‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 40 sur 202 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« cultivent et ensemencent la terre. » C’est , dit-on (mais ce n'est plus le Thalmud qui l'assure), pendant ces douze années de solitude et de proscription que Simon ben Jochaï, aidé par son fils Éléazar, composa le fameux ouvrage auquel son nom est resté attaché. Quand même on aurait écaïté de ce récit les circonstances fabuleuses qi.s'y. mêlent, il serait encore difficile d'admettre conte légitime la conséquence qu’on en tire; on ne dit pas quels furent l’objet-et le résultat de ces méditations dans lesquelles les deux proscrits cherchaient à oublier leurs peines. Ensuite, on trouve dans le Zohar une multitude de faits et de noms que Simon ben Jochaï, mort quelques années après la ruine de Jérusalem , au commencement du second siècle de l'ère chrétienne, ne pouvait certainement pas connaître. Comment, par exemple, aurait-il pu parler des six parties dans lesquelles se divise la Mischna, écrite à peu près soixante ans après lui‘? Comment pourrait-il mentionner et les auteurs et les procédés de la Guémara, qui commence à la mort de Judas le saint et ne finit que cinq siècles après la naissance du Christ*?

4. Zohar, édit. de Mantoue, 3° part., fol. 26. — 120., fol. 29 vers. Nous citons de préférence ce dernier passage, où l'on compare les six traités de la Mischna à six degrés du trône suprême : 2170 mMw

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9. Tous les termes de la discussion thalmudique sont énumérés dans le passage suivant : NT 1012 NY) 17 DM DIN 1107 \Tag on anna nr mu m71a9 boat 1207 120 we 0932921 1p

3° part., fol. 153 rect., édit. de Mantoue. fn NT 792

Comment aurait-il appris les nems des points voyelles et des autres inventions de l’école de Tibériade, qu’on peut faire remonter tout au plus au commencement du vi siècle‘? Plusieurs critiques ont cru observer que, sous le nom d’Ismaëlites, 1l est aussi question dans le Zohar des Arabes mahométans, que tous les écrits publiés par les Juifs modernes désignent de la même manière. Il est, en effet, difficile de ne pas admettre cette ‘interprétation dans le passage suivant :

« La lune est à la fois le signe du bien et le signe du « mal. La pleine lune, c’est le bien; la nouvelle lune, « c’est le mal. Et parce qu'elle comprend en même « temps le bien et le mal, les enfants d'Israël et ceux « d'Ismaël l'ont prise également pour règle de leurs « calculs. S'il arrive une éclipse pendant la pleine lune, « ce n'est pas un bon présage pour Israël; si, au con- « traire, l’éclipse a lieu pendant la nouvelle lune (une « éclipse de soleil), c’est un mauvais présage pour Is- « maël. Ainsi se vérifient ces paroles du prophète « (Is. xxrx, 14) : La sagesse des sages périra et la pru- « dence des hommes intelligents sera obscurcie..…...?» Cependant nous ferons remarquer que ces mots n’appartiennent pas au texte : ils sont empruntés à un commentaire beaucoup moins ancien, qui a pour titre :

4. Genèse, col. 152 et 153. — Lévit., #7 vers. — Édit. Mantoue,

4® part., fol. 24 vers., fol. 45 vers. et pass. 2. 532 na pv ONU na ATOS PV 210 VPN MIND Low

PREMIÈRE PARTIE. 99 Le fidèle pasteur, NTM N°YN, et que, de leur propre autorité, les premiers éditeurs ont substitué au Zohar, partout où dans celui-ci ils ont cru trouver une lacune. | | On aurait pu trouver dans le Zohar même un passage plus décisif, car voici ce qu’un disciple de Simon ben Jochaï prétend avoir entendu de la bouche de son maître: « Malheur sur l'instant où Ismaël a été enfanté au monde « et revêtu du signe de la circoncision ! Car, que fit le « Seigneur, dont le nom soit béni ?. Il exelut les enfants

" « d’'Ismaël de l’union céleste. Mais comme ils avaient le :

« mérite d'avoir adopté le signe de l'alliance, il leur ré- « serva ici-bas une part dans la possession de la Terre « Sainte. Les enfants d’Ismaël sont donc destinés à ré- « gner sur la Terre Sainte, et ils empècherontles enfants « d'Israël d'y revenir. Mais cela ne durera que jusqu’au « temps où le mérite des enfants d'Ismaël sera épuisé. « Alors ils exciteront dans le monde des guerres terri- « bles; les enfants d'Édom se réuniront contre eux et « les combattront, les uns sur terre, les autres sur mer, « et d’autres près de Jérusalem. La victoire sera tantôt « à ceux-ci, tantôt à ceux-là ; mais la Terre Sainte ne « sera pas livrée aux mains des enfants d’Édom. » Pour bien comprendre le sens de ces lignes, il suffit de savoir que sous le nom d’Édom les écrivains juifs (je parle de ceux qui ont fait usage de l’hébreu) ont d’abord désigné Rome païenne, puis ils l'ont étendu à Rome

chrétienne et aux peuples chrétiens en général. Or, ilne

peut pas être question ici de Rome païenne ; donc on a voulu parler de la lutte. des Sarrasins contre les chrétiens, et même des croisades, avant la prise de Jérusalem. Quant à la prédiction de Simon ben Jochaï, je n’ai pas besoin de dire de quel poids elle doit être dans notre jugement. Mais je ne veux pas insister plus longtemps sur la démonstration de ces faits, aujourd’hui généralement connus et répétés à l’envi par tous les critiques modernes ‘. Nous y ajouterons seulement une dernière observation, qui, je l’espère, ne sera pas perdue pour la conclusion à laquelle nous voulons finalement arriver. Pour avoir la conviction que Simon ben Jochaï ne peut pas être l'auteur du Zohar et que ce livre n’est pas, comme on le prétend, le fruit de treize ans de méditations et de solitude, il suffit de donner quelque attention aux récits qui s’y mêlent presque toujours à l'exposition des idées. Ainsi, dans le fragment intitulé l’Idra souta, NUM N'YIN, que nous espérons traduire au moins en grande partie, et qui forme dans cette immense compilation un épisode admirable à tous égards, Simon, sur le point de mourir, réunit autour de lui, pour leur donner ses dernières instructions, le petit nombre de ses disciples et de ses amis,

parmi lesquels se trouve son fils Éléazar. « Toi, dit-il

4. Don nnpws 3° part., fol. 284 vers., édit. de Mantoue. Voy. Peter Beer, Hist. des sectes du judaïsme, 2° part., p. 30 et suirv. — Morinus, Exercitat. biblic., lib. 2, exercit. 9. — Wolf, Biblioth. hébr.

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