Voir la 2* |)arlie du présent ouvrage, cliap. u
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« bien plus cligne d'admiration. Pour ne trouver que de simples paroles, « nous n'aurions qu'à nous adresser aux législateurs de la terre chez « lesquels on rencontre souvent plus de grandeur. Il nous suffirait de les « imiter et de faire une loi d'après leurs paroles et à leur exemple. Mais « il n'en est pas ainsi; chaque mot de la loi renferme un sens élevé et « un mystère sublime.... »
« Les récits de la loi sont le vêtement de la loi. Malheur à celui qui prend ce vêtement pour la loi elle-même! C'est dans ce sens que David a dit : a Mon Dieu, ouvre-moi les yeux, afin que je contemple les mer- « veilles de ta loi » .
« Il est incontestable que sous la lettre de la loi sont renfermés de grands mystères que tout vrai fidèle doit s'efforcer d'approfondir. A ce propos le Zoliar dit encore : « La loi ressemble a une belle femme « aimée qui se cache dans un endroit secret, et ne laisse voir que son « portrait. Si son ami déploie une grande persévérance, s'il se donne « des peines infitiaables {)our arriver jusqu'à elle et lui témoigner de « cette manière son respect et sa tendresse, elle lui ouvrira ses portes « et lui permettra un libre accès auprès d'elle. »
« 0" ^ous croyons que, de toutes les explications de la loi, celle que donne le Zohar est la meilleure et la seule véritable, et que les rabbins, au contraire, lui donnent dans le Thalmud un grand nombre défausses interprétations qui sont en contradiction manifeste avec les attributs divins et la charité enseignée par la loi.
(( 4" Nous croyons qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin ; qui seul a créé les mondes et tout ce qu'ils renferment, aussi bien ce que nous connaissons que ce qui nous est inconnu. C'est pourquoi l'Ecriture dit (Deutéronome, VI, 4) : « Écoute, Israël, l'Éternel notre Dieu est un Dieu unique )). On trouve aussi dans les Psaianes : « Tu es grand, ô Seigneur ! Toi seul accomplis « des merveilles ». C'est-à-dire non comme les rois de la terre, qui ne peuvent rien accomplir sans le secours d'aulrui; Dieu a créé seul le ciel et la terre, sans aucune autre participation, et, seule, sa Providence veille sur tout.
« o" Nous crovons que, bien qu'il n'y ait qu'un seul Dieu, il se compose néanmoins de trois personnes (D'S*i'"l2j, parfaitement égales l'une à l'autre, parfaitement indivisibles, et qui, à cause de cela, ne font qu'un. La loi mosaïque, aussi bien que les prophètes, nous enseigne cette vérité. Le Zohar dit : (( La loi commence par la lettre 2 » (beth); cette lettre se compose de deux lignes horizontales réunies à une verticale: ce qui fait allusion aux trois natures divines réunies en une seule.
La croyance en celte trinité divine est fonde'e sur les saintes Écritures, et confirmée par d'innombrables passages. Nous ne voulons en citer ici que quelques-uns : par exemple, Moïse dit {Gen., 1, 2) : « L'esprit (ni"!) des « Dieux (d'hSn) (au pluriel) flottait sur les eaux ». S'il n'y avait qu'une seule personne divine, Moïse aurait dit : « L'esprit de Jéhovah ou du « Seigneur flottait », etc.; mais il voulait dès le principe établir la trinité en Dieu. Plus loin {Gen., 1, 26), Dieu dit : « Faisons l'bomme selon <( notre image et notre ressemblance ». Le Zohar conmiente ainsi ces paroles : « 11 y en a deux et encore un, ce qui fuit trois, et ces trois ne « font qu'un* ». Ailleurs il est dit {Gen., 111,22) : « Les Dieux, Jéliovali, (( dirent : Voici l'bomme qui devient semblable à l'un de nous ». S'il n'y avait pas trois personnes, il y aurait seulement : « Jébovali dit », etc. Pourquoi les Dieuxl Mais c'est une preuve de la trinité divine. Quand il est dit (Ge/i., XI, 15) : « Jéliovah descendit pour voir la ville et la tour », voici en quels termes il s'exprime : « Descendons et mettons la confu- « sion dans leur langue », etc. A qui Jéliovah s'adressait-il? Ce ne pouvait pas être à ses anges, qui sont ses serviteurs, et auxquels il aurait commandé sans employer avec eux la forme de la prière. Mais Dieu parlait ainsi aux personnes divines qui sont ses égales en dignité. « Trois « anges apparurent à Abraham [Gen., XVlll, 2, 5); il courut au-devant « d'eux et dit : Seigneur », etc. 11 en voyait donc trois et ne s'adressait qu'a l'un d'eux, parce que ces trois ne font qu'un. Moïse dit {Exode, XII, 7) : « Us prendront du sang de cet agneau et en mettront sur les (( deux poteaux et sur le linteau de la porte ». Pourquoi, demande le Zohar, pourquoi ce sang doit-il précisément être mis sur trois places? « C'est pour que la croyance parfaite en son saint nom éclate sur les « trois places. » Ceci fait encore allusion a la trinité divine. « Quel est le « peuple si grand, dit Moïse {Deutéronome, IV, 7), qui ait les Dieux « (Eloliim) aussi près de lui «pie nous? » S'il n'y avait point plusieurs personnes divines, il faudrait ici El (Dieu), et non point Eloliim, les Dieux.
« Jéhovah, est-il dit {Gen., XIX, 24), fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe une pluie qui venait de Jéhovah. » Preuve nouvelle de plusieurs personnes divines. Dieu dit à Moïse : « Monte vers l'Hterncl » {Exode, XXIV, 1). Ici il y aurait simplement : « Monte vers moi », s'il n'existait plusieurs personnes en Dieu. Sur le passage suivant : « Écoute, Israël, l'Kternel notre Dieu est un » {Deuléron., VI, i), voici le commen-
\. Ces paroles du Zoliar ne ?c rapporicnl p.is à la trinilc divine, mais à la (rinilé humaine et à certains cas de métempsycose. (.\. F.)
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taire du Zohar : « Trois font un » ("iijiN Tn T\'lT\). Il est dit (Er., III,G) : {( Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ». Le nom de Dieu, répété devant celui de cliacun des patriarches, fait allusion à la Trinité divine. Josué disait (XXIV, 19) : « Vous ne pouvez pas servir Jéhovah, car il est les Dieux Saints » (dl'Tip OTibN')-
(( D'une part il y a Jéhovah, de l'autre les Dieux Saints, ce qui prouve la Trinité réunie en Dieu. )>
(( 6° Nous croyons que Dieu apparaît incarné sur la terre, et alors il boit, il mange et accomplit d'autres actions humaines; mais il est dégagé de tout péché. La preuve en est dans ce que dit Moïse [Gen., YI, 3) : (( Quoiqu'il soit chair ». Le Zohar donne de ces paroles l'exphcation suivante : « Dieu devient chair, pour se tourner vers le corps; ce qui veut dire qu'au moment de la création, Dieu s'incarna dans Adam, et lorsque ce dernier eut péché, Dieu se retira de lui et en demeura éloigné jusqu'à ce qu'il s'incarnât de nouveau dans ce même corps. « A propos des quatre éléments, le feu, l'eau, l'air et la terre, le Zohar dit : « Dieu se revêtit de ces éléments et il eut un corps ». Ne lisons-nous pas dans Moïse {Ex., XX, 115, 19) : « Le peuple vit la voix », etc.? Pourquoi n'y a-t-il pas que la voix fut entendue? Mais Dieu se montra cette fois aux Israélites sous une forme bumaine afin de les instruire qu'un jour, à l'époque du Messie, il apparaîtrait de nouveau sous la même forme. Dieu dit par l'organe de Moïse : « Je marcherai au milieu de vous » (Lév., XXVI, 12). Le livTe Jalhut, 'CTp7% explique ainsi ces paroles : « Ceci nous rappelle un monarque qui se promène dans son jardin et devant qui le jardinier confus cherche à se cacher. Afin de le rassurer, le roi s'adresse à lui et lui dit avec douceur : « Que crains-tu, mon fils? « Vois, je suis un homme comme toi, et je marche à tes côtés. » C'est ainsi que Dieu revêtit une forme humaine afin d'instruire humainement les hommes. C'est aussi pourquoi le prophète s'écrie {Isaïe, XXX, 20) : « Tes yeux verront ton maître ». Quand Dieu dit [Deul., XXXII, 40) : « J'élève ma main vers le ciel », il ne pouvait, puisqu'il remplit tout de sa présence, prononcer ces paroles qu'en tant qu'homme et marchant sur la terre. Que signifient ces paroles du prophète Amos : « Dieu a établi son faisceau sur la terre », sinon que par ce faisceau il entend la réunion des trois personnes divines tandis qu'il habitait la terre? Nous trouvons dans Salomon ces paroles {Cantiq, V, 1) : « J'entrai dans mon jardin, etc., et je mangeai de mon miel ». Comment, demande le Zohar, comment peut-on dire de Dieu, dont il est question durant tout le cours de ce cbant, qu'il a bu et qu'il a mangé? Mais ceci ressemble à un ami qui en visite un antre, et fait pour lui plaire mainte chose qu'il n'a pas
coutume de faire; par exemple il mange sans avoir faim et boit sans avoir soif. Ainsi fait Dieu quand il apparaît aux hommes, puisqu'alors il descend à toutes les occupations et à toutes les actions humaines.
« 7° Nous croyons que Jérusalem ne doit jamais être rebâtie. Car il est dit dans l'Écriture [David, IX, 27) : « Le peuple d'un puissant monarque détruira la ville et le sanctuaire. La destruction sera complète comme par un déluge. » Le prophète Jérémie dit aussi (IV, 6) : « Les péchés de la ville de mon peuple (Jérusalem) sont bien plus grands que les péchés de Sodome, qui a été détruite de fond en comble » . Si l'on ne doit plus rebâtir Sodome, bien moins encore Jérusalem sera-t-elle reconstruite, puisque le prophète dit expressément que les péchés de Jérusalem surpassent ceux de Sodome.
« 8° Nous croyons que les Juifs attendent en vain le Messie mortel qui, d'après leur croyance, doit les délivrer, les élever au-dessus de toutes les nations, et leur apporter richesses et grandeurs. Mais Dieu luimême apparaîtra sous une enveloppe humaine et rachètera les hommes de la perdition qu'ils ont encourue par la faute de leurs ancêtres ; cependant il ne rachètera pas seulement les Juifs, mais tous ceux qui auront foi en lui, tandis que les incrédules seront tous plongés dans les abîmes de l'enfer. »
A cette profession de foi rédigée pour le public se mêlèrent une organisation et des croyances secrètes. Aussi la secte des zoharites, même après avoir embrassé le christianisme, a-t-elle conservé son cachet particulier, la discipline à la fois militaire et monacale, et probablement ses anciens dogmes. Le but de son fondateur, autant qu'on en peut juger par sa conduite extérieure et par les lettres qu'il adressait à ses anciens frères pour les engager à recevoir le baptême, paraît avoir été de conduire les juifs à travers le christianisme à un mysticisme particulier, fondé sur la doctrine du Zohar et sur l'ancienne idée de la suprématie du peuple juif. C'est surtout le principe de la foi que Frank cherchait à accréditer parmi les siens et parmi les juifs en général; c'est grâce h ce principe et par son seul concours qu'il prétendait leur révéler des vérités inconnues jusqu'à lui. Dans ce cas, le christianisme n'eût été à ses yeux qu'une simple préparation à la doctrine nouvelle, absolument ce que le judaïsme est aux yeux des chrétiens. Telle paraît avoir été aussi l'opinion de Sabbathaï-Zévy, par rapport à toutes les religions actuellement existantes, tant la musulmane que la chrétienne. 11 pensait que, l'homme n'étant jamais entièrement abandonné de Dieu, il y a dans tous les grands cultes de la terre quelque chose de saint et de vrai, et que la tâche du véritable Israélite, c'est-à-dire de celui qui a pris pour base de
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sa foi la kabbale et le Zoliar, était d'attirer à lui les éléments de sainteté répandus dans les autres religions, afin de les leur rendre ensuite ennoblis et purifiés par ses propres croyances. C'est sans doute en vertu de ce principe qu'il adopta lui-même l'islamisme, comme Frank, à son exemple, adopta la religion catholique, et qu'il attira sur ses pas un nombre considérable de ses partisans. On ne saurait mieux caractériser cette manière de voir qu'en l'appelant une sorte d'éclectisme religieux : et, en effet, ne trouve-t-on pas quelque chose de semblable, je ne dis pas seulement dans le néoplatonisme, mais dans les écoles religieuses et philosophiques d'Alexandrie? Le caractère commun de ces différentes écoles, n'est-ce pas d'avoir voulu embrasser dans une même conviction, sinon dans un même système, le christianisme et les éléments les plus saints de la pliilosophie païenne, la mythologie grecque transformée par l'interprétation symbolique et la plupart des anciennes religions de l'Orient?
fI.N