TROISIÈME PARTIE
terreurs qui l'accompagnent, avee la résurrection des morts en esprit et en chair‘. Toutes ces croyances, on les trouve, il est vrai, dans le Boun-Dehesch * et dans le Zend Avesta, sous une forme non moins explicite que dans la Genèse; mais, nous le répétons avec une conviction parfaite, c’est beaucoup plus haut qu’il en faut chercher la source. Nous ne pouvons pas en dire autant du judaïsme rabbinique, beaucoup plus moderne que la religion de Zoroastre : ici, comme nous allons nous en assurer, les traces du parsisme sont de la dernière évidence, et nous comprendrons sur-lechamp quel jour peut en rejaillir sur l’origine de la
animaux qu'ils venaient de tuer, et se firent des habits de leurs peaux : c'est le Seigneur faisant des tuniques de peau à Adam et à Eve. Ensuite ils découvrent le fer, se font une hache avec laquelle ils coupent des arbres pour se construire une tente ; enfin ils s’unissent charnellement, et leurs enfants héritent de leurs misères. (16. supr.)
4, Au jour de la résurrection, l'âme reparaîtra d'abord; elle reconnaïtra son corps; tous les hommes se reconnaîtront. Ils seront divisés en deux classes, les justes et les darwands (les méchants). Les justes iront au Gototman (le paradis) ; les darwands seront de nouveau précipités dans le douzakh (l'enfer). Pendant trois jours, les premiers goûteront, en corps et en âme, les jouissances du paradis ; les autres souffriront de la même manière les peines de l'enfer. Ensuite les morts seront purifiés, il n’y aura plus de méchants : « Tous « les hommes seront unis dans une même œuvre. Dans ce temps- « là, Ormuzd, ayant achevé toutes les productions, ne fera plus « rien. Les morts ressuscités jouiront du même repos. » C'est ce qu'on pourrait appeler la septième époque de la création, ou le sabbat des Parses. (Zend Avesta, t. II. p. 14)
2. Après le Zend Avesta, le Boun-Dehesch est le plus ancien livre religieux des Parges. (Zend Avesta, t. III, p. 337)
kabbale, si nous nous rappelons que les plus anciens maîtres de cette science mystérieuse sont également comptés parmi Jes docteurs de la Mischna et les pères les plus vénérés de la synagogue.
Si, à côté des plus sages maximes sur l'emploi de la vie, des idées les plus consolantes sur la miséricorde et la justice divine, on trouve souvent, dans le judaïsme, des traces de la plus sombre superstition, il faut surtout en chercher la cause dans l’effroi qu'il inspire par sa démonologie. Telle est, en effet, la puissance qu'il | abandonne aux esprits malfaisants (O7w, MMM) que l'homme, à tous les instants de son existence, peut se croire entouré de ces ennemis invisibles, non moins acharnés à la perte de son corps qu’à celle de son âme. Il n’est pas encore né, que déjà ils l’attendent près de son berceau pour le disputer à Dieu et à la tendresse d'une mère; à peine a-t-il ouvert les yeux sur ce monde, qu'ils viennent assaillir sa tête de mille périls, et sa pensée de mille visions impures. Enfin, malheur à lui, sil ne résiste pas toujours ! car, avant que la vie ait complétement abandonné son corps, ils viendront s'emparer de leur proie‘. Eh bien! dans toutes les idées de ce genre, il y a une sifnilitude parfaite entre la tra-
4. Pour toutes ces traditions, nous renverrons à deux recueils très populaires; l’un, écrit en hébreu, est le Chandelier lumineux (n150 4189); l’autre, en jargon hébraico-teutonique, s’adresse particulièrement aux femmes, sous ce titre fastueux : Venez et Voyez (31% NT).
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dition juive et le Zend Avesta. D'abord, d’après ce dernier monument, les démons ou les dews, ces enfants d'Ahrimane et des ténèbres, ne sont pas moins nombreux que les créatures d'Ormuzd ; il y en a de plus de mille espèces, ils se présentent sous toutes les formes, ils parcourent la terre en tous sens pour répandre chez les hommes la maladie et la faiblesse ‘. « Quel est, de- « mande Zoroastre à Ormuzd, quel est le lieu où sont « les dews mâles, où sont les dews femelles, où les « dews courent en foule de cinquante côtés, de cent, de « mille, de dix mille côtés, enfin de.tous les côtés ? ?.…. « Anéantissez les dews qui affaiblissent les hommes et « ceux qui produisent les maladies, qui enlèvent le. « cœur de l’homme, comme le vent emporte les nuées°.» Voici maintenant en quels termes le Thalmud s'exprime sur le même sujet : « Aba Benjamin a dit : Aucune « créature ne pourrait subsister devant les esprits mal- : « faisants, si l'œil avait la faculté de les voir. Abaï « ajoute : Ils sont plus nombreux que nous et nous en- « tourent comme on voit un champ entouré d’une elô- « ture. Chacun de nous, dit notre maître Houna, en a « mille à sa gauche et dix mille à sa droite. Quand nous « nous sentons pressés dans une foule, eela vient de « leur présence; quand nos genoux fléchissent sous « notre corps, eux seuls en sont la cause; quand 1l nous
41. Zend Av., t. I, pag. 238 : t. II, pag. 158. 2. Vendidad sadé, t. II, du Zend. ad., p. 325. 3. Zend Av., Il, pag. et 113.
« semble qu'on a brisé nos membres, c’est encore à « euxqu il faut attribuer cette souffrance ‘.» « Les dews, « dit le Zend Avesta, s'unissent l’un à l’autre et se re- « produisent à la manière des hommes *. » Mais ils se multiplient également par nos propres impuretés, par les actes honteux d’une débauche solitaire et les déréglements même involontaires que provoque durant le sommeil un songe voluptueux *. Selon le Thalmud, il y a trois choses par lesquelles les démons ressemblent aux anges, et trois autres par lesquelles ils ressem- , blent aux hommes : comme les anges, ils lisent dans l'avenir, portent des ailes et volent, en un instant, d’une extrémité à l’autre de la terre : mais ils mangent, ils boivent et se reproduisent à la manière des hommes “. De plus, ils ont tous pour origine les rêves lascifs, qui troublaient les nuits de notre premier père, pendant les années qu'il a passées dans la solitude ‘, et aujourd'hui encore, chez ses descendants, la même cause engendre les mêmes effets ‘. De là, chez lés Juifs
4. Traité Berachoth, fol. 6 recto. Un autre docteur va jusqu'à accuser les démons d'’user par le frottement de leurs mains les vétements des rabbins, 1377 n°91 1927 13297 ND 31. 1.