‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 193 sur 202 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

les kabbalistes et les disciples de Zoroastre, une coïincidence très remarquable. Nous nous rappelons ce magnifique passage du Zehat où les âmes, au moment d'être envoyées sur la terre, représentent à Dieu combien elles vont souffrir éloignées de lui; combien de misères et de souillures les attendent dans notre monde: eh bien ! dans les traditions religieuses des Parses, les férouërs font entendre les mêmes plaintes et Ormuzd leur répond à peu près comme Jéhovah à ces âmes affligées de quitter le eiel. Il leur dit qu'ils sont nés pour la lutte, pour combattre le mal et le faire disparaître de la création; qu’ils ne pourront jouir de l’immorta- . lité et du ciel que lorsque leur tâche aura été remplie sur la terre‘. « Quel avantage ne retirez-vous pas de ce « que, dans le monde, je vous donnerai d’être dans des « eorps! Combattez, faites disparaître les enfants d’Ahri- « mane; à la fin je vous rétablirai dans votre premier « état et vous serez heureux. A la fin je vous remettrai « dans le monde, vous seraz immortels, sans vieillesse, « sans mal?. » Un autre trait qui nous rappelle les idées kabbalistiques, c’est que les peuples ont leurs ferouërs comme les individus; é’est ainsi que le Zend Avesta invoque souvent le ferouër de l’Iran, du pays où la loi de Zoroastre a été reconnue pour la première fois. Du reste, cette croyance que nous rencontrons

4. Mém. de l’Acad. des Inseript., t. XXX VIE, pag. 640. 2, Zend Av., 1. II, pag. 350.

également dans les prophéties de Daniel ', était probablement déjà très répandue chez les Chaldéens, avant leur fusion politique et religieuse avec les Perses.

5° Si la psychologie des kabbalistes a quelque ressemblance avec celle de Platon, elle en a encore davantage avec celle des Parses, telle qu'on la trouve enseignée dans un recueil de traditions fort anciennes, reproduit en grande partie par Anquetil-Duperron, dans les Mémoires de l’Académie des Inscriptions*. Rappelons-nous d'abord que, d’après les idées kabbalistiques, 1l y a dans l'âme humaine trois puissances par— faitement distinctes l’une de l’autre, et qui ne demeurent unies que pendant notre vie terrestre : au degré le plus élevé est l'esprit proprement dit ("#9%3), pure éma— nation de l'intelligence divine, destinée à rentrer dans sa source et que les souillures de la terre ne peuvent pas atteindre : au degré le plus bas, immédiatement audessus de la matière est le principe du mouvement et de la sensation, l’esprit vital (&53) dont la tâche expire sur les bords de la tombe ; enfin entre ces deux extrêmes vient se placer le siége du bien et du mal, le principe libre et responsable, la personne morale (r1")°. Nous devons ajouter qu'à ces trois éléments principaux, plusieurs kabbalistes et quelques philosophes d’une grande

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