‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 14 sur 202 · Moreh Nebouckim, préf. pan no Win NUM 1UYO · texte numérisé non relu

Moreh Nebouckim, préf. pan no Win NUM 1UYO

St MOTTE NAN 713270 AUYON .

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Voici un autre passage, où le même fait nous apparaît d’une manière non moins évidente : « Rabi Jochanan « dit un jour à rabi Eliezer : Viens, que je t’enseigne « l’histoire de la Mercaba. Alors ce dernier répondit : « Je ne suis pas encore assez vieux pour cela. Quand « il fut devenu vieux, rabi Jochanan mourut, et quel- « que temps après rabi Assi étant venu lui dire à son « tour : Viens que je t'enseigne l’histoire de la Mercaba; « il répliqua: Si je m'en étais cru digne, je l'aurais déjà « apprise de rabi Jochanan, ton maître‘. » On voit par ces mots, que, pour être initié à cette science mystérieuse et sainte de la Mercaba, il ne suffisait pas de se distinguer par l'intelligence et par une éminente position, il fallait encore avoir atteint un âge assez avancé; et même, lorsqu'on remplissait cette condition également observée par les kabbalistes modernes *, on ne se croyait pas toujours assez sûr, ou de son intelligence, ou de sa force morale, pour accepter le poids de ces secrets redoutés, qui n'étaient pas absolument sans péril pour la foi positive, pour l’observance matérielle de la loi religieuse. En voici un curieux exemple rapporté par le Thalmud lui-même, dans un langage allégorique dont il nous donne ensuite l'explication.

« D'après ce que nos maîtres nous ont enseigné ; il

4. Méme Traité de ’Haguiga, Guémara de la deuxième proposition.

2. Ils ne permettent pas avant l’âge de quarante ans la lecture du Zohar et des autres livres kabbalistiques.

PREMIÈBE PARTIE. 57

« y en a quatre qui sont entrés dans le jardin de déli- « ces, et voici leurs noms : ben Asaï, ben Zoma, Acher «et rabi Akiba. Ben Asaï regarda d’un œil curieux et «. perdit la vie. On peut lui appliquer ce verset de l'Écri- « ture : C'est une chose précieuse devant les yeux du « Seigneur, que la mort de ses saints ‘. Ben Zoma re- « garda aussi, mais il perdit la raison, et son sort jus- « tifie cette parole du sage : Avez-vous trouvé du miel ? « mangez-en ce qui vous suffit, de peur qu'en ayant « pris avec excès, vous ne le rejettiez?. Acher fit des ra-

« vages dans les plantations. Enfin Akiba était entré «en paix et sortit en paix; car le saint, dont le nom « soit béni, avait dit : Qu'on épargne ce vieillard, il est « digne de servir à ma gloire ?. » Il n’est guère possible de prendre ce texte à la lettre, et de supposer qu'il s’agit ici d’une vision matérielle des splendeurs d'une autre vie : car, d’abord, il est sans exemple que le Thalmud, en parlant du Paradis, emploie le terme tout à fait mystique dont il fait usage dans ces lignes *. Ensuite, comment admettre qu'après avoir contemplé de son vivant les puissances qui attendent dans le ciel les élus, ou en perde la foi ou la raison, comme il arrive

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