‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 77 sur 202 · ANALYSE DU ZOHAR.— MÉTHODE ALLÉGORIQUE DES KABBALISTES · texte numérisé non relu

ANALYSE DU ZOHAR.— MÉTHODE ALLÉGORIQUE DES KABBALISTES

Puisque les auteurs qui ont contribué à la formation du Zohar nous présentent leurs idées sous la forme la plus humble et la moins logique, cellé d’un simple commentaire sur les cinq livres de Moïse, nous pouvons, sans manquer à leur égard de respect ou de fidélité, noûs conformer au plan qui nous aura paru le plus convenable. Et d’abord il nous importe de savoir comment ils entendent l'interprétation dés Écritures saintes ; comment ils parviennent à s’en faire un appui, dans l'instant où ils s’en écartent le plus ; car c’est en cela, comme nous l'avons déjà fait remarquer, que consiste leur méthode d'exposition; et, en général, le mysticisme symbolique n'a pas d'autre base. Voici, sur ce sujet, leur jugement formulé par eux-mêmes : « Malheur à l’homme qui ne voit dans la loi que de « simples récits et des paroles ordinaires ! Car, si en vé- « rité elle ne renfermait que cela, nous pourrions, « même aujourd'hui, composer aussi une loi bien au- « trement digne d’admiration. Pour ne trouver que de « simples paroles, nous n’aurions qu’à nous adresser

« aux législateurs de la terre chez lesquels on rencontre

souvent plus de grandeur ‘. Il nous suffirait de les imiter, et de faire une loi d’après leurs paroles et à

leurexemple. Mais il n’en est pas ainsi : chaque mot de

la loi renferme un sens élevé et un mystère sublime.» « Les récits de la loi sont le vêtement de la loi. Malheur à celui qui prend ce vêtement pour la loi elle-même! C’est dans ce sens que David a dit : Mon Dieu , ouvre-moi les yeux, afin que je contemple les merveilles de ta loi. David voulait parler de ce qui est caché sous le vêtement de la loi. Il y a des insensés qui, apercevant un homme couvert d'un beau vêtement, ne portent pas plus loin leurs regards, et prennent ce vêtement pour le corps , tandis qu'il existe une chose encore plus précieuse, qui est l’âme. La loi aussi a son corps. Il y a des commandements qu'on pourrait appeler le corps de la loi. Les récits ordinaires qui s’y mêlent sont les vêtements dont ce corps est recouvert. Les simples ne prennent garde qu'aux vêtements ou aux récits de la loi ; ils ne connaiïssent pas autre chose; ils ne voient pas ce qui est caché sous ce vêtement. Les hommes plus instruits ne font pas attention au vêtement , mais au corps qu'il enveloppe. Enfin, les sages, les serviteurs du Roi suprême, ceux qui habitent les hauteurs du Sinaï, ne sont occupés que de l’âme, qui est la base de tout le reste, qui est la loi elle-même;

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