Magna Bibliotheca rabbinica, 4 vol. in-f
1. J. F. Buddeus, Introductio ad Historiam philosophiæ Hebræorum ; Halæ. 1702 et 1721, in-8.
ont copié plus ou moins Brucker, comme Brucker luimême avait mis à contribution les dissertations plus néoplatoniciennes et arabes que kabbalistiques du rabbin espagnol Abraham Cohen Irira . Après toutes ces éliminations, il me reste encore à parler d’un assez bon nombre d'auteurs qui ont fait de la doctrine ésotérique des Hébreux une étude plus sérieuse, ou à qui du moins il faut accorder le mérite de l'avoir tirée de l'obscurité profonde où elle était restée enfouie jusqu'à la fin du xv° siècle.
Le premier qui ait révélé à l’Europe chrétienne le nom et l'existence de la kabbale, c’est un homme qui, malgré les écarts de son ardente imagination, malgré la fougue désordonnée de son esprit enthousiaste, et peut-être par la puissance même de ces brillants défauts, a imprimé aux idées de son siècle une vigoureuse impulsion : nous voulons parler de Raymond-Lulle. Il serait difficile de dire jusqu’à quel point il était initié à cette science mystérieuse, et quelle influence elle a exercée sur ses propres doctrines. Je me garderai d'affirmer, avec un historien de la philosophie?, qu’il y a puisé lacroyance à l'identité de Dieu et de la nature. Mais il est
4. Irira ou Héréra appartient au xvnsiècle. Son principal ouvrage, Porte des Cieux (Porta cœlorum) a été composé en espagnol , sa langue maternelle, puis traduit en hébreu, et enfin en latin, par l'auteur de la Kabbalah denudata. Il en sera encore une fois question un peu plus-bas.