.)

attentife à la ferme , le seifs qu'oa a toujeurs attaché depuis ànx ti^adîtions kabbalistîques. Il ne s'agit plas d^UBe eertai» méthode d'mterprétatien appliquée à rÉâ4lM#iàfiile, yû ûemyMrm lent à ladl «aiMi^M» de la ^eDieu lui-mtaie aurait réTéléSi soit à

IfiSlse, (soit A iArÈlbom, Mit i Adm^ iomAi d^eoie science j^urement hamaine, d'im systèiae représMitant A ini^ mû\ tome la mM^pfaysiqtre d'an anmea peaple, et par là méiatte d^itti gcmà mtéràt pour^i'histi^ireMde r^e^irit hMMÉi. Cesl le poiÀt de •vne.fAiilesopMqtte, «ncere me fois, qui a pris la place de laUégorie et du nystimsiM. 'Cet- ei^ iie m iMiitfe'fias 49idblmirt dans r^aposition de Bracker, ou il est pal^Adtemeut 4 ia^flfeee^naiik il perattdottimr généialnBeM^ en i78â, une société savantCi la Société des antiquités de Gasiel, Mtiit, on eeMOQM.aeÉdéttiqÉe sur le si^^t suivant : ce La doctrine des kabbalisle8)< selon laquelle toatea tAosee sont.' mftpnitéwp» éMMiftlIw de Tes- ^ sénee même de Dieu^yient-eUe, ou non, de la philosopU0fvee^ê?oiilialheiiviiMmeftt la >ëpoiiMfâitib«ttiH coup moins sensée cpie ne l'était la. question. L'ouwage qai rnnpotta le prix fert peu emumiet peu digne* 4e l'être, ne répand aucune lumière nouvelle sur» la nature imèBBHfde>lakâèba|e;et, quantàTeriginedèieesyB^^ ' û se borne à reproduire jesjables les plus discréditées \

\. Delà Nature et de Vvrigine^iU (• doUréiô 4ê PémmfUliim «A«s (èf kabbatiêtêti Riga, 17^ in^» en adleoMuid» .. ;

32 PBÉTACB.

11 nous montre les idées kabbalistiques dans les hymnes d'Orphée, dans la philosi^hie de Tbalès et de Pythagore; il les fait contemporaines des patriarchés^ et nous les donne sans hésiter pour Tantiqae sagesse des Chiddéens. On en sera moins surpris quand on saura que Fauteur était de la secte des illuminés, qui, à l'exemple de toutes les associations de ce genre, faisait remonter ses annales jusqu'au berceau même du genre humain Mais à cette époque, ce qu'on appelle en Allemagne la théologie rationnelle, c'eet-àp* dire cette manière tout à fait libre d'interpréter l'Écriture sainte^ dont Spinoea aTait donné l'exemple dans son Traité thiologtco-poUtiquej faisait de la kabbale un fréquent usage. Elle s'en servait, eonime je l'ai déjà dit» pour éclaircir divers passages des lettres de saint Paul, relatifs à des hérésies eontemporaines. ElleaaussiTOulu . y trouver l'explication des premiers versets de l'Évangile de saint Jefta, et a cherché à la r^dre utile, soit à l'étude du gnosticisme , soit à l'histoire ecclésiastique en général'. Dans le même temps, Tiedn^iuan et TennemAnn viennent lui donner, en quelque sorte, acte de posiestien de la place que Brucker lui a consacrée le premier dans l'histoire, de la philosophie. Bî^Ktôt pàn^ réeole de Hégd, qui ne pouTi^t majiqùer de tirer parti d'un système où elle trouvait sous une

I. Foy. Iholiick, dê Ortu CMakf; Hamh.» iaï7, pag. 3. S. roy. Iliolnck, oavnge dté, pag; 4.

âatre forme 'qaelqae»wies de ses propres doctrines;»

Cependant une réaction ne tarda pas à s'opérer contre cette école à jamais célèbre, et c'est évidemment sous Tiufluence de ce sentiment que fut écrit l'ouvrage intitulé : KabMùmê et PaïUkUme^ L'aùteor de ce petit livre s'efforce de prouver qu'il n'existe aucune ressemblance entre les deux systèmes dont il entreprend le parallèle, et cela en dépit de Tévidence ; car il arrive souvent que les passages sur lesquels il s'appuié sont diamétralement opposés aux conséquences qu'il en tire. Du reste, très inférieur, pour l'érudition, à k plupart de se» devanciers, malgré l'appareil pédantesque et le luxe de citations dont il lui a plu de s'entourer, .il ne se jpkoe au-dessus d'eux, ni par la critique des sources, ni par Ti^ppréciation philosophique des idées. Enfin, récemment, un homme qui occupe ajuste titre un rang éminent parmi les théologiens et les orientalistes de l'Allemagne, M. Tholuck, a voulu aussi apporter sur ce sujet le tribut de sa science et de sa critique exercée. Mais, comme il ne s'est occupé qûe d'un point parti* euUer, c'estràrdire, de l'origine de la kabbale, et que * d'ailleurs l'appréciation de ses opinions éxige utie discussion approfondie, je me suis réservé d'en parler, en temps plus opportun, dans le corps de ce trayail. 11 en est de même pour tous les écrivains modernes dont

I. Kabbidimus et ^aatheimus^ par M. Freystadt. Kœnigsberg, 1832, in-S». ' ' •

34 raÉFACB.

les noms» quoiqu'ils eussent mérité une plaee id^ n'ont

pas encore été prononcés.

Tels sont, en substance, les efforts qui ont été bits jusqu'aujourd'hui pour découvrir le sens et T origine des livres kabbalistiques. Je ne voudrais pas que» firappé seulement de ce qu'ils ont d'incomplet, on en pût coudure que tout est & reoommenoer. Je suis eonvaincu,aa contraire, que les travaux, et même les erreurs de tant d'esprits distingués, ne peuvent pas être impuntomt ignorés de quiconque veut étudier sérieusement la niâme matière. Quand môme, en efiet,' on pourrait abordai sans aucun secours les monuments originaux, il serait toujours nécessaire de oonnaitre à lavance les interprétations très diverses qu'on leur a données jusqu'à présent; car chacune d'elles correspond à un ^ point de vue assez fondé en lui-même, mais qui devient faux lorsqu'on s'y arrête exclusivement. Ainsi, pour fournir en même temps la preuve de ce que je viens de dire et le résumé de tout ce qui précède, ceux-ci ne considérant dans la kabbale que sa'forme allégorique et son caractère traditioimel, Tout accueillie avec un mystique enthousiasme, comme une révélation anticipée des dogmes chrétiens; ceux-là lont prise pour un art occulte, frappés qu'ils étaient des efaiffires étranges, des bizarres formules sous lesquelles elle aime à cacher son intention réelle, et des rapports qu'elle établit sans cesse entre l'homme et toutes les parties dç l'univers ; d'autres, enfin, se sont emparés surtout de son principe

métaphysique , et ont voulu y trouver un antécédent^ tantôt honorable > tantôt honteux, de la philosophie de leur temps. On conçoit qu'avec des études partielles et incomplètes, conduites par des préoccupations très diverses, on ait pu trouver tout cela dans la kabbale, sans être précisément en contradiction avec les faits. Mais pour en avoir une idée exacte et découvrir la place qu'elle tient réellement parmi les œuvres de Tintelligenœ, il ne faut l'étudier ni dans l'intérêt d'un système, ni dans celui d'une croyance religieuse ; on s'efforcera seulement, sans autre -souci que celui de la vérité, de fournir quelques éléments trop peu connus encore à l'histoire générale de la pensée humaine. C'est le but auquel j'ai voulu atteindre dans le travail qu'on va lire, et pour lequel je n'ai épargné ni le temps ni les recherches.

Page 1