‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 83 sur 202 · Job, chap · texte numérisé non relu

Job, chap

176 LA KABBALE, « sept vases précieux qu’on appelle la miséricorde ou « la grandeur, la justice ou la force, la beauté, le triom- « phe, la gloire, la royauté et le fondement ou la base. « C’est pour cette raison qu'il est nommé le grand ou « le miséricordieux, le fort, le magnifique, le Dieu des « victoires, le Créateur à qui toute gloire appartient et « la base de toutes choses. C’est ce dernier attribut « qui soutient tous les autres, ainsi que la totalité des « mondes. Enfin, il est aussi le roi de l'univers; car « tout est en son pouvoir, soit qu'il veuille diminuer le « nombre des vases et augmenter la lumière qui en « jaillit, ou que le contraire lui semble préférable ‘.» Tout ce que les kabbalistes ont pensé de la nature divine est à peu près résumé dans ce texte. Mais il est iñpossible qu'il ne laisse pas une grande confusion, même dans les esprits les plus familiarisés avec les questions et les systèmes métaphysiques. Il faudrait, d’une part, qu'il pôût être suivi d'assez longs développements : de l’autre, au contraire, il serait utile de présenter, sous une forme à la fois plus substantielle et plus précise, chacun des principes qu'il renferme. Pour atteindre ce double but sans compromettre la vérité historique, sans avoir la crainte de substituer notre propre pensée à celle dont nous voulons être l'organe, nous réduirons le passage qu'on vient de lire à un petit nombre de propositions fondamentales, dont chacune

4. Zohar, ® part., fol. 42 verso et 43 recto, sect. 1912 9n N3

sera en même temps éclaircie et justifiée par d’autres extraits du Zohar.

4° Dieu est, avant toute chose, l’être infini; il ne saurait donc être considéré ni comme l'ensemble des êtres, ni comme la somme de ses propres attributs. Mais sans ces attributs et les effets qui en résultent, c'est-à-dire, sans une forme déterminée, il est à jamais impossible ou de le comprendre ou de le connaître. Ce principe est assez clairement énoncé lorsqu'on dit « qu'avant la création Dieu était sans forme, ne res- « semblant à rien, et que, dans cet état, aucune intel- « ligence ne peut le concevoir. » Mais, ne voulant pas nous borner à cet unique témoignage , nous espérons que la même pensée ne sera pas plus difficile à reconnaître dans les paroles suivantes : « Avant que Dieu se « fût manifesté, lorsque toutes choses éfgient encore « cachées en lui, il était le moins connu parmi tous « les inconnus. Dans cet état, il n’a pas d'autre nom « que celui qui exprime l'interrogation. 1l commença « par former un point imperceptible : ce fut sa propre « pensée; puis il se mit à construire avec sa pensée « une forme mystérieuse et sainte; enfin, il la couvrit « d’un vêtement riche et éclatant : nous voulons parler « de l’univers, dont le nom entre nécessairement dans « le nom de Dieu ‘. » Voici ce qu'on lit aussi dans

4. Zohar, fol. 4 et 2, re part. ; fol. 403 recto, % part. Il y a dans ce texte un jeu de mots que nous n'avons pas pu rendre fidèlement. On se propose d'expliquer ce verset : Levez vos yeux vers le ciel et

l'Idra souta (la petite assemblée), dont nous avons plus d’une fois signalé l'importance : « L’Ancien des an- « ciens est en même temps l'inconnu des inconnus; il « se sépare de tout et iln ‘en est pas séparé; car tout « s’unit à lui comme à son tour il s'unit à toute chose; « il n’y a rien qui ne soit en Jui. Il à une forme, et « l’on peut dire qu'il n’en a pas. En prenant une « forme, il a danné l'existence à tout ce qui est; il a « d’abord fait jaillir de son sein dix lumières qui bril- « Jent par la forme qu’elles ont empruntée de lui et «« répandent de toute part un jour éblouissant : c’est « ainsi qu'un phare envoie de tous côtés ses rayons « lumineux. L’Ancien des anciens, l'inconnu des in- « connus est un phare élevé, que l’on connaît seule- « ment par les lumières qui brillent à nos yeux avec «tant d'éclat et d’abandance. Ce qu'an appelle son « saint nom n'est pas autre chose que ces lumières ‘. »

2° Les dix Séphiroth, par lesquelles l’Étre infini se fait connaître d’abord, ne sant pas autre chose que des attributs qui, par eux-mêmes, n'ont aucune réalité substantielle; dans chacun de ces attributs, la sub-

voyez qui a créé cela? Qr, il sa trouve qu'en réunissant en un seul les deux mots hébreux, dont l’un, 9, se traduit par le pronom interrogatif qui, et l’autre, n9n, par cela, on obtient le nom de Dieu, o19N. L'auteur du verset ayant voulu désigner l'univers, on en conclut que celui-ci est inséparable de Dieu, puisqu'ils n'ont, l'un

et l'autre, qu'un seul et même nom.

1. ROU JIIPN FMI FOUDNOT NAS JU NN MU ND a° part. fol. 288 recto, Idra souta. KUYTP

stance divine est présente tout entière, et dans leur ensemble consiste la première, la plus complète et la plus élevée de toutes les manifestations divines. Elle s'appelle l'homme primitif ou céleste, ny CIN NAT CIN; c'est la figure qui domine le char mysté- rieux d'Ézéchiel et dont l’homme terrestre, eomme nous le verrons bientôt, n’est qu’une pâle copie. « La « forme de l’homme, dit Simon ben Jochaï à ses disci- « ples, la forme de l'homme renferme tout ce qui est « dans le ciel et sur la terre, les &êtres supérieurs « comme les êtres inférieurs; c’est pour cela que l’An- « cien des anciens l’a choisie pour la sienne ‘. Aueune « forme, aucun monde ne pouvait subsister avant la « forme humaine; car elle renferme toutes choses, et « tout ce qui est ne subsiste que par elle; sans elle, il « n’y aurait pas de monde, et c’est dans ce sens qu’il « faut entendre ces mots : l'Éternel a fondé la terre sur « la sagesse, Mais il faut distinguer l’homme d'en haut, « NO CN, de l’homme d'en bas, NAS" O"N, « car l’un ne pourrait pas exister sans l’autre, Sur cette « forme de l’homme repose la perfection de la foi en « toute chose; c’est d'elle qu’on veut parler quand on « dit qu’on voyait au-dessus du char comme la figure « d’un homme; c’est elle que Daniel a désignée par ces « mots : Et je vis comme le fils de l’homme qui venait

4. pans ma 4055nn7 penns par napurs sn DIN NIPNT »134PN NUYTP NPNY PPNN PNNNI PNOT 9792 NIPUT NN 3° part., Idra raba, fol. 414 verso. NAPnY NIDUT NA

« avec les nuées du ciel, qui s’avança jusqu’à l’An- « cien des jours, et ils le présentèrent devant lui ‘. » Ainsi, ce qu’on appelle l’homme céleste ou la première manifestation divine n’est pas autre chose que la forme absolue de tout ce qui est; la source de toutes les autres formes, ou plutôt de toutes les idées; en un mot, la pensée suprême, la même qui ailleurs est appelée le 670, où le verbe. Nous ne prétendons pas exprimer ici une simple conjecture, mais un fait historique dont on appréciera l'exactitude à mesure qu'on aura une connaissance plus étendue de ce système. Cependant, avant d'aller plus loin , nous citerons encore ces paroles : « La forme de l’Ancien, dont le nom soit sanc- « tifié, est une forme unique qui embrasse toutes les « formes. Elle est la sagesse suprême et mystérieuse « qui renferme tout le reste ?. » |

8° Les dix Séphiroth, si nous en croyons les auteurs du Zohar , sont déjà désignés dans l’Ancien Testament par autant de noms particuliers, consacrés à Dieu, les mêmes, comme nous l'avons déjà remarqué, que les dix nos mystiques dont parle saint Jérôme dans sa lettre à Marcellan *. On a voulu aussi les trouver dans Ia

4. 1N0 Tin 92 NNNÔT OR NDMPNT NDYÔT DIN NEDN DoNp NÔ DTNT Nan nn NODNS 7 NOA NT DIND NdT DiwD Ib. supr., fol. 444 recto, etc. VAN TD? DNA 1 2127 NOT 2. papn 997 R°52 m7 N3IpNA JPANN NUIT NDINYT NIIEN 3e part., Idra souta, ww 57 NÔb5 nDinD NO NET NI fol. 288 verso.

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