PREMIÈRE PARTIE
douze lettres était, dans l’origine, plus répandu encore. « On l’enseignait à tout le monde. Mais quand le nombre « des impies se multiplia, il ne fut plus confié qu’aux « plus discrets d’entre les prêtres, et ceux-là le faisaient « réciter à voix basse à leurs frères pendant la bénédic- « tion du peuple’. » Enfin, le nom de quarante-deux lettres était regardé comme le plus saint des mystères ?, « On ne l’enseignait qu'à un homme d’une discrétion « reconnue, d'un âge mûr, inaccessible à la colère et à « l’intempérance, étranger à la vanité, et plein de « douceur dans ses rapports avec ses semblables ?. » « Quiconque, ajoute le Thalmud, a-été instruit de ce « secret et le garde avec vigilance dans un cœur pur, « peut compter sur l'amour de Dieu et sur la faveur « des hommes; son nom inspire le respect, sa science « ne craint pas l'oubli, et il se trouve l'héritier de deux « mondes, celui où nous vivons maintenant, et le monde « à venir “. » Maïmonides observe, avec beaucoup de sens, qu'il n'existe dans aucune langue un nom eom-
posé de quarante-deux lettres; que cela est surtout im-
possible en hébreu, où les voyelles ne font pas:partie de l'alphabet. Il se croit donc autorisé à conçlure que ces
4. Thalm. Babyl. Tract. Berachoth et Maïm.' Moreh Nebouchim première partie, ch. 62.
2. WTIPOY WYTP DUR D'NU1 DYAIN 12 DU Jb. supr. 3. VONT VD? PATIA TONY PV3YW 109 NÛN UVIN DIIDID PNA D nn32 YNAT VNNTO 97 MOPD INT VONTO TANT D —- Ib. supr. n°1927 4. Ib. supr.
quarante-deux lettres se partageaient entre plusieurs mots dont chacun exprimait ane idée nécessaire ou un attribut fondamental de l’Ëtre et que tous réunis, ils for- ” maient la vraie définition de l'essence divine‘. Lorsqu’on dit ensuite, continue le même auteur, que le nom dont on vient de parler était l’objet d’une étude, d’un enseignement réservé seulement aux plus sages, on veut nous apprendre sans doute qu'à la définition de l’essence divine 8e joignaient des éclaircissements nécessaires, ou eertains développements sur la nature même de Dieu et des choses en général. Cela n’est pas moins évident pour le nom de quatre lettres : car, comment supposer qu’un mot si fréquent dans k Bible, et dont la Bible elle-même notis donne cette définition sublime : ego sum qui sum, ait été tenu pour un secret que les sages, une fois par semaine, disaient à l’oreille de quelques disciples choisis? Ce que ke Thalmud appelle la connaissance des noms de Dieu, n’est donc pas aatre chose, dit Maïmontides en terminant, qu’une bonne partie dé la scienee de Dieu ou de la métaphysique Car. FHOON FTP); et c’est pour cela qu’on la dit à l'épreuve de l'oubli ;:car l'oubli n’est pas possible pour les idées qui ont leur siége dans l'intelligence active, c'est-à-dire dans la raison ?. Il serait difficile de ne
+. Maïmonides, Morek Nebauchim, 16. supr. D ANS pOD on OS TOLY APS ADN) T2 DT Dom I 0 259 dy nr ®. Ib. loc. cit. n°10Nn ANA DAMON DYIDDA NAN 1221 yon boum nav 99 anow0 sup M man NNTO