TROISIÈME PARTIE
Zohar et du Nouveau Testament qui présentent entre ‘eux quelque affinité. Au lieu de les suivre, dans cette voie et de nous rendre leur écho, nous qui sommes étranger à toute polémique religieuse, nous aimons mieux rechercher ce qu’il y a de commun entre la kabbale et les plus anciens organes du gnosticisme. Ce sera pour nous un moyen de nous assurer si les principes dont nous voulons connaître à la fois l'influence et l’origine n’ont pas été répandus en dehors de la Judée; si leur influence ne s'est pas exercée encore sur d’autres peuples absolument étrangers à la civilisation grecque, et par conséquent, si nous ne sommes pas dès lors autorisé à regarder la kabbale comme un reste précieux d’une philosophie religieuse de l'Orient, qui, transportée à Alexandrie, s’est mêlée à la doctrine de Platon, et, sous le nom usurpé de Denys l’Aréopagite, a su pénétrer jusque dans le mysticisme du moyen âge.
D'abord , sans sortir de la Palestine, nous rencontrons, au temps des apôtres, à Samarie, et probablement dans un âge déjà avancé, le personnage assez singulier de Simon le Magicien. Quel était cet homme qui jouissait au milieu de ses concitoyens ‘ d’un pouvoir incontesté et d’une admiration sans bornes ?? II
4. L'opinion la plus généralement admise, c’est que Simon était de Gitthoï, bourg samaritain. L’historien Josèphe est le seul qui parle d’un Juif, originaire de Chypre, qui se faisait passer pour magicien ( Antiquit., liv. XX, chap. 7.)
2, Act. apost., VIII, 40.
pouvait avoir des idées assez basses sur les motifs qui nous portent à partager avec les autres les dons les plus sublimes, mais assurément ce n’était pas un imposteur, puisqu il plaçait les apôtres au-dessus de lui et qu’il voulait obtenir d'eux à prix d'argent le privilége de communiquer l'esprit saint ‘. J'irai plus loin, je pense que son autorité eût été vaine si elle n'avait pas eu pour appui une idée bien connue et depuis longtemps accréditée dans les esprits. Cette idée, nous da trouvons exprimée très nettement dans le rôle surnaturel qu'on attribuait à Simon. Le peuple tout entier, disent les Actes, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, le regardait comme une personnification de la grande puissance de Dieu : Hic est virtus Dei quæ vocatur magna *. Or, samt Jérôme nous apprend que par là notre prophète samaritain n’entendait pas autre chose que le verbe de Dieu (sermo Des) *. En cette qualité, il devait nécessairement réunir en lui tous les autres attributs divins ; car, d’après la métaphysique religieuse des Hébreux, le Verbe ou la Sagesse renferme implicitement les Séphiroth inférieures. Aussi saint Jérôme nous donne-t-il pour authentiques ees paroles que Simon s'applique à lui-même : « Je suis __« la parole divine, je possède la vraie beauté ; je suis