‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 192 sur 202 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

dam Kadmon par rapport à l'Ensoph. Et même, si nous en croyons l'historien que nous avons déjà cité, il y avait chez les Perses une secte fort nombreuse aux yeux de laquelle Ormuzd, c'était la volonté divine, manifestée sous une forme humaine et tout éblouissante de lumière ‘. Il est vrai aussi que les livres zends ne s’expliquent pas sur l’acte par lequel Ormuzd a produit le monde, sur la manière dont il est sorti lui-même ainsi que son ennemi du sein de l’Eternel, et enfin sur ce qui constitue la substance première des choses*. Mais Dieu une fois comparé à la lumière, la cause efficiente du monde subordonnée à un principe supérieur, l’univers considéré comme le corps de la parole invisible, il n'est guère possible qu'on n'arrive pas à regarder tous les êtres comme des mots isolés de cette éternelle parole ou comme des rayons épars de cette lumière infinie. Aussi avons-nous remarqué que le panthéisme gnostique se rattache plus ou moins au principe fondamental de la théologie des Parses *,

4. Cette secte est celle des Zerdusthiens. Voici leur opinion, rapportée par Sharistani dans la traduction latine de Thom. Hyde (de vet. Pers. relig., pag. 298) : et postquam effluxissent 3000 anni, transmisisse voluntatem suam in forma lucis fulgentis compositæ in figuram humanam.

2. Us disent qu'Ormuzd et Ahrimane ont été donnés de Zervan, le temps éternel ; qu’Ormuzd a donné le ciel, la terre et toutes ses productions. Mais nulle part le sens de ce mot important n’est clairement déterminé.

3. Cependant il n'est pas sans importance d'observer que dans le Zend Avesta (i. II, p. 180), Ormuzd est appelé le corps des corps. Ne

° 4° D’après les croyances kabbalistiques, comme d’après le système de Platon, tous les êtres de ce monde ont d'abord existé dans le monde invisible, sous une forme beaucoup plus parfaite; chacun d’eux a dans la pensée divine son modèle invariable qui ne peut se montrer ici-bas qu’à travers les imperfections de la matière. Cette conception, où le dogme de la préexistence est confondu avec le principe de la théorie des idées, nous la trouvons également dans le Zend Avesta, sous le nom de ferouër. Voici comment ce nom est expliqué par le plus grand orientaliste de nos jours : « On sait « que par ferouër les Parses entendent le type divin de « chacun des êtres doués d'intelligence, son idée dans « la pensée d'Ormuzd, le génie supérieur qui l’inspire « et veille sur lui. Ce sens est établi tout à La fois par « la tradition et par les textes’. » L'interprétation d’Anquetil-Duperron est parfaitement d'accord avec celleci?, et nous ne rapporterons pas tous les passages du Zend Avesta qui la confirment. Nous aimons mieux signaler sur un point particulier de cette doctrine, entre

serait-ce pas la substance des substances, le fondement (710) des kabbalistes ? M: Burnouf cite aussi un commentaire pehlvi tres ancien, où nous voyons, comme daus le Sépher ietzirah et le Zohar, les deux mondes représentés dans le symbole d’un charbon embrasé ; le monde supérieur, c’est la flamme, et la nature visible, la matière enflammée. Comment. sur le Jaçna, pag. 172.

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