‹ La kabbaleChapitre 128 sur 224 · PÉRIODIQUES · texte numérisé non relu

PÉRIODIQUES

Langue française 1 '7S

— allemande 176

— anglaise l'i'6

— espagnole 1~6

— italienne 1^6

— hollandaise l'76

Table alphabétique des auteurs cités dans la bibliographie 177

Table alphabétique des ouvrages cités dans la bibliographie 181

A Monsieur ADOLPHE FliAXC h\

Membre de l' Institut

Professeur honoraire au Collège de France

Président de la Ligne nationale contre l'Athéisme.

Mo\ riiKii Mmiue,

Voulez- vous me pennettre de vous dédier le modeste essai que je publie aujourd'hui sur cette question de la Kabbale, si importante à élucider pour le philosophe?

Vous avez été le premier, non seulement en France, mais aussi en Europe^ à mettre au jour un travail considérable sur la « philosophie religieuse des Hébreux », comme vous la nommez vous-jnème. — Cet ouvrage, que vous seul pouviez mener à boime fin, grâce ci votre parfaite connaissance de la langue hébraïque, d'une part, et de V histoire des doctrines philosophiques, d autre part, a fait, dès son apparition, autorité dans la matière et a justement mérité les traductions et les imitatio)is qui se sont produites depuis cette publication. Les quelques critiques allemands qui ont voulu vous reprendre au sujet de la Kabbale nont réussi quWi donner la mesure exacte de leur insuffisance et de leur parti pris. La réédition de 1881) est venue sanctionner le succès de l'édition de 1843.

Mais si nous tous, qui nous occupons aujourd'hui de ces questions, nous devons une profonde reconnaissance à iiotre doyen, à

notre initiateur en ces études, comment pour rais-je, personnellement, vous remercier de ri)isigne Jionneur que vous avez bien voulu me faire en encourageant mes efforts de V autorité de votre nom, en déclarant que^ si vous n êtes pas mystique , vous préférez du moins voir les nouveaux venus épris de ces recherches, ptlutôt que de les sentir apôtres des doctrines désespérantes, antiphilosophiques et, osons le dire, antiscientifiques du positivisme matérialiste ?

A r heure où nous avons levé le bouclier de la lutte intellectuelle contre le matérialisme, à l'heure oii tous les adeptes de cette doctrine, épars dans les Facultés de médecine, dans la Presse^ et dans les couches les plus élevées comme les plus basses de la société, nous ont considéré comme des <( dilettanti », des cléricaux ou des fous, le président de la Ligue nationale contre r athéisme est venu, bravant tous les sarcasmes, ?îous couvrir de l'autorité incontestable et incojitestée d'un philosophe profond, doublé d'un défenseur ardent du spiritualisme.

Vous nous avez montré que ces sava?its, éminents pour la plupart par leurs découvertes analytiques, sont astreints, de par leur spécialisation même, à une étude trop hâtive de la philosophie. De là leur mépris pour une branche du savoir humain qui, seule, pourrait leur fournir cette synthèse des sciences qu'ils aspirent tcmt à posséder ; de là leurs conclusions matéricdistes, de là /'inconnaissable et toutes les formules qui indiquent la paresse de l'esprit Jiumain, inapte à u)i effort sérieux, et pressé de conclure, sans approfondir la valeur ou les conséf/uences sociales de ses affirmations.

A côté du courant officiel, des Universités religieuses ou laïques, des Académies des sciences et des Laboratoires des Facultés, a toujours existé un courant indépendant , généralement peu cojinu, et, partant, assez in éprise, formé de chercheurs parfois trop imbus de philosophie, parfois trop épris de mysticisme, mais combien curieux et combien intéressants à étudier!

Ces adeptes de la Gnose, ces Alchimistes, ces disciples de

Jacob Boï'hin^ de Martinez Pasqualis ou de Louis- Claude de Saint-Martin, sont pourtant les seuls qui Ji aient j'nnais négligé l'étude de la Kabbale jusqu'au moment où ï apparition de votre travail est venue montrer quils avaient trouvé lin approbateur et un maître dans la personne d'un des plus éminents parmi les représentants de l'Université.

C'est comme admirateur et disciple moi-même de Saint- Martin et de ses doctrines, que je prends la liberté de vous remercier, au nom de ces « indépendants », de l'appui précieux qu'ils ont trouvé en votre perso)i)ie et, si j'osais., en terminant vous adresser une prière, ce serait de vous voir intercéder pour eux auprès des chefs de notre Université,

Il g a dans les œuvres de Saint-Martin, dans celles de Fabre crOlivet, de Wronski, de Lacuria et de Louis Lucas, une série d études que je crois très profondes et qui sont peu connues, sur la psychologie, la inorale ou la logique.

Or il serait pour le moins utile de voir au prograynme de notre Ecole Normale Supérieure le Traité des signes et des Idées de Saint-Martin, ou les Vers dorés de Pythagorc de Fabre d'Olivet, ainsi que le système de psychologie qui forme r introduction de son Histoire philosophique du genre humain, ou bien encore la partie philosophique de la Médecine nouvelle ou du Roman alchimique de Louis Lucas, sans parler de la Création de la réalité absolue de Wronski, peut-être trop technique et trop abstraitement présentée.

Vous me direz que ces auteurs sont des « tnystiques », des écrivains dont l'érudition laisse à désirer quelquefois ; ?)iais c'est im « mystique » aussi qui réclame qu'on les lise davantage et qu'on les critique, ne serait-ce que pour mieux se rendre compte des diverses évolutions de l'esprit humain.

Quel que soit l'accueil fait à ma requête, je vous serai toujours reconnaissant, ??io?i cher Maître, de tout ce que vous avez fait pour notre cause.

Ce nest pas sans efforts, ni sans luttes que nous avons progressé, et nous continuerons notre route, comme nous l'avons

coimmmcée , répondant par le travail et par des œuvres à toutes les attaques qui accablent chacune de nos œuvres ou chacune de nos jjersonnalités. En effet toute œuvre de bonne foi subsiste bien longtemps encore; mais que reste-t-il^ après quelques années, des calomnies les plus perfides? Un peu d amertume et beaucoup de pitié au cœur des victimes, de plus grands remords en ïâme des calomniateurs, et rien autre chose.

Mais si les œuvres subsistantes perdent, par la suite des temps, de leur valeur comme puissance dijnamiqtie, il est un sentiment sacré, que tous ceux qui défendront plus tard notre cause devront éprouver autant que nous-même, cest la reconnaissance profonde pour celui qui n'hésita pas, dans les moments les plus difficiles, à encourager nos efforts en les appuycmt de tout le respect et de toute l'autorité qui s' attachent à un grand nom.

Veuillez agréez, mon cher Maître, l' assurayice de ma considération très distinguée.

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