‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 80 sur 202 · Zohar, 3° part., fol. 128 recto · texte numérisé non relu

Zohar, 3° part., fol. 128 recto

« d'un visage découvert’. Il est assis sur un trône « d'étincelles qu’il soumet à sa volonté. La blanche lu- « mière de sa tête éclaire quatre cent mille mondes. « Quatre cent mille mondes nés de cette blanche lu- « mière deviennent l'héritage des justes dans la vie à « venir. Chaque jour voit éclore de son cerveau treize « mille myriades de mondes qui reçoivent de lui leur « subsistance, etdont il supporte à lui seul tout le poids. « De sa tête il secoue une rosée qui réveille les morts « et les fait naître à une vie nouvelle. C’est pour cela « qu'il est écrit : Ta rosée est une rosée de lumière. « C’est elle qui est la nourriture des saints de l’ordre « le plus élevé. Elle est la manne qu'on prépare aux « justes pour la vie à venir. Elle descend dans Le champ « des fruits sacrés ?. L’aspeet de cette rosée est blanc « comme le diamant, dont la couleur renferme toutes « les couleurs... La longueur de ce visage, depuis le « sommet de la tête, est de trois cent soixante-et-dix « fois dix mille mondes. On l'appelle le long visage; « car tel est le nom de l’ancien des anciens”. » Nous*manquerions cependant à la vérité si nous laissions croire que le reste doit être jugé sur cet exemple.

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4. Je n'ai pu trouver aucun autre sens à ces deux mots Nt@°D12 . YWD3NT 2. C’est ainsi qu’on appelle les adeptes de la kabbale. 3. Ce long ou grand visage n’est pas autre chose, comme nous le verrons bientôt, que la substance de Dieu ou la première des Séphiroth. |

La bizarrerie, l’affectation, l'habitude, si commune en

Orient, d’abuser de l’allégorie jusqu'à la subtilité, y

tiennent plus de place que la noblesse et la grandeur.

Ainsi, cette tête éblouissante de lumière, par laquelle

on représente l'éternel foyer de l'existence et de la science, devient en quelque sorte le sujet d’une étude anatomique ; ni le front, ni la face, ni les yeux, ni le

cerveau, ni les cheveux, ni la barbe, rien n’est oublié: tout devient une occasion dénoncer des nombres et des proportions qui rappellent l'infini. C’est évidem-

ment là ce qui a provoqué, contre les kabbalistes, le reproche d’anthropomorphisme et même de matérialisme que leur ont adressé quelques écrivains modernes. Mais ni cette accusation, ni la forme qui en est le prétexte, ne méritent de nous arrêter plus longtemps.

Nous allons done essayer de traduire quelques-uns des fragments où le même sujet est traité d’une manière plus intéressante pour la philosophie et pour l’histoire de l'intelligence humaine. Le premier que nous citerons forme un tout complet d’une assez grande étendue, et qui, par cela seul, se recommande à notre atfention. Sous prétexte de faire connaître le sens véritable de ces paroles d'Isaïe : « À quoi pourrez-vous me comparer « qui me soit égal”? ? » il nous explique la génération

4. Ib. supr., fol. 129 recto et verso, 130 recto et verso. La seule description de la barbe et de la chevelure occupe une très grande place dans l'Idra raba.

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