TROISIÈME PARTIE
Déjà le Thalmud avait une vague connaissance‘ des nombreuses infidélités de cette antique traduction, pour laquelle cependant il exprime la vénération la plus profonde. La critique moderne a démontré jusqu'à l'évidence qu’elle a été faiteau profit d’un système éminemment hostile à l’anthropomorphisme biblique, et où l’on trouve en germe le mysticisme de Philon ?. Ainsi, quand le texte sacré dit positivement * que Moïse, son frère et les soixante et dix vieillards virent le Dieu d'Israël sur un trône de saphir ; selon la traduction, ce n’est pas Dieu qui à été aperçu, mais le lieu qu’il habite *. Quand un autre prophète, Isaïe, voit le Seigneur assis sur son trône et remplissant le temple avec les plis de sa robe”, cette image trop matérielle est remplacée par la gloire de Dieu, la Sché’hinah des Hébreux‘. Ce n’est pas en réalité que Jéhovah parle à Moïse face à face, mais seulement dans une vision; et il est probable que cette vision, dans la pensée du traducteur, était purement intellectuelle”. Jusqu'ici nous ne voyons encore que la
énrpou rüv évcudrov, lEaiax xdAn vonuérev lupspousva xarid'oëox, De Vitd contemplativd, t. II, pag. 475, ed. Mang.