‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 72 sur 202 · Chap. 1°, propos · texte numérisé non relu

Chap. 1°, propos

Zohar : nous la retrouverons étendue, développée et appliquée à l’âme aussi bien qu'à Dieu. Ajoutons à cela que dans tous les temps et dans toutes les sphères de l’existence, dans la conscience aussi bien que dans Ja nature extérieure, la formation des choses par voie d'émanation a été représentée par le rayonnement de de la flamme ou de la lumière.

À cette théorie, si toutefois nous ne faisons pas une distinction plus apparente que réelle, s’en mêle une autre qui a fait un chemin plus brillant dans le monde, et qui se présente 1c1 avec un caractère remarquable : c’est celle du verbe, de la parole de Dieu identifiée avec son esprit, et considérée, non pas seulement comme la forme absolue, mais comme l'élément générateur et la substance même de l'univers. En effet, il ne s’agit plus, comme dans la traduction chaldaïque d’Onkelos, de substituer partout, pour anéantir l’anthropomorphisme, la pensée ou l'inspiration divine à Dieu luimême, lorsqu'il intervient comme une personne humaine dans les récits bibliques : le livre que nous avons sous les yeux affirme expressément, dans un

: langage concis mais pourtant clair, que l'esprit saint, . ou l'esprit du Dieu vivant, forme, avec la voix et la pa- . role, une seule et même chose; qu’il a successivement : comme rejeté de son sein tous les éléments de la na-

ture physique; enfin, il n’est pas seulement ce qu'on

. appellerait, dans la langue d’Aristote, le principe ma-

tériel des choses ; il est le verbe devenu monde.. Du

reste, il faut nous rappeler que, dans cette partie de la kabbale, il n'est question que du monde, et non de l’homme ou de l'humanité.

Toutes ces considérations sur les dix premiers nombres occupent une place très distincte dans le Livre de la création. Il est facile de voir qu’elles s’appliquent-à l'univers en général, et qu'elles regardent plutôt la substance que la forme. Dans celles que nous avons devant nous, on compare entre elles les diverses parties de l’univers, on s’efforce de les ramener sous une

loi commune, comme on a voulu précédemment les.

résoudre en un principe commun; on y donne enfin plus d'attention à la forme qu’à la substance. Elles ont pour base les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu. Mais il faut songer au rôle extraordinaire qui, déjà dans la première partie, est attribué à ces signes extérieurs de la pensée. Considérés seulement par rapport aux sons qu ils représentent, ils se trouvent, pour ainsi dire, sur la limite du monde intellectuel et du monde physique; car si, d’une part, ils viennent se résoudre dans un seul élément matériel, qui est le souffle ou l’air, de l’autre, ils sont les signes indispensables à toutes les langues, et par conséquent la seule forme possible ou la forme invariable de l'esprit. Ni l’ensemble du système ni le sens littéral ne nous permettent d'interpréter différemment ces mots déjà cités plus baut : « Le nombre deux (ou le second principe « de l’univers), c’est l’air qui vient de l'esprit; c’est le

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« souffle dans lequel sont gravées et sculptées les vingt- « deux lettres qui, toutes réunies, ne ‘forment cepen- « dant qu'un souffle unique. » Ainsi, par une combinaison bizarre, mais qui ne manque pas d’une certaine grandeur, qui du moins se comprend et s'explique, les articulations les plus simples de la voix humaine, les signes de l'alphabet ont ici un rôle tout à fait semblable-à celui des idées dans la philosophie de Platon. C'est à leur présence, c’est à l'empreinte qu'ils laissent dans les choses, qu’on reconnaît dans l’univers et dans : toutes ses parties une intelligence suprême; c’est enfin par leur intermédiaire que l'esprit saint se révèle dans la nature. Tel est le sens de la proposition qu’on va lire : « Avec les vingt-deux lettres, en leur donnant « une forme et une figure, en les mêlant et les combi- « nant de diverses manières, Dieu a fait l’âme de tout « ce qui est formé et de tout ce qui le sera ‘. C’est sur « ces mêmes lettres que le saint, béni soit-il, a fondé « son nom sublime et ineffable ?. »

Elles se partagent en divers ordres qu’on appelle les trois mères, les sept doubles et les douxe simples *. Il n’est d'aucune utilité pour le but quenous poursuivons, de faire connaître la raison de ces étranges dénomina-

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