De Ebrietate
3. De Migrat. Abrah., ed. Mang. 1. I, p. 395, 413. — Leg. alleg., même éd., t. I, p. 50. — De Vit. contemplat.
4. Dors chv côparos érudav Muye dariv oboç mpovonréos, cüre xat Ta
TROISIÈME PARTIE, 323 certaines lettres ; elle exprime seule la pensée de notre philosophe, et établit un rapport de plus entre lui et les kabbalistes. En même temps elle justifie ce que pensaient les thalmudistes de leurs coreligionnaires initiés aux sciences grecques.
De tout ce que nous venons de dire résultent deux conséquences extrèmement importantes pour l’origine de la kabbale. La première, c’est que cette doctrine traditionnelle n’a pas été puisée dans les écrits de Philon. En effet, puisque tous les systèmes grecs, et l’on peut dire la civilisation grecque tout entière, ont laissé chez ce dernier des traces aussi nombreuses, aussi intimement mêlées à des éléments d’une autre nature, pourquoi n’en serait-il pas de même dans les plus anciens monuments de la science kabbalistique ? Or jamais, nous le répétons, on ne trouvera ni dans le Zohar, ni dans le livre de la création, le moindre vestige de cette civilisation brillante, transplantée par les Ptolémées sur le sol de l'Égypte. Sans parler des difficultés extérieures, précédemment signalées, et que nous maintenons ici daus toute leur force, est-ce que Simon ben Jochaï et ses amis, ou les auteurs quels qu'ils soient du Zohar, auraient pu, sans autre guide que les écrits de Philon, y démèêler ce qui estemprunté aux divers philosophes de la Grèce, dont les roms sont rarement prononcés par leur disciple d'Alexandrie, et ce qui appartient à une autre
Enrov vauüv Énipeknréo….. modç & xal vas Gno Tüv moXGy piuQuç xaÙ xatn-
qopizs red pou. De Migrat. Abrah. ”
doctrine, fondée sur l’idée d’un principe unique et immanent, substance et forme de tous les êtres? Une telle supposition ne mérite pas d’être discutée. D'ailleurs, ce que nous avons appelé la partie orientale du syncrétisme de Philon est loin de s’accorder sur tous les points importants avec le mysticisme enseigné par les docteurs de la Palestine. Ainsi, Philon ne reconnaît en tout que cinq puissances divines, ou cinq attributs; les kabbalistes admettent dix Séphiroth. Philon, même quandil expose avec enthousiasme la doctrine de l’'émanation et de l’unité absolue, conserve toujours un certain dualisme, celui de l'Étre et des puissances, ou de la substance' et des attributs, entre lesquels il nous montre un abîme infranchissable. Les kabbalistes considèrent les Séphiroth comme des limites diverses, dans lesquelles le principe absolu des choses se circonserit luimême, ou comme des vases, pour me servir de leur propre langage. La substance divine, ajoutent-ils, n'aurait qu'à se retirer, et ces vases seraient rompus et desséchés. Rappelons-nous aussi qu’ils enseignent expressément l'identité de l’tre et de la pensée. Philon, toujours dominé à son insu par cette idée de Platon et d’Anaxagore que la matière est un principe distinct de Dieu et éternel comme lui, se trouve naturellement conduit à considérer la vie comme un état de déchéance et le corps comme une prison : de là aussi son mépris pour le mariage quil regardait seulement comme une satisfaction donnée à la chair. Tout en admettant avec