‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 137 sur 202 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sans répéter ici ce que nous avons dit précédemment de l'ignorance et de l'isolement où se trouvaient, les uns par rapport aux autres, les Juifs de la Palestine

et ceux de l'Égypte, nous pourrions ajouter à ces considérations que le nom de Philon n’est jamais prononcé par les écrivains israëlites du moyen âge : ni Saadiab, ni Maimonides, ni leurs disciples plus récents, ni les kabbalistes modernes ne lui ont même consacré un souvenir, et aujourd'hui encore il est à peu près inconnu parmi ceux de ses coreligionnaires qui sont demeurés étrangers aux lettres grecques. Mais nous n'insisterons pas plus longtemps sur ces faits extérieurs dont nous sommes loin de nous exagérer l'importance. C’est, comme nous l'avons dit à l'instant, dans les opiions mêmes de notre philosophe, éclairées par les travaux de la critique moderne‘, que nous allons chercher la solution du problème qui nous occupe.

On ne trouvera jamais dans les écrits de Philon quelque chose qu'on puisse appeler un système, mais des opinions disparates, juxtaposées sans ordre, au gré d'une méthode éminemment arbitraire, je veux parler de l'interprétation symbolique des Écritures saintes. Liés entre eux par un lien unique, le désir qu’éprou- vait l’auteur de montrer dans les livres hébreux ce qu'il y a de plus élevé et de plus pur dans la sagesse des autres nations, tous les éléments de ce chaos peuvent

4. Gfroërer, Histoire critique du christianisme primitif. — Daehne, Esposition historique de l'école religieuse des Juifs d'Alexandrie, Halle, 14834. — Grossmann, Quæstiones Philoneæ, Leipsick, 1829. — Creuzer, dans le journal intitulé : Études et critiques relatives à la théologie, année 1832, 1°° livraison.

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