‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 164 sur 202 · D SN · texte numérisé non relu

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choix de Sion pour demeure de la Sagesse ne doit pas être regardé comme une simple métaphore, mais il signifie, comme le dit expressément la tradition que nous avons citée, que l'esprit de Dieu ou le Logos agit immédiatement et sans intermédiaire sur les prophètes d'Israël’. Comment concevoir aussi que la Sagesse, si elle n’a rien de substantiel, si elle n’est pas en quelque sorte l'organe et le ministre de Dieu, ait établi son trône dans une colonne de nuée, probablement la même colonne qui marchait devant le peuple hébreu dans le désert? ? En somme, l'esprit de ce livre, comme celui dela version des Septante et de la paraphrase chaldaïque d'Onkelos, consiste à placer entre le souverain Étre (6 vbioros) et ce monde périssable une puissance médiatrice qui est en même temps éternelle et la première œuvre de Dieu, qui agit et qui parle à sa place, qui est ellemême sa parole et sa vertu créatrice. Dès lors, l’abîme est comblé entre le fini et l'infini : plus de divorce entre le ciel et la terre; Dieu se manifeste par sa parole, et celle-ci par l’univers. Mais sans avoir besoin d'être reconnue d’abord dans les choses visibles, la parole divine arrive quelquefois directement aux hommes sous la forme d’une inspiration sainte, ou par le don de la prophétie et de la révélation. C’est ainsi qu’un peuple a été élevé au-dessus de tous les autres peuples, et un

4. Chap. 17, v. 15. Magie xupicu lopatà icntv. 2. Ô Opcvog po év arÜe vapianc,

homme, le législateur des Hébreux, au-dessus de tous les.autres hommes. J'ajouterai que, dans ce résultat si important pour nous, la théologie est parfaitement d’accord avec la critique; car, si vous consultez, sur l’ouvrage qui fixe actuellement notre attention, les traductions les plus orthodoxes, par exemple celle de Le Maistre de Sacy, vous y verrez signalées de nombreuses allusions à la doctrine du Verbe‘. Nous pourrions peut-être en dire autant du livre de la Sagesse, dans lequel on a depuis longtemps remarqué un passage ainsi traduit par de Sacy : « La Sagesse est plus active que les choses « les plus agissantes..… Elle est une vapeur, c’est-à- « dire une émanation de la vertu de Dieu et J’effusion « toute pure de la clarté du Tout-Puissant.….. Elle est « l'éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de « la majesté de Dieu et l’image de sa bonté. .N'étant « qu'une, .elle peut tout; et toujours immuable en elle- « même, elle renouvelle toutes choses; elle se répand « parmi les nations dans les âmes saintes, et elle forme « les amis de Dieu et les prophètes ?. » Mais le caractère général de cet ouvrage nous paraît plutôt se rapprocher de la philosophie platonicienne que du mysticisme de Philon. Et comme on n'en connaît encore ni l'âge ni la véritable origine* ; nous avons cru devoir attendre

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