LIBRAIRIE DE L. HACHETTE RUE PIERRE-SARRAZIN
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A Monsieur D. Cousin,
Pair de France, ancien Ministre et Membre du Conseil royal de l’Instraction publique, etc.
MonsrEtur,
Vous daignerez accepter l’hommage de ce livre, pour lequel vous avez déjà témoigné la plus bienveïllante sollicitude. Depuis le jour où j’en ai conçu Ja première pensée jusqu'à celui où je l'ai cru mûr pour la presse, votre intérêt ne lui a pas manqué un seul instant. Ce sont vos conseils, j'oserais presque dire vos sollicitations, qui m'ont donné le courage d'y. consacrer quatre ans de veilles et d'incessantes recherches. Enfin, vous lui avez ouvert les portes de l'Académie
des sciences morales et politiques, et l'exemple de votre propre bienveillance n’est sans doute pas étranger à l’accueil qu'il a trouvé près de cette illustre compagnie.
Cependant, ce faible témoignage de ma reconnaissance et de mon respect ne se fonde pas seulement sur des motifs personnels. En publiant le résultat de mes études sur l'une des questions les plus obscures de l’histoire de la philosophie, aurais-je pu ne pas me rappeler que cette science, sans laquelle la philosophie elle-même est sans base, sans vérité et sans étendue, c’est vous, Monsieur, qui l’avez pour ainsi dire créée en France; que ce sont vos travaux et votre influence qui l'ont élevée en peu de temps au rang qu'elle occupe aujourd’hui et d'op elle pe peut plus desanäre? Or, avec le rôle que vous. lui avez fait, l'histoire de la philosophie n’est pas seulement une œuvre de science ; c'est aussi une œuvre de réparation et de justice ; c'est l'unité intellectuella et le respect du genre humain substitués à l’orgueil individuel et aux dédaigneuses prétentions des systèmes ; c'est la part de chacun et de tous, des temps et des hommes, des peuples comme des individus, dans ce travail commun de l'intelligence, qui a commencé avec la société, qui ne finira qu'avec elle, et dont le champ c’est l'infini. C'est à cette pensée que j'ai voulu m'associer dans la mesure de mes forces. C’est ainsi que j'ai compris votre appel à tous ceux qui aiment la philosophie pour ellemême et qui ont foi dans sa saine çause. Pour ceux-hà, il n'existe point de préoccupations de cirognstance. Ils seropt assez pations pour laisser mowrir de sa propre impuissance ça petii parti rétrograde qui s’agite au milieu de nous, oubliant dans son a veuglement qu’il n’eurait pas pu naltre sans le mouvement apiritualiste et religieux, récemment imprimé aux esprits par la régénération des études philosonhiques. |
Je termine en exprimant le vœu que ce laborieux fruit de mes efforts ne soit pas un hommage trop indigne de vous, et que, daus tous les cas, il vous laisse au moins la persuasion de mon dévouement respectueux.
Ap. FRancCx.
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