‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 182 sur 202 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

plus fortement que le système religieux de Zoroastre avec son long cortége de traditions et de commentaires. Mais le doute n’est plus possible aussitôt qu'on abandonne ces rapports purement extérieurs, pour comparer entre elles les idées qui représentent, chez les deux peuples, les résultats les plus élevés et Jes bases mêmes de leur civilisation respective. Cependant, afin qu'on ne puisse pas nous soupçonner à l’avance de fonder sur des ressemblances isolées et purement fortuites l’origine que nous attribuons à la kabbale, nous allons, avant de montrer tous les éléments de ce système dans le Zend Avesta, signaler en peu de mots et par quelques exemples l'influence de la religion des Perses sur le judaïsme en général. Loin d’être une digression, cette partie de nos recherches ne sera pas la plus faible preuve de l'opinion que nous voulons soutenir, et je me hâte d'ajouter que mon intention n'est pas de parler des dogmes fondamentaux de l'Ancien Testament: car, puisque Zoroastre lui-même en appelle sans cesse à des traditions plus anciennes que lui, il n’est pas nécessaire, il n’est pas même permis, en bonne critique, de regarder comme des emprunts faits à sa doctrine les six jours de la création, si faciles à reconnaître dans les six Gâhanbars ‘, le paradis ter-

4. Le mot Géhanbars désigne à la fois les six époques de la création et les six fôtes destinées à les rappeler à la mémoire des fidèles (M. Burnouf, Commentaire sur le Japra, p. 300). Pendant la première de ces époques, Ormuzd à créé le ciel ; pendant la deuxième, il a fait

restre et la ruse du démon qui, sous la forme du serpent, vint souffler la révolte dans l'âme de nos premiers parents’, le châtiment terrible et la croissante déchéance de ces derniers, obligés, après avoir vécu comme les anges, de se nourrir, de se couvrir de la dépouille des animaux, d’arracher les métaux au sein de la terre, et d'inventer tous les arts par lesquels nous subsistons ?; enfin, le jugement dernier avec les

l'eau ; pendant la troisième, la terre ; pendant la quatrième, les végétaux ; pendant la cinquième, les animaux; enfin, à la sixième, est né l’homme (Anquetil Duperron, Zend Avesta, t. I, 2° part., p.84). Ce système de la création était déjà enseigné avant Zoroastre, par un autre prophète mède ou chaldéen, appelé Djemschid (Anquetil Duperron, Vie de Zoroastre, p. 67).

4. Ormuzd apprend lui-même à son serviteur Zoroastre que lui, Ormuzd, avait donné (ou créé) un lieu de délices et d'abondance, appelé Eerené Véedjô. Ce lieu, plus beau que le monde entier, était semblable au Béhescht (le Paradis céleste). Puis Ahrimane fit naître, dans le fleuve qui arrosait cet endroit, la Grande Couleuvre, mère de l'hiver (Zend Avesta Vendidad, t. IL, p. 264). Ailleurs, c’est Ahrimane lui-même qui saute du ciel sur la terre, sous la forme d’une cou- Jeuvre. C’est lui encore qui séduit le premier homme Meschia et la première femme Meschiané. « Il courut sur leurs pensées, il renversa « leurs dispositions et leur dit : C’est Ahrimane qui a donné l’eau, la « terre, les arbres, les animaux. Ce fut ainsi qu'au commencement, « Abrimane les trompa, et, jusqu’à la fin, le cruel n’a cherché qu'à « les séduire. Zend Avesta, t. III, p. 351 et 378). »

2. « Le Dew, qui ne dit que le mensonge (Ahrimane), devenu plus « hardi, se présenta une seconde fois, et leur apporta (au premier « couple) des fruits qu’ils mangèrent, et par là, de cent avantages « dont ils jouissaient, il ne leur en resta qu’un.» (16. supr.) Après cela, nos premiers parents, séduits une troisième fois, burent du lait. À la quatrième fois, ils allèrent à la chasse, mangèrent la viande des

Page 1