‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 78 sur 202 · DR NIDODT VVDED JUN on NOYS 100 nnTIND 0x · texte numérisé non relu

DR NIDODT VVDED JUN on NOYS 100 nnTIND 0x

Le texte étant trop long à rapporter tout n? VR°Y 70 179392 entier, nous avons été obligé de choisir,

« et dans les temps futurs ils seront préparés à contem- « pler l’âme de cette âme qui respire dans la loi‘. » C’est ainsi que, par la supposition, sincère ou non, d’un sens mystérieux, ignoré des profanes , les kabbalistes se sont d'abord mis au-dessus des faits historiques et des préceptes positifs qui composent les Écritures. C'était pour eux le seul moyen de s'assurer la plus complète liberté sans rompre ouvertement avec l’autorité religieuse ; et peut-être aussi avaient-ils besoin de ces ménagements avec leur propre conscience. Dans les lignes suivantes, nous retrouvons le même esprit sous une forme encore plus remarquable : « Si la « loi n’était composée que de paroles et de récits or- « dinaires, comme les paroles d'Ésaü, d’Agar, de La- « ban, comme celles qui furent prononcées par l’ânesse « de Balaam, et par Balaam lui-même, pourquoi serait- « elle appelée la loi de vérité, la loi parfaite, le fidèle « témoignage de Dieu ? Pourquoi le sage l’estimerait-il « plus précieuse que l’or et les perles ? Mais non; dans « chaque mot se cache un sens plus élevé : chaque ré- « cit nous apprend autre chose que les événements « qu’il paraît contenir. Et cette loi supérieure et plus « sainte, c’est la loi véritable ?. » Il n'est pas sans intérêt de rencontrer dans les œuvres d’un Père de l’Église une manière de voir et jusqu’à des expressions tout à

4. Zohar, 5° part. fol. 452 verso, sect. 4n19yn2. 2. 100 952 onwps nnomix 8 nNIY NWITP NIITIR NTI 3° part., fol. 149 verso. {311 790

fait semblables : « S'il fallait, dit Origène, s’attacher à la « lettre et entendre ce qui est écrit dans la loi à la ma- « nière des Juifs ou du peuple, je rougirais de dire tout « haut quec’est Dieu qui nous a donné des lois pareilles : « je trouverais alors plus de grandeur et de raison « dans les législations humaines, par exemple, dans « celles d'Athènes, de Rome ou de Lacédémone !... » « À quel homme, dit encore le même auteur, à quel « homme sensé, je vous prie, fera-t-on croire que le « premier, le second et le troisième jour de la création, « dans lesquels cependant on distingue un soir et un « matin, ont pu exister sans soleil, sans lune et sans « étoiles; que pendant le premier jour il n’y avait pas « même de ciel ? Où trouvera-t-on un esprit assez borné « pour admettre que Dieu s’est livré comme un homme « à l'exercice de l’agriculture en plantant des arbres « dans le jardin d'Eden, situé vers l’orient; que l’un « de ces arbres était celui de la vie, qu’un autre pou- « vait donner la science du bien et du mal? Personne, « je pense, ne peut hésiter à regarder ces choses comme « des figures sous lesquelles se cachent des mystères ?. »

1. Si adsideamus litteræ et secundèm hoc vel quod Judæis, vel -quod vulgo videtur, accipiamus quæ in lege scripta sunt, erubesco dicere et confiteri quia tales leges dederit Deus : videbuntur enim magis elegantes et rationabiles hominum leges, verbi gratià, vel Romanorum, vel Atheniensium, vel Lacedæmoniorum. Homal. 7, in Levit.

2. Cuinam quæso sensum habenti convenienter videbitur dictum quod dies prima, et secunda. et tertia, in quibus et vespera nominatur

Enfin il admet aussi la distinction du sens historique, du sens législatif ou moral, et du sens mystique. Seulement, au lieu d’être assimilé aux vêtements qui nous couvrent, le premier est comparé au corps, le second à l’äme, et le dernier à l'esprit ‘. Pour établir entre la lettre sacrée et ces interprétations arbitraires certains rapports au moins apparents, les anciens kabbalistes avaient quelquefois recours à des moyens artificiels, qu'on rencontre très rarement dans le Zohar, mais qui, en revanche, ont pris beaucoup de place et d'autorité chez les kabbalistes modernes *. Comme ils sont, par teur propre naturé, indignes de tout intérêt, qu'ils ne viennent jamais à l’appui de quelque idée importante, et qu’enfin tout le monde en a parlé, nous les passerons

et mane, fuerint sine sole, et sine lunûâ, et sine stellis ; prima autem dies sine cœlo? Quis verÿ ità idiotes invenitur ut pntet, velut hominem quemdam agricolam, Deum plantasse arbores in Paradiso, in Eden, contrà orientem, et arborem vitæ plantasse, in eo, ita ut manducans quis ex eâ arbore vitam percipiat? et rursùs ex ali manducaos arbore, boni et mali scientiam capiat ? etc., mepi épxov, Hv.4, ch. 2, Huet, Origeniana, p. 167. ”

4. Triplicem in Scripturis divinis intelligentiæ modum, historicum, moralem, et mysticum : unde et corpus inesse etanimam ac spiritum intelleximus. Homil. 5, in Levit.

2. Ces moyens sont au nombre de trois : l’un, N?3993, consiste à remplacer un mot par un autre qui a la même valeur numérique, l'autre, 71p*1013, fait de chaque lettre d’un mot l'initiale d'un autre mot. Enfin, en vertu du dernier, r19n, on change. la valeur des lettres; par exemple, on remplace la première par la dernière, et réciproquement. Voyez Reuchlin, de Arte cabakistic. Wolf, deuxième volume de la Bibkogr. hébr.; Basnage, Hv:t. des Juifs, ett., etc.

sous silence pour arriver plus vite à l’objet essentiel de nos recherches, à la doctrine qui fut le fruit de cette indépendance dissimulée , qui fait l’unité et la base de ces prétendus commentaires.

Nous chercherons d'abord à faire connaître quelle est, d’après les plus anciens fragments du Zohar, la * nature de Dieu et de ses attributs. Nous exposerons ensuite l’idée qu'ils nous donnent, je ne dirai pas de la création, mais de la formation des êtres en général, ou des rapports de Dieu avec l'univers. Enfin nous nous occuperons de l’homme : nous dirons comment on le conçoit sous ses principaux aspects; comment on définit son origine, sa nature et ses destinées. Cette marche ne nous paraît pas seulement la plus simple et la plus commode : nous croyons, comme nous l’avons dit plus haut, qu'elle nous est imposée par le caractère dominant du système.

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