Chap. 7, v
3. Voy. dom Calmet, Dissertation sur l’auteur du livre de la Sa-
gesse, dans son commentaire littéral de l'Anc. Testam., et Daehne, ouvr. cité, liv. II. 92
qu’une critique plus savante que la nôtre ait résolu ces questions’. Au reste, les faits que nous venons de recueillir suffisent à nous démontrer que la kabbale n'est pas plus le fruit de la civilisation grecque d'Alexandrie que du platonisme pur. En effet, parlez-vous seulement du principe qui sert de liase à tout le système kabbalistique, à savoir : la personnification de la Parole et de la Sagesse divine, considérée comme la cause.immanente des êtres ? Vous le trouverez à une époque où le génie particulier d'Alexandrie était encore à naître. Et où le trouverez-vous? Dans une traduction pour ainsi dire traditionnelle de l’Ecriture et dans un autre monument d’origine purement hébraïque. S'agit-il des détails et des idées secondaires; par exemple des différentes applications de la méthode allégorique, ou des éonséquences qu'on a pu tirer du principe métaphysiqué dont nous venons de parler? Vous apercevrez sans effort une assez grande différence entre les écrits de Philon et ceux des kabbalistes hébreux.
4. Nous croyons cependant que les sources hébraïques étaient familières à l'auteur ; car on trouve chez lui des légendes apocryphes qui n’existent pas ailleurs que dans les Midraschim de la Palestine. Telle est celle de la manne prenant toutes les qualités des mets dont on avait le désir; telle est aussi la croyance que Joseph était devenu roi de l'Égypte, et que pendant les trois jours de ténèbres les Égyptiens ne pouvaient conserver aucune lumière artificielle. Sap., chap. 16, v. 20-23. Voy. dom Calmet, Préface sur le livre de la Sagesse.